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mardi 12 mars 2019

Vengeance en différé

Pour son passage à la télévision US, Curtis Harrington ressort sa vaisselle habituelle : hommage à Alfred Hitchcock, thématique de la manipulation et des troubles familiaux, personnage de marginal... Aidé du scénariste d'Hush... Hush, Sweet Charlotte (Robert Aldrich), il met en scène Anthony Perkins materné par sa sœur et sur le point de complètement péter une durite. Le style du réalisateur retrouve ses marques : forme très proprette (très 50's) greffée à une bizarrerie camouflée dans les non-dits (ou non-filmés) - ici l'idée d'un inceste - laissant planer un climat malsain. Ce n'est pas trépidant (le twist est deviné au bout de 5 minutes) mais suffisamment intriguant et doté de quelques belles idées (la confusion entre la cécité et la paranoïa). Une curiosité.Suspense hitchcockien méconnu avec un des acteurs les plus ambigus du 7eme art! Non, ce n'est pas Dirk Bogarde et encore moins notre Laurent Lucas national, mais bien l'immense Anthony Perkins qui, depuis "Psychose", n'en peut plus de jouer les personnages tourmentés à longueur de films et pour notre plus grand plaisir... Son personnage dans le film n'a rien d'organiquement parlant d'anormal avec ses yeux! L'aveuglement est dans sa tête! Le feu était un accident et sa guérison sera partielle! Une guérison totale dépendra de ses sentiments par rapport à la mort de son père et sa soeur (Julie Harris, surprenante) qui a été « brûlée » au visage...Sorti en 1970, "How Awful About Allan" s'apprête à renaître de ses cendres grâce à Canal Play! Le temps d'un film TV, Perkins nous rappelle quel acteur il fût il y a tout juste une décennie! Certes, Allan n'est pas Norman Bates mais le concept de Curtis Harrington était d'en faire un personnage énigmatique et innocent...C'était de nouveau un "psychopathe"qu'aillait jouer Perkins... je m'attendais presque à voir hitchcock faire son apparition.


   


Un jeune homme souffre de cécité psychosomatique après un incendie qui a tué son père et défiguré sa soeur. Lorsqu’il sort de son internement psychiatrique, il retourne vivre auprès de sa soeur. Mais une étrange présence semble vouloir le rendre fou…Je suppose que cela montre que, dans la journée, les productions du film de la semaine d'Aaron Spelling étaient en fait parfois des affaires intéressantes.On nage parfois dans l'ambiance de "Rear Window" avec un locataire mystèrieux! Le genre qui part avant le lever du soleil et revient quand il fait nuit! Mais est-ce que tout ceci est la rèalitè ? Tel le rebondissement du twist final qui sauve l'oeuvre de la routine! De plus, le mystère s'èpaissit vraiment quand le film touche à sa fin...(https://www.senscritique.com/film/Vengeance_en_differe/critique)



                 

Anthony Perkins est bien sûr Alan qui court partout dans ce manoir gothique profondément ombragé, vêtu d'une jolie robe marron et d'un pyjama, et qui vit un monde aveugle rempli de bruits Foley exagérés et exacerbés: une lourde claque à chaque fermeture de porte et un pas dans les escaliers. Touche mignonne. Il est de retour du sanatorium car il n’ya aucun traitement en vue pour sa perte de vision hystérique (ou mon utilisation hystérique de jeux de mots) et pour rester avec sa sœur cadette, brûlée par le feu. Tout cela provient d'une lecture douteuse au lit faite à Ayn Rand par le père tyrannique qui mourut malgré l'incendie. Comme le médecin d’Alan le dit à sa libération, il ne devrait pas s’inquiéter car "son appareil a beaucoup de succès!". Même si ce thriller de 1970 n’est peut-être qu’un autre exemple du rôle joué par Roddy McDowell et Perkins, au moins Joan Hackett est remarquable en tant qu’Alaine, sa petite amie désolante, fidèle, normale et magnifique. Maintenant, Alan peut-il seulement apprendre à utiliser Olive comme un appareil performant avant qu’il ne soit trop tard et que la maison familiale devienne héritée?

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