.

.

vendredi 1 mars 2019

Tokyo Joe

Tokyo Joe est un film noir américain réalisé par Stuart Heisler et sorti en 1949.En 1941, Joe Barrett, patron d'une boîte de nuit au Japon, rejoint son unité aux Etats-Unis et combat vigoureusement durant quatre longues années. Après l'armistice, démobilisé, il revient à Tokyo. Son épouse s'est remariée avec un soldat américain, dont elle a eu une petite fille. Joe est choqué d'entendre qu'elle a participé à des émissions de propagande japonaise durant la guerre. Mais il lui pardonne volontiers lorsqu'elle lui explique qu'elle était la proie d'un chantage et qu'elle a dû agir contre son gré. Toutefois, le doute demeure et Joe a peut-être tort de lui faire confiance... Comme "Knock on Any Door" de Nicholas Ray, "Tokyo Joe", réalisé par Stuart Heisler, a fait de l'argent aussi à sa sortie en 49! Une sorte de remake du légendaire "Casablanca" de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart en tête d'affiche! Un tendre qui, on ne sait comment - et c'est là son talent - , parvient toujours à être un dur, un lutteur! Le type de films que la Warner le contraint à tourner! Le résultat est très honorable et l'on ne s'ennuie jamais! Parfois on peut faire beaucoup de choses et rien ne se passe comme on voudrait! Tel est le destin de Joe Barrett alias Bogey dont la pondération, l'efficacité et le charme font bon ménage! Dans ce film, il n'est plus officier ni gentleman! Bogart arbore une fois de plus l'air blessé et vulnérable qui lui sied à merveille et qui lui attire la sympathie du public, sous le regard de la tchèque (et froide) Florence Marly, qui n'a pas le même charme suédois d'Ingrid Bergman! De l'action, du suspense, de l'amour, de l'émotion et une amusante leçon de judo entre Bogey et Teru Shimada qui finit par un rire à pleines dents...


   

Il y avait de l'idée dans le scénario dommage que la réalisation soit molle du katana. A noter qu'ils ont tout de même réussi à placer un petit couplet anticommuniste alors que le sujet ne s'y prêtait pas vraiment.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-176045/critiques/spectateurs/).Si « LE FAUCON MALTAIS » avait installé Humphrey Bogart comme ‘tough guy’ et tête d’affiche en 1941, « CASABLANCA » l’imposa comme « vieux jeune premier » romantique deux ans plus tard.TOKYO2 L’acteur tenta plusieurs fois de réitérer ce succès et de capitaliser sur cette nouvelle image. Sans résultat. « TOKYO JOE », qu’il produisit lui-même, emprunte de nombreux éléments au classique de Michael Curtiz : Bogie y est un ancien patron de boîte de nuit (le « Tokyo Joe’s » remplaçant le « Rick’s café ») jamais remis d’un chagrin d’amour. Il fut marié à une européenne à présent remariée à un officier raseur (Alexander Knox reprenant un rôle très similaire à celui de Paul Henreid) et bien sûr, Tokyo remplace Casablanca pour la note exotique. Il y a même une chanson « These Foolish things » pour faire oublier « As Time Goes By » !

                 

Bien évidemment, pas de surprise : la magie s’est évaporée. On ressasse de vieilles recettes, on y ajoute des bagarres au judo où la doublure de Bogart est affreusement visible, une insupportable morveuse qui s’avère être la fille de notre héros. Le dialogue est lourd et explicatif et cède même à la propagande anti-communiste, les seconds rôles sont ineptes, même Sessue Hayakawa en méchant de service à l’anglais inintelligible. L’anguleuse Florence Marly est bien loin d’égaler les précédentes partenaires de Bogie, comme Ingrid Bergman ou Lauren Bacall. On se consolera avec l’incomparable présence de l’acteur qui a ressorti son imper mythique pour l’occasion, même s’il semble parfaitement conscient d’avoir déjà tourné ce film et de ne faire que rabâcher sans vergogne. À noter qu’on ne voit de Tokyo que quelques plans tournés par une seconde équipe avec une doublure (une autre !) de Bogart qui n’a manifestement pas mis les pieds au Japon.(https://blogduwest2.wordpress.com/2014/12/23/tokyo-joe-1949/)

1 commentaire: