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vendredi 22 février 2019

Where Danger Lives

« Voyage sans retour » est un ‘film noir’ stylisé, fort bien réalisé par John Farrow, bâti sur un scénario un peu tiré par les cheveux et émaillé de détails frisant l’absurde et de personnages secondaires déconcertants. L’histoire de ce jeune médecin (Robert Mitchum) laissant tout tomber pour fuir avec une belle schizophrène (Faith Domergue) dont il pense avoir tué le mari (Claude Rains), ne tient pas debout et le comportement du héros ne se justifie que parce qu'il est censé avoir pris un coup sur la tête qui l’empêche de penser clairement. Cette commotion bien pratique, justifie également le jeu de Mitchum qui semble ivre-mort pendant toute l’action et finit le film en titubant, à moitié paralysé ! La très étrange Domergue intrigue dans ce personnage ‘borderline’ à l’œil tout aussi endormi que son partenaire. Rains lui, égal à lui-même, n’apparaît que dans une séquence. Maureen O’Sullivan, ex-Jane de Tarzan et épouse du réalisateur est souvent cachée derrière son masque d'infirmière. Commençant en mélodrame (on pense à « POUR QUE VIVENT LES HOMMES » que Mitchum tournera cinq ans plus tard), évoluant en ‘road movie’, « VOYAGE SANS RETOUR » se laisse pourtant regarder sans ennui et même parfois avec un plaisir incrédule : la séquence où le couple s'arrête dans une petite ville peuplée de barbus déguisés en cowboys qui les marient de force (sic !) est totalement aberrante. Certains personnages épisodiques comme le vendeur de voitures d’occase sont très bien croqués. Et que dire du numéro de music hall hallucinant, où une grosse dame boudinée dans une tenue sexy chante dans un théâtre miteux, devant quinze pécores ? Cette excentricité qui sous-tend tout le film finit par lui donner un style et une originalité. « VOYAGE SANS RETOUR » demeure donc sur l’équilibre très instable entre le nanar et le classique du polar noir. Une sorte de rareté…(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-voyage-sans-retour-1950-72802738.html)


   

Encore un bon film noir de John Farrow où Robert Mitchum n'a pas de remède contre la femme fatale! Le sujet idèal pour un studio dèsireux de produire un nouveau film de la RKO pour l'une de ses plus grandes stars sur le point de devenir une lègende dans les annèes à venir! Mitchum y joue remarquablement un mèdecin tombant amoureux d'une malade mentale incarnèe à la perfection par Faith Domergue, une sous-Jane Russell qui compte à son actif plusieurs classiques du cinoche amèricain! Mais cette idylle n'est pas sans danger où mieux vaut ne pas tenter de dissèquer la trame de plus en plus noire de "Where Danger Lives" pour mieux apprècier les performances de Robert Mitchum (qui peine à retrouver ses esprits pendant tout le mètrage) et Faith Domergue (l'une des femmes fatales les plus animèes du film noir). Sans oublier les mots douloureux de cette dernière dans le final: "Personne n'a le droit de me prendre en pitiè". On peut dire que la dècennie dèmarre en trombe avec la sortie de "Where Danger Lives", suivi des "Gun Crazy", "The Asphalt Jungle" et compagnie...

               

Le thème de la femme fatale qui cache une maladie mentale est assez récurrent dans le film noir. On pense à Gene Tierney dans «Péché mortel » de John Stahl (1945) ou à Jean Simmons dans « Un si doux visage » d’Otto Preminger (1953) ou encore à Marylin Monroe dans « Troublez moi ce soir » de Roy Ward Baker (1952). Le problème de John Farrow sur cette production RKO est de devoir se coltiner la très fade Faith Domergue qui à l’époque est la nouvelle égérie d’Howard Hughes que l’on a connu plus avisé dans ses choix de conquêtes féminines. Le tout s’embarque mal avec cette mante religieuse de pacotille dont le regard bovin finit par rendre complètement marteau au sens propre comme au sens figuré le pauvre Robert Mitchum qui collabore pour la première fois avec John Farrow. L’entame du scénario pose d’emblée un problème de crédibilité au film qui ne s’en remettra jamais. Comment un toubib bien dans ses baskets peut-il en deux temps et trois mouvements se retrouver en fuite vers le Mexique avec une inconnue venue se faire soigner pour une tentative de suicide ? Franchement avec la meilleure volonté du monde on a du mal à croire que le solide Mitchum puisse se laisser berner ainsi. Le scénariste Charles Bennett , a bien prévu que le coup reçu sur la tête par Bob lui fasse perdre en grande partie ses capacités de discernement, mais même cet artifice un peu grossier ne sauve pas l’affaire, pire il amoindrit le jeu de Mitchum qui perd sa célèbre nonchalance. Charles Bennett ayant travaillé avec Hitchcock à son arrivée à Hollywood, c’était pourtant un gage de réussite. Mais l’on sait aujourd’hui qu’il était dur de résister à Howard Hughes quand il entendait mettre en valeur une de ses nouvelles lubies. Reste un noir et blanc de qualité qui patine juste assez le film pour nous faire accepter tous ses errements.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-138470/critiques/spectateurs/)

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