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vendredi 8 février 2019

Ville haute, ville basse

En 1949, quand il tourne Ville haute, ville basse (East Side, West Side), LeRoy n’a certes plus le punch du début des années 30 mais il possède encore une science unique de la direction des acteurs et de la conduite d’un récit. Et les acteurs dans cette histoire d’adultère qui se termine par une séparation irrémédiable, sont formidables. Barbara Stanwyck d’abord qui joue Jessie la femme bafouée mais toujours digne. Il y a quinze bonnes années qu’elle fait rêver ses metteurs en scène ; Capra et Wellman l’ont avoué, mais Alfred Green, pour lequel Stanwyck joua Baby Face en 1933 aurait sans doute pu en dire autant. Dans Ville haute, ville basse, ce mélo mondain un petit moment (trop petit peut être) tenté par le polar, on voit encore pour quoi… Evidemment Jessie est moins belle et sexy que sa rivale, Isabel Lorrisson, qui est incarnée par une Ava Gardner au sommet de sa beauté. Le personnage de brune brûlante qu’eneincarne une fois de plus est ici assez univoque, beauté fatale, tentatrice classique.En face, les deux hommes sont aussi remarquables. Brandon, le mari, faible mais extrêmement charmant, possède l’élégance absolue de James Mason. Le bon gars un peu rude, Mark Dwyer, flic de surcroit est interprété par Van Heflin, un acteur fait d’un coup de serpe mais terriblement sympathique… Il y a de plus dans ce film des scènes tout à fait incongrues et d’autant plus admirables comme celle ou Brandon va plaider in extrémis sa cause auprès de sa belle mère, une grande actrice vieillissante. LeRoy débrouille avec maestria ces séquences et les transforme en autant d’atouts du film… Oui décidément Ville haute, ville basse est un film qu’il faut aller voir…(http://cinoque.blogs.liberation.fr/2012/02/14/ville-haute-ville-basse/).


   

Sous des apparences fortement empreintes de classicisme, Ville Haute, Ville Basse est un film à plusieurs facettes. De prime abord, l’entreprise peut paraître assez périlleuse : faire vibrer et compatir au sort d’une femme assez terne de l’East Side de New York (la ville haute) qui risque de se faire voler son mari par l’ardente Ava Gardner du West Side (la ville basse, qui n’est pas si basse que cela d’ailleurs) n’est pas une tâche facile. On peut voir là l’une des raisons du peu de succès que rencontra le film. En fait, le propos est certainement tout autre : il faut plutôt y voir une attaque en règle contre le mariage tant le seul couple officiel dans tout ces chassés-croisés paraît terne et éteint. Le scénario se déroule efficacement, assez riche dans ses évènements et allant même jusqu’à se terminer en enquête policière. Sans être un grand film, Ville Haute, Ville Basse fait partie de ces productions parfaitement réalisées et réellement convaincantes.Du beau monde dans ce drame de l’amour conjugal avec Ava Gardner, l’ensorceleuse, Barbara Stanwyck, la femme trompée, James Mason, le mari volage et sans parole et Cyd Charisse, une jeune femme éprise d’un écrivain d’âge mûr. Ce thème de l’adultère et du mariage est traité avec une certaine audace pour l’époque.Les amours se rencontrent, se croisent ou se frôlent. L’intensité dramatique croît progressivement; le scénario est bien dosé et construit. La mise en scène est somptueuse et les ambiances noir et blanc sont magiques. On passe un bon moment.(http://films.blog.lemonde.fr/2007/08/18/ville-haute-ville-basse/).


                 


De toute évidence, Mervyn LeRoy avait de la sympathie pour les êtres à double face menant une double vie. La preuve : dans Ville haute, ville basse (1949), James Mason se voudrait un mari pur, honnête et droit. Mais, selon l'expression d'Oscar Wilde, il résiste à tout, sauf à la tentation. Logique : sa tentation, c'est Ava Gardner, et rien qu'à la voir marcher dans un night-club, ondulant légèrement des hanches, on comprend que le malheureux est fait comme un rat... On ne s'intéresse pas beaucoup aux ennuis, assez bavards, de l'épouse délaissée (Barbara Stanwyck). Ni aux rapports de classes que suggère le titre. Mervyn LeRoy semble s'en ficher aussi : ce qui lui plaît, c'est de montrer, en chaque individu, les ravages des pulsions apparemment contenues. Ce qu'il réussit, donc, c'est le portrait d'un sex-addict avant la lettre. James Mason devient, en quelque sorte, le grand-papa du Michael Fassbender de Shame...(https://www.telerama.fr/cinema/films/ville-haute-ville-basse,40561.php).

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