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mercredi 6 février 2019

Le Vilain Américain

On peut rejeter en bloc « Le Vilain Américain » de George Englund en n’y voyant qu’un pensum didactique, une leçon de géopolitique soporifique et se demander ce qui a bien pu attirer Marlon Brando dans ce rôle d’ambassadeur naïf et imbu de lui-même, pas spécialement compétent et assez tête-à-claques. À part, probablement, le discours du film. Mais on peut aussi, avec un peu de patience, apprécier le courage d’un scénario refusant le manichéisme anticommuniste et les amalgames et démontant avec une grande lisibilité les rouages d’un univers opaque où les révolutionnaires, les occidentaux bien-pensants ne sont que les pions aveugles et crédules de grandes puissances qui les manœuvrent à loisir. Le film est trop long, infiniment trop bavard, mais certains face-à-face entre Brando (qui arbore le patronyme ô, combien symbolique de « MacWhite » !) et Eiji Okada (dont l’anglais est plus intelligible que le français dans « HIROSHIMA, MON AMOUR » trois ans plus tôt), amis puis ennemis, sont passionnants bien que théâtraux et la Thaïlande offre de beaux extérieurs. Brando est inhabituel en politicien arrogant, sûr de lui et de ses certitudes. Son charisme physique atténué par une petite moustache ridicule, il compose un personnage complexe, impuissant, berné du début à la fin. Il se laisse voler la vedette par Okada, excellent en leader passionné et lucide, inconscient de n’être qu’une marionnette. Autour d’eux quelques bons comédiens comme Pat Hingle, Jocelyn Brando (sœur de…) ou Arthur Hill. Difficile de recommander chaudement un film comme « LE VILAIN AMÉRICAIN », souvent fastidieux et balourd, mais il mérite tout de même un coup d’œil pour ce qu’il a à dire sur l’ingérence U.S., la guerre froide ou le colonialisme en général. Et éventuellement pour Brando qui endosse crânement le caractère peu sympathique de cet ambassadeur inepte. À noter qu’il serait certainement intéressant de voir « Le Vilain Américain » en double-programme avec un autre film de Brando : « QUEIMADA » tourné six ans plus tard et qui présente plusieurs analogies avec celui d’Englund.(https://blogduwest2.wordpress.com/2018/09/21/le-vilain-americain-1963/)

                 

Ce film est un peu une curiosité. Les extérieurs semblent avoir été tournés en Thaïlande. Plongée intéressante dans les arcanes de la diplomatie internationale. Marlon Brando y est impeccable : campant l'ambassadeur des Etats-Unis arrivant en poste dans un pays d'Asie du sud-est, travaillé par des courants nationalistes et communistes... Pris au piège de sa véritable amitié pour le leader nationaliste et sa mission anti-communiste américaine. Marlon Brando a la carrure, la maturité et l'humanité pour assumer cette dualité. Les dialogues sont eux aussi impeccables. On ne voit pas passer les deux heures de ce film !BRANDO trouve les productions hollywoodiennes pénibles et peu intéressantes. Il décide de coproduire avec son ami George ENGLUD un film qui lui tient à cœur, tiré du roman à succès « the ugly american », le sujet : l’aide technique apporté par l’O.N.U aux pays sous développés. Le film, par ailleurs bien réalisé, n’est pas tendre avec la politique américaine, et on constate combien BRANDO est proche des minorités. Un village Thaïlandais est reconstitué dans les studios Universal et BRANDO chosit Uiji OKADA, vu dans « Hiroshima mon amour » pour jouer Deong, le leader nationaliste.

                 

Quelques scènes sont bienvenues, dont une scène d’ouverture où un chauffeur de camion de travaux américain est assassiné, beaucoup de scènes de foules et pas mal de parlotte également. BRANDO y est à peu près sobre, un peu alourdit et portant la moustache, il assume les rôles de son âge, finit les rôles de jeunes premiers romantiques. Malgré toutes ces bonnes intentions, le film est un four à sa sortie aux USA. En France, ce n’est pas les maigres 20 000 spectateurs en première exclusivité à Paris qui vont relever tout ça. BRANDO écoeuré, traverse une période de doutes et revend sa compagnie de production. Un film inconnu et très interessant à découvrir!Le film essaye de montrer les erreurs de la diplomatie américaine durant la guerre froide à partir de la situation d'un pays asiatique imaginaire. L' idée n'est pas mauvaise mais les dés sont pipés, le scénario ne retient en effet que les nobles intentions américaines et le dictateur maintenu au pouvoir par eux s'avère être un démocrate en devenir :-) En dehors de cela le film sans être un chef d'oeuvre n'est pas mauvais grâce notamment à la présence de Marlon Brando. En tout cas il sort un peu du schéma habituel des films de l'époque et la scène finale résume bien la situation.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-124729/critiques/spectateurs/)

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