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lundi 28 janvier 2019

Picture Snatcher

James Cagney en ce début des années 30 se spécialise dans les rôles de canailles, dangereuses et brutales dans les films de gangsters (L'Ennemi public (1931) plus tard Les Anges aux figures sales (1938) et Les Fantastiques années 20 (1939) et attachantes en dépit de leur mauvais penchant dans les films Pré-Code plus sociaux (Hard to Handle (1933) ou Le Bataillon des sans-amour (1933)). Picture Snatcher se situe dans la seconde catégorie, Lloyd Bacon nous dépeignant avec entrain et efficacité la rédemption de Danny Kean (James Cagney).Le début du film déploie tout une imagerie associée au film de gangster avec de prendre un virage surprenant. Danny Kean fraîchement sorti d'une peine de trois ans de prison est chaleureusement accueilli par ses anciens acolytes avec forte dose de luxe, filles et bénéfices accumulés en son absence. Kean va pourtant les cueillir à froid en annonçant son retrait du monde du crime pour celui du journalisme où on lui a proposé une place. Malheureusement ses mauvais penchants de gangsters lui serviront bien plus dans son ascension que ses talents de rédacteurs.En vrai dur à cuir essuyer les coups de feu en zone dangereuses ne lui fait pas peur et l'ancien escroc n'a aucun scrupule à duper les témoins pour une photo à scandale lucrative et va ainsi devenir le parfait "picture snatcher". Kean n'a pas changé de mentalité mais seulement de milieu même s'il ne s'en rend pas encore compte. Le bagout de James Cagney rend le personnage attachant en dépit de ses actes répréhensibles toujours tournés vers la dérision (le pompier trompé) jusqu'au moment où il ira trop loin et se mettra son entourage à dos. 


   

C'est dans son rapport aux autres que Kean va prendre conscience de son attitude, par la romance assez conventionnelle avec la jeune Pat Nolan (Patricia Ellis) et surtout à travers l'amitié attachante avec son rédacteur en chef alcoolique McLean (Ralph Bellamy) et l'étonnante relation amour-haine avec le policier qui l'arrêta jadis.Lloyd Bacon alterne ainsi les joyeux moments de comédie néanmoins teintés d'une certaine noirceur avant de boucler la boucle lors d'un final rédempteur qui retrouve la férocité du film de gangster avec un gunfight dantesque confrontant Kean à ce qu'il ne souhaite plus être. Le scénario lui fait cependant user de méthodes discutables pour parvenir à ses fins même si l'investigation et le but final plus noble en font un vrai acte de journaliste. Un bon point finalement puisque même avec un meilleur fond le personnage n'est pas aseptisé et reste une teigne comme le montre un épilogue romantique mais néanmoins brutal.(http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.com/2015/10/picture-snatcher-lloyd-bacon-1933.html)

                            

Beaucoup d’approximations dans cette comédie policière américaine d’avant le code Hayes (appliqué de 1934 à 1966) mais quels plaisirs par moments ! Toutes les joies cinématographiques proviennent des trois femmes plus attirantes les une que les autres. Aux débuts des années 30 en Amérique, c’était un festival de charmes féminins. Que cela soient les manteaux, les tenues de ville, les robes de chambres ou les dessous : aucune différence. L’élégance et la séduction étaient partout. Comme James Cagney se déchaine dans la bonne humeur tout passe bien. La fusillade finale qui n’élimine qu’un seul malfrat (après l’avoir présenté comme un être ignoble) a du inspirer Lautner pour ses tontons flingueurs qui avec Audiard à poussé le genre plus loin vers le burlesque mais plus réservé dans les scènes tragiques (ici le mort quasiment fusillé et la condamnée qu’on imagine sur sa chaise électrique). En le revoyant, Picture snatcher (voleur d’image) apparaît comme un exemple parfait de la vitalité du cinéma américain de cette époque.Sous le coupe du code Hayes le cinéma américain à changé, il est devenu plus lisse, plus artificiel. Sous cette contrainte les réalisateurs ont plus travaillé leurs mises en scène, il n’a donc pas eut que des effets négatifs. Heureusement les films d’avant 1934 n’ont pas été détruits, il sont très utiles aux cinéastes actuels par le fourmillement de leurs trouvailles, il suffit de les reprendre et de les mettre à la mode du moment.(Allociné)

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