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dimanche 23 décembre 2018

Les vécés étaient fermés de l'intérieur

Je n'ose imaginer que vous ayez le bon goût de lire ceci sans avoir un jour ouvert un exemplaire de la « Rubrique à Brac » de Marcel Gotlib. Si ce n'est pas le cas, je vous plains et vous envie en même temps: vous êtes passés à côté de la meilleure bande-dessinée du Monde : Les vécés étaient fermés de l'intérieur ,et vous n'avez pas encore eu le plaisir de découvrir pour la première fois l'œuvre du Grand Marcel. Paraissant chaque semaine dans Pilote, « La Rubrique à Brac » faisait suite aux « Dingodossiers », dessinées par Gotlib et scénarisés par Goscinny. Ce dernier n'ayant plus le temps d'écrire cette rubrique, Marcel Gotlib se chargea de la réaliser tout seul, donnant naissance, non seulement à sa coccinelle mais aussi à d'autres personnages comme le Professeur Burp, Hamster Jovial ou encore le Commissaire Bougret et l'Inspecteur Charolles, principaux protagonistes d'une série d'enquêtes policières parodiant des séries comme « Les cinq dernières minutes » ou « Maigret ». A l'origine, les enquêtes du Commissaire Bougret étaient des sketch joués lors de l'émission « Le Feu de camp du Dimanche matin » diffusée sur Europe 1. A chaque fois, un meurtre était commis et le Commissaire Bougret (joué par Gébé), accompagné de l'Inspecteur Charolles (joué par Gotlib) retrouvaient des indices bizarroïdes retrouvés sur les lieux du méfaits. S'ensuivait l'interrogatoire de deux suspects: Aristidès (Othon Frederic Wilfrid) et Blondeaux (Georges Jacques Babylas). Le premier, joué par Fred, a toujours les apparences du coupable: c'est une brute, il a un mobile, il est peu coopératif, à l'inverse du second, joué par Goscinny, d'une amabilité sans pareille, qui n'avait aucune raison de commettre ce meurtre et qui se montre tout à fait disposé à aider la maréchaussée. C'est pourtant ce dernier qui s'avère, à chaque fois, être le coupable, démasqué grâce à la « sagacité » du Commissaire (« l'un des suspects se ronge les ongles. Nous n'avons pas trouvé de rognures d'ongles sur les lieux du crime. Donc l'autre suspect est coupable! »).


                      
La couverture du script, dessinée par Gotlib (extrait de "Ma vie en vrac" de Marcel Gotlib et Gilles Verlant, ouvrage d'où fut extraite la majorité des informations necessaires à la réalisation de cet article) « Le Feu de camp du Dimanche matin » s'avèrera une émission éphémère, ce n'est pas pour autant que Gotlib abandonna ses personnages qui eurent, donc droit à une seconde vie dans « Pilote ». Leur popularité fut telle que, lorsque Gébé eut comme projet de réaliser un film (« L'An 01 »), il demanda à Gotib d'écrire un sketch où apparaissaient Bougret et Charolles. Co-écrit avec un jeune scénariste du nom de Patrice Leconte, qui faisait de la bande-dessinée pour financer ses courts-métrages, ce sketch ne fut jamais intégré au film (ce qui n'empêcha pas à Gotlib et à Leconte d'apparaitre dans le long-métrage final). Restait le sketch, que Leconte eut alors l'idée d'étoffer afin d'en faire un long-métrage. Pendant des mois, lui et Gotlib rédigèrent alors le script d'un film où deux policiers, le commissaire Pichard et l'inspecteur Charbonnier (les noms ayant été changés pour éviter tout conflit avec les éditions Dargaud) enquêtaient sur une affaire complexe puisqu'il s'agissait de la mort d'un homme, Gaspard Gazul, dont l'assassinat fut pour le moins atypique puisqu'il a littéralement explosé dans ses toilettes (fermées de l'intérieur).


                

Coluche, qui dut faire des pieds et des mains pour que son imprésario, Paul Ledermann, le laisse jouer dans ce film. Il s'agit, si l'on excepte deux ou trois brèves apparitions, de son premier vrai rôle au cinéma. Gotlib dit lui-même qu'il n'a connu que les meilleurs moments de la création de ce film. Outre le script, qui fut source d'un assez grand nombre de fous-rires, trouver des acteurs principaux et un producteur fut une partie de plaisir. Gotlib et Leconte connaissaient depuis longtemps Coluche, Gotlib ayant même réalisé l'affiche de son premier spectacle. C'est à lui que pensaient Leconte et Gotlib quand ils ont écrit le rôle de Charbonnier, rôle que Coluche a non seulement accepté mais en plus promis de faire gratuitement. Restait à trouver un Pichard crédible et Leconte pensa alors à Jean Rochefort qui accepta sans grandes difficultés, étant assez ouvert aux nouvelles formes d'humour en général et à la bande-dessinée en particulier. Quant à la victime, Gaspard Gazul, il fut interprété par Roland Dubillard, qui devait jouer dans le sketch d'origine. Leconte arriva alors chez Gaumont en présentant son script, en précisant qu'il avait été co-écrit avec Marcel Gotlib et que Coluche et Rochefort étaient d'accord.  (http://www.au-brocoli-qui-tousse.com/article-les-veces-etaient-fermes-de-l-interieur-45372583.html)

3 commentaires:

  1. Cher Corto,je passais matinalement par-là! Je te souhaite de très bonnes fêtes
    de fin d'année!

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    1. Très délicate attention ,merci beaucoup...bonnes fêtes à toi aussi et merci pour tes commentaires toujours sympathiques , à bientôt !

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