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vendredi 28 décembre 2018

Le syndrome chinois

Le syndrome chinois raconte comment une équipe de TV va enquêter sur un accident arrivé dans une centrale nucléaire pendant leur visite. Une série de petits incidents, parfois dus à l'homme risque d'entraîner le fameux syndrome chinois. Ce syndrome, pour l'instant restant purement hypothétique, serait la pire conséquence possible d'une fusion de réacteur nucléaire, si les éléments combustibles en fusion éventraient leurs protection et rentraient dans la Terre (allant donc, disaient les plus optimistes, traverser celle-ci des Etats-Unis jusqu'en Chine). Jane Fonda est une présentatrice de petits sujets de merde à la TV et rêve de sujets plus sérieux, oscillant entre le besoin de dire la vérité et celui de plaire à son boss. Son cameraman, Michael Douglas est un jeune con assez primaire militant écolo de base ("le nucléaire c'est pas bien, ils en font des bombes !" sera son premier argument). D'ailleurs toutes les parties sur les protestations écolos sont assez ridicules, heureusement, le film propose autre chose. Jack Lemmon est un des responsables de la centrale, un brave homme qui fait son boulot du mieux possible et qui se trouve face au dilemme de sa vie à cause de grands patrons particulièrement inconscients. Son personnage sera, dans la plus grande partie du film ce qu'il y a de plus intéressant à voir. L'interprétation excellente d'un Jack Lemmon très justement primé à Cannes, y est d'ailleurs pour beaucoup. Film d'enquête efficace, le film prend un écho nouveau depuis de récent événements japonais, et a beaucoup fait aux Etats-Unis pour la lutte contre ce que Einstein appelait : "une façon diabolique de faire bouillir de l'eau". Moins de deux semaines après la sortie du film aura lieu un des accidents majeurs de l'histoire du nucléaire, à Three Mile Island, c'est ce qui s'appelle arriver au bon moment !Définition : Le syndrome chinois est l’hypothèse de la conséquence la plus grave d'une fusion d'un réacteur nucléaire, dans laquelle les éléments combustibles en fusion du cœur ou corium percent les barrières qui le confinent et s'enfoncent dans la terre.


   

Par un concours de circonstance, le film de James Bridges est sorti peu de temps avant l’accident de la centrale de Three Mile Island (où le cœur du réacteur avait partiellement fondu), ce qui permit au film de faire parler de lui et d’acquérir une certaine notoriété. Malheureusement, ce film reste encore d’actualité aujourd’hui, notamment après les tragiques évènements de Fukushima… Pour invoquer ce syndrome, James Bridges nous fait suivre caméra à l’épaule une journaliste et son cameraman qui, après avoir filmé un documentaire dans une centrale où tout ne s’est pas déroulé comme prévus, vont tenter de montrer que l’incident était potentiellement dangereux, contrairement à ce que veulent faire croire certain… Bridges procède en faisant un habile et inattendus mélange des genres, le thriller « politique » et le film catastrophe, deux genres plutôt en vogue à l’époque et l’ensemble est assez efficace. Contrairement à ces centrales nucléaires, c’est parfaitement maitrisé et très bien ficelé. Caméra à l’épaule, il nous fait suivre l’avancement de l’enquête sans faute de rythme et en y instaurant quelques moments de tensions et d’intensités. C’est intelligemment traité, toujours en restant dans un cadre réaliste et encore aujourd’hui c’est d’actualité. Il aborde aussi le rôle des médias dans l’information où le sensationnalisme n’est jamais bien loin… Les personnages sont intéressants, bien écrits, bien traités et bien interprétés.

                  



En effet, que ce soit la ravissante Jane Fonda, le toujours excellent Jack Lemmon qui reçut justement le prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle ou le jeune (et producteur du film) Michael Douglas, ils sont impeccable et rentre à merveille dans leur rôle.Eh ben dis donc, Michael Douglas en tout jeune débutant, barbu et quasi-hippie et Jane, la merveilleuse Jane certes moins jeune mais toujours aussi gracieuse. Même avec ses semelles compensées... et sa Golf mazoutée ?!... ils en ont vendu de ces merdes à gazoute qui pue, là-bas ? Bon, au moins, Jack Lemmon roule dans une jolie 2002, l'honneur est sauf ! mais tout de même, question nuisances, ça fait désordre. Et donc c'est le "syndrome chinois" parce que quand ça pète, les radiations vont jusqu'en Chine... mais rassurez-vous, tout est sous contrôle. Ou presque. Etonnant film de "lanceur d'alerte" donc... quelques années avant Tchernobyl. Oui, ça fait réfléchir, un petit peu quand même. Et les déchets avec leur "demi-vie" de 250 000 ans... aussi. Un film donc plutôt bien fait qui dénonce intelligemment les risques mais qui se perd également dans quelque méandre caricatural de la grosse société exploitante qui a tout l'air d'une organisation mafieuse (!). On a tendance à exagérer ici pour attirer l'attention, ce qui fait perdre en crédibilité... Quoi qu'il en soit, on ne s'ennuie pas un instant et les comédiens sont très bien, y compris ce vieux Jack vraiment très bon lorsqu'il ne s'égare pas dans des comédies hystéro-bouffonnes. Un film tout-à-fait intéressant malgré ses excès.... même si personnellement j'aurais poussé leur logique jusqu'au bout et terminé sur un champignon magique.(https://www.senscritique.com/film/Le_Syndrome_chinois/critique/34568804)

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