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vendredi 7 décembre 2018

La rose tatoueé

En ce mitan des années cinquante, Burt Lancaster est au zénith de sa popularité après la moisson d'Oscars remportée par "Tant qu'il y aura des hommes " de Fred Zinneman (8 statuettes et 5 nominations dont Lancaster) et il a acquis une réelle indépendance de producteur grâce à son association avec Ben Hecht dans la Norma Production depuis " La flèche et le flambeau" de Jacques Tourneur en 1950. Après le choc que fut "Rome ville Ouverte" en 1946 (Roberto Rossellini), Anna Magnani est proprement vénérée par les intellectuels américains. Elle est cependante réticente à traverser l'Atlantique à cause de la barrière de la langue et de sa profonde nature italienne. Mais la perspective de travailler avec Tennessee Williams le romancier sudiste qui se propose d'adapter lui-même sa pièce "La rose tatoueé" qu'il avait écrit en hommage au talent de l'actrice phare du néo-réalisme italien fait tomber les dernières hésitations. Comme toujours chez Williams, les frustrations sexuelles sont au centre des thèmes abordés. Dans la moiteur de la Lousiane, Serafina (Anna Magnani) immigrée italienne est en adoration devant son mari devenue sa seule raison d'être depuis son déracinement de sa terre natale. La mort de ce dernier dans un accident de camion alors qu'il était pourchassé par la police pour contrebande pousse Serafina dans une réclusion sans concession qui finit de la marginaliser dans le ghetto que constitue le lotissement qu'elle habite désormais seule avec sa fille Rosa (Marisa Pavan la soeur jumelle de Pier Angeli) dont elle doit gérer l'éveil à la sexualité. Elle même encore dans la force de l'âge, Serafina doit tout à la fois résister aux rumeurs qui courent sur le caractère volage de son défunt mari et à la tension d'une sensualité trop longtemps contenue qui cherche à se frayer un chemin derrière les promesses de sacrifices et la solitude qui pèsent. La rencontre avec la force brute, joviale et atypique d'Alvaro Mangiacavallo (Burt Lancaster) va mettre le feu à la poudrière .


   

Les américains sous le charme de l'écriture enflammée du sudiste Tennessee Williams, raffolent des situations paroxystiques qu'il livre en pâture à ses lecteurs, les forçant à braver leur puritanisme. Le jeu quelques fois outré (certains diront hystérique) que ses pièces et scénarios demandent à ses acteurs ne constituent donc pas un obstacle au succès de ses entreprises. La preuve étant l'Oscar remporté par Anna Magnani pour son interprétation enfiévrée après celui remporté quatre ans plus tôt par Vivien Leigh pour "Un tramway nommé désir" d'Elia Kazan. Dans les années cinquante les émules de l'Actor's Studio (Marlon Brando, James Dean, Paul Newman...) ont pu trouver chez Tennessee Williams, l'accomplissement rêvé de la fameuse méthode enseignée par Lee Strasberg. Le succès n'a en revanche jamais été aussi fort en Europe pour toutes les adaptations des pièces de Williams. Il faut bien reconnaître qu'avec le temps toute cette débauche de frustrations causes de drames familiaux et sentimentaux plus grands que nature parait à certains moments un peu factice. Il n'empêche que "La rose tatouée", une des rares œuvres teintées d'humour de son auteur grâce à une prestation haute en couleur de Burt Lancaster se révèle d'une crudité assez rare pour l'époque.



Aux Etats-Unis, le dramaturge le plus cèlèbre est aussi le plus souvent adaptè à l'ècran! Tennessee Williams a en outre eu la chance d'inspirer quelques-uns des plus grands rèalisateurs amèricains, si bien que les arguments de ses pièces se trouvent transcendès par des cinèastes qui ajoutent aux aspects psychologiques et même psychanalytiques privilègiès par l'auteur la dimension sociale qui leur manquait pour faire de cette oeuvre une vaste fresque des angoisses et des nèvroses de l'Amèrique actuelle! Mais si le cinèma rèussit à Tennessee Williams, l'auteur rèussit ègalement fort bien aux cinèastes (Elia Kazan en tête), Daniel Mann, rèalisant pourtant avec lui un film acadèmique, "The Rose Tattoo", d'abord au thèâtre, puis en 1955 au cinèma! Après le crash, le coeur d'Anna Magnani fait une longue rèèducation! Une femme devenue veuve qui se laisse charmer par un Burt Lancaster en conducteur de camion! Le chagrin est un sentiment naturel et respectable mais comme toute autre èmotion, il peut devenir excessif! C’est alors qu’on devient la proie de la vanitè! Et pourtant Oscar (inespèrè) de la meilleure actrice pour la Magnani qui utilise les tics hèritès des films de Rossellini en cabotinant sans pourtant jamais tomber dans l'excès! Une adaptation finalement assez superficielle mais il y a Magnani et Lancaster (lui cabotine bien par contre) qui se donnent formidablement la rèplique...(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-49983/critiques/spectateurs/)

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