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jeudi 27 décembre 2018

He walked by night

He walked by night (1948) - Ce film policier, montrant avec force détail le processus d'enquête de la police de Los Angeles suite à l'assassinat d'un de ses agents n'est pas sans rappeler l'excellent La brigade du suicide, réalisé par Anthony Mann en 1947. Tout l'appareil de police est mis à contribution das une affaire particulièrement délicate : de nuit, un homme agresse un policier, puis fait varie son apparence physique comme son mode opératoire (hold-up, agression, de jour comme de nuit). Afin de triompher de cet homme "sans visage", on nous montre avec fierté un dispositif d'avant-garde, l'établissement d'un portrait le plus détaillé possible, avec l'aide des dernière technologies disponibles et des témoins des crimes. Une voix-off vient souvent appuyer le fastidieux processus d'enquête et d'interpellation. Il marchait la nuit marque également par sa tonalité très sombre, notamment lors d'une séquence très dure au cours de laquelle le personnage principal (qui est aussi le criminel, c'est assez rare pour le signaler) s'extrait lui-même la balle qui l'a blessée. Esthétiquement, le film a une belle patte, notamment grâce au réalisateur Alfred L. Werker, à qui l'on doit un des premiers Sherlock Holmes avec Basil Rathbone, Les Aventures de Sherlock Holmes ; Anthony Mann, bien que non crédité au générique, a au moins dirigé la scène finale dans les égouts, lieu atypique qui n'avait vraisemblablement jamais été utilisé auparavant au cinéma. La très belle qualité visuelle du film peut également compter sur l'apport du directeur photo John Alton, artisan régulier dans les films d'Anthony Mann (Marché de brutes, La brigade du suicide, Incident de frontière ou encore La porte du diable), et d'Allan Dwan ; les séquences nocturnes, qui occupent la quasi-totalité du métrage, en sortent magnifiées, avec des éclairages durs et directs, à l'aune des meilleurs films noirs.


               

A signaler, la copie disponible sur le DVD signé Wild Side Video est de bonne tenue, bien que proposée dans une gamme low-cost, Vintage classics.Au final, c'est tout le paradoxe entre des crimes terribles, sans réel motif, variant dans leur forme, et l'apparence angélisme de son auteur, qui est soulevé ; et Il marchait la nuit, comme La brigade du suicide, encense comme c'est de bon ton à l'époque la valeur des hommes qui font, parfois au prix de leur vie, respecter la loi dans la jungle urbaine... L'amateur de film noir devrait trouver son bonheur dans ce film noir de Werker auquel Mann a apparemment grandement contribué. La vraie réussite tient à cette volonté de suivre les démarches de la police dans ses moindres détails, dans son côté le plus laborieux, le plus fastidieux (interrogatoires de suspects (fallait po traîner ce soir-là en ville avec une fine moustache), analyses en laboratoire des moindres éléments, établissement d'un portrait-robot, tournée sans fin dans les commissariats (au cas où le criminel viendrait de la "maison" vue sa connaissance des modes opératoires), auprès des livreurs de lait...) tout en illustrant le lot de frustration des inspecteurs - le côté "aiguille dans une botte de foin" - et, en parallèle, de suivre pas à pas le fameux criminel sans que jamais pour autant ses véritables intentions soient claires, évidentes... (http://lefilmetaitpresqueparfait.hautetfort.com/archive/2015/03/23/il-marchait-la-nuit-1948.html )


                   

Un travail "en souterrain" de certains pour tenter de comprendre "l'esprit impénétrable et tortueux" de cet autre, deux aspects qui se retrouvent intelligemment illustrés dans la toute dernière partie du film, avec cette traque du tueur dans les égouts de Los Angeles - des séquences magnifiquement mises en image et éclairées par l'une des pointures du genre (John Alton), avec d'un côté la marche inexorable des flics dont le filet se resserre inexorablement sur le meurtrier (la lumière de leurs torches projetant une sorte d'écran de lumière dans les divers couloirs qui aboutissent à la salle du tueur, comme des murs qui avanceraient progressivement avant d'écraser sa proie), et de l'autre le rayon affolé de la lampe de notre homme traqué et paniqué, incapable de trouver une quelconque échappatoire). Malicieux jeu du chat et de la souris, entre de f(él)ins limiers du crime qui se doivent d'exploiter chaque piste et un malf-rat d'une rare intelligence qui semble avoir toujours un temps d'avance sur ses poursuivants.(http://shangols.canalblog.com/archives/2011/04/13/20881885.html)

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