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lundi 12 novembre 2018

Victor

Victor (1951) - A première vue, l'univers d'Henri Bernstein n'était pas fait pour plaire à Jean Gabin. Souvent situées dans les hautes sphères de la société, les pièces de l'écrivain passent au crible les tourments amoureux de couples adultères, dans une atmosphère sophistiquée et parfois pesante. On est loin des milieux populaires traversés par Gabin dans La Bandera ou Quai des brumes. Mais l'acteur n'en délaissera pas moins ses tenues de baroudeur pour se fondre, à trois reprises, dans le monde de Bernstein. Certes, il serait faux de dire que Gabin ne joue à l'époque qu'un seul type de personnage. Il prouvera, notamment dans les années 50, qu'il est capable au contraire de tenir des emplois très divers, du médecin progressiste (Le cas du Dr Laurent) au chauffeur routier (Gas-oil), en passant par le patron de music-hall (French Cancan) ou le paysan normand (Le Plaisir). Mais le public a dû pourtant s'étonner de découvrir sa prestation dans Victor. Si le personnage de Gabin contraste clairement avec le grand bourgeois joué par Jacques Castelot, la manière dont l'ardeur se comporte dans le film, et surtout la manière dont il parle à la femme du monde dont il est amoureux, renvoient malgré tout à un registre que le comédien n'explorera qu'assez peu. Celui de la « love story » mondaine, dont Bernstein était au théâtre le grand champion, et que le cinéaste Alain Resnais ressuscitera bien plus tard en filmant Sabine Azéma, Pierre Arditi et Alain Dussolier dans Mélo, autre pièce adaptée du dramaturge.Adapter à l'écran une pièce d'Henri Bernstein n'est pas une mince affaire. Lorsqu'ils se lancent dans le projet, à la fin de l'année 1950, le producteur Gilbert Cohen-Seat et le réalisateur Claude Heymann se tournent donc vers une valeur sûre : Jean Perry est un scénariste qui vient de s'illustrer avec trois films écrits pour Henri-Georges Clouzot, dont le fameux Quai des Orfèvres. Pour Ferry, le plus délicat sera de conserver autant que possible les dialogues ciselés de la pièce originale, tout en livrant un vrai script de cinéma... Le début du tournage approchant, Claude Heymann s'entoure par ailleurs d'une équipe qui a fait ses preuves. La photographie du film est confiée à Lucien Joulin, qui vient d'éclairer entre autres L'homme de la Jamaïque. Le montage sera assuré par Suzanne de Troeye, qui fut une fidèle collaboratrice de Jean Renoir et de Marcel Pagnol.





Quant à la musique, dont le réalisateur souhaite qu'elle apparaisse fréquemment en contrepoint de l'intrigue, elle sera composée par Marc Lanjean. Dès le départ, le rôle principal du film est destiné à Jean Gabin. L'acteur, qui vient de jouer pendant l'année 1949 une pièce d'Henri Bernstein, entretient d'excellentes relations avec le dramaturge, et le personnage de Victor, par sa noblesse de caractère et son franc-parler, semble taillé sur mesure pour le comédien. Reste à donner un visage aux autres membres du quatuor amoureux imaginé par Bernstein. Par sa beauté et son élégance naturelle, Françoise Christophe sera l'interprète idéale de la femme du monde aimée par Victor. Jacques Castelot apportera quant à lui toute l'ambiguïté et le cynisme nécessaires au rôle de Marc, ce héros de guerre devenu un affairiste douteux. Par ailleurs, Claude Heymann décide de confier à la jeune Brigitte Auber, encore auréolée de sa prestation dans Rendez-vous de juillet, le personnage de Marianne, la seconde dame de cœur du film. Et le réalisateur offre à un débutant du nom de Pierre Mondy l'un de ses tout premiers rôles à l'écran : celui d'un détenu un peu trop râleur au goût de Victor... À considérer la filmographie de Gabin au début des années 50, on pourrait le croire atteint de boulimie. En effet, rien que pour l'année 1951, l'acteur est à l'affiche de trois films, et il en a déjà tourné deux autres qui sortiront au début de l'année suivante (La vérité sur Bébé Donge et Le Plaisir). Un stakhanovisme qui ne s’explique pas par un goût immodéré des plateaux, mais par des inquiétudes qui poussent Gabin à multiplier les projets. 




Car, s’il tourne régulièrement, le comédien ne parvient pas pour autant à retrouver la place privilégiée qui fut la sienne avant-guerre. Angoissé à l’idée qu’un jour les metteurs en scène cessent définitivement de l’appeler, Gabin doit en outre affronter une autre crainte : celle de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de la famille qu’il a fondée en épousant en 1949 le mannequin Dominique Fournier, et en devenant l’année suivante l’heureux papa d’une petite Florence.Le tournage de Victor a lieu du 29 janvier au 3 mars 1951, aux studios de Neuilly. Très attentif à l'interprétation, Claude Heymann apporte un soin particulier aux longues scènes de dialogues, déclarations d'amour ou joutes verbales, qui émaillent le scénario. Sa mise en scène alterne sans cesse entre le mélo et la comédie, les mêlant même parfois, comme dans la séquence où le personnage de Victor rentre chez lui passablement éméché (Gabin semble y préparer sa légendaire prestation dans Un singe en hiver). Les scènes confrontant l'acteur à sa concierge, jouée avec brio par Jane Morlet, apporteront également à l'ensemble d'agréables intermèdes comiques ... Sorti au mois de juin, Victor rencontre en salles un succès honorable. Entre-temps, Gabin s'est déjà lancé dans de nouveaux projets, mais il se souviendra du compositeur Marc Lanjean : ce dernier participera en effet au cours des années suivantes à la musique de trois autres films de l'acteur, Razzia sur la chnouf, Chiens perdus sans collier et Maigret tend un piège.(http://moncinemaamoi.over-blog.com/2015/06/victor-claude-heymann-1951-jean-gabin-francoise-christophe-brigitte-auber-jacques-morel-jacques-castelot.html)

3 commentaires:

  1. Bonjour, je ne sais pas où poser la question que voici :
    Je recherche un western vu dans les années 70, 80 dans une émission du cinéma (les yeux) sur FR3 dont je ne me souviens plus le titre.

Le seul souvenir que j'ai de ce film, c'est d'un indien fait prisonnier par un blanc.
    Ce blanc est soit un vacher (cowboy), soit un soldat ou un chasseur de prime.

    Ce blanc doit ramener cet indien quelque part pour être jugé ou pendu?

    Le blanc est malade, il tousse beaucoup voir du sang : maladie pulmonaire.
    Au début du périple le blanc se méfie de l'indien et le traite comme un prisonnier.
    Au fur et à mesure de leur voyage ils apprennent à se connaître et se font de plus en plus confiance.

    L'indien veut guérir le blanc. Il oblige le blanc à rester sous une hutte à sudation (sweet lodge) pendant de nombreux jours, le nourrissant de plantes indiennes.
    
Le blanc guéri et il deviennent amis et je crois me souvenir deviennent frère de sang.

    Merci à vous et bonne journée.

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