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vendredi 9 novembre 2018

Salomé

Un excellent péplum biblique auquel ce touche à tout de William Dieterle, aussi à l'aise dans la fresque historique que dans le drame intimiste (les somptueux Portrait de Jennie et Quasimodo déjà évoqués sur le blog) confère tout son brio. Salomé sort au moment où le genre (surtout dans sa veine biblique) revient en force à Hollywood avec des films comme David et Bethsabée (également déjà traités en ces lieux) ou La Tunique. C'est surtout à ce dernier qu'on pense (en nettement plus réussi) en voyant Salomé, dans la manière de mêler le grand drame hollywoodien avec une relative fidèlité au évangiles (le gros changement est ici de faire de Salomé la responsable involontaire de la mort de Jean Baptiste quand c'est véritablement de son fait dans les écritures).Les moyens sont conséquents mais pas encore démesurés comme dans les grands péplums à venir les années suivantes, et le film n'est pas particulièrement spectaculaire. Le tout repose essentiellement sur le scénario brillant de Jesse Lasky Jr. et Harry Kleiner. Le film mêle donc récit religieux (avec l'avènement de la religion chrétienne, les premiers fidèles, l'apparition de Jésus Christ...) et intrigue politique de palais (conséquence du nouveau culte sur le pouvoir en place, cohabitation difficile avec les Romains) où se déchirent des personnages aux objectifs différents.Le début fait d'ailleurs un peu peur à ce niveau avec un Stewart Granger rouleur de mécanique qui semble vouloir refaire Scaramouche en toge romaine ou encore Charles Laughton dans un rôle de souverain bouffi et pervers voisin de celui qu'il campait dans le déjanté Signe de la Croix (déjà traité aussi et oui on aime le péplum ici !).Ca se rééquilibre assez vite puisque hormis l'ambitieuse Herodiade (interprété avec une belle perfidie par Judith Anderson) aucun personnage n'est totalement négatif. Stewart Granger trouve un de ses rôle les plus subtils avec ce romain ouvert et progressivement convaincu par la foi chrétienne, tout comme Rita Hayworth formidable Salomé déchirée l'essentiel du film dans ses contradictions.


   

Même le roi Hérode joué par Charles Laughton n'est pas sans ambiguité, tout à la fois pervers voulant coucher avec sa belle fille, ironiquement seul protection de Jean Baptiste par peur d'une prophétie et bouleversant le temps d'une scène face à ce dernier où il aspire intégrer la foi chrétienne mais ne peut s'y résoudre par peur de perdre son trône. Seul ombre au tableau Alan Badel bien trop théâtral en Jean Baptiste, en gros le cliché du prophète barbu exalté roulant des yeux (Charlton Heston sera bien meilleur plus tard dans le rôle pour La plus grande Histoire Jamais Contée évocation de la vie du Christ par George Stevens).Une approche fine et psychologique dans la réalisation de Dieterle rend le tout des plus convaincant, avec quelques partis pris intéressant (comme celui de filmer Jésus du point de vu des autres bien avant Ben Hur), de très belles scènes comme la danse des sept voile de Rita Hayworth (qui ne manquera pas de rappeler celle mythique qu'elle effectua dans Gilda) chargée de tension et le sermon sur la montagne en conclusion magistrale. Pas forcément le plus connu des grands péplum de cette époque fleurissante du genre mais sûrement un des plus intéressants.(http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.com/2010/12/salome-william-dieterle-1953.html)




La renaissance des superproductions à grand spectacle devait surtout avoir lieu à Hollywood, grâce à la mise au point du Cinèmascope, qui donnait à l'ècran une dimension jusque là inconnue! C'est donc en 1953 - au moment ou l'inspiration biblique revient en force à Hollywood - que la très sexy Rita Hayworth fait son entrèe dans la fantaisie orientale sous les traits de la superbe "Salomè", dans la version de William Dieterle! Le scènario reprend avec malice le rècit religieux où l'on y voit les premiers chrètiens, on n'y voit même Jèsus avec les intrigues politiques de palais! La danse des sept voiles de Hayworth dans le final face à un Charles Laughton en souverain libidineux restera pour longtemps une scène d'anthologie! Un pèplum romain kitsch mais fort agrèable à regarder, notamment pour sa distribution de rêve (Rita Hayworth, Stewart Granger, Charles Laughton, Judith Anderson, tout ça dans un même et seul film)...(chrischambers86)

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