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samedi 10 novembre 2018

Le Diabolique Docteur Z

Après "L'Horrible Docteur Orlof" et "Les Maîtresses du Docteur Jekyll", Jess Franco tente une nouvelle incursion dans l'univers des savants fous, héritée du chef d'oeuvre de Georges Franju : "Les Yeux sans Visage", qui aura inspiré moult cinéastes dans le cinéma de genre. Pimenté là aussi d'un érotisme léger, "Le Diabolique Docteur Z" innove cette fois en mettant deux femmes en vedette. L'une, Irma Zimmer (incarnée par Mabel Karr), est le cerveau criminel, une femme assoiffée de vengeance, cruelle, sans pitié, et déterminée à aller jusqu'au bout dans la promesse faite à son père, allant jusqu'à sacrifier son amour pour un médecin afin de suivre la destinée qu'elle s'est imposée. L'autre, Nadia / Miss Muerte (interprétée par la magnifique Estella Blain), personnifie l'instrument de la vengeance, la Veuve Noire, belle, froide et implacable, contrôlée par Irma. Artiste de cabaret, exécutant un spectacle alliant charme et esthétisme, elle magnétise les hommes, et son nom de scène, Miss Muerte, va lui coller à la perfection dès lors qu'elle aura pour mission d'exécuter, grâce à ses ongles acérés enduits de curare, tous ceux qui ont causé (même si c'est involontairement) la mort de Zimmer. Après les serviteurs difformes et défigurés de "L'Horrible Docteur Orlof" et des "Maîtresses du Docteur Jekyll", Miss Muerte propose une alternative radicalement différente, un zombie charismatique et troublant comme on n'en avait jamais vu."Le Diabolique Docteur Z" constitue l'un des Franco "première époque", dans sa période de productions franco-espagnoles qui s'est avérée particulièrement riche et intéressante, et durant laquelle le metteur en scène a démontré une constance dans la qualité, ce qui ne lui arrivera que trop rarement par la suite. "L'Horrible Docteur Orlof", "Le Sadique Baron Von Klaus", "Les Maîtresses du Docteur Jekyll" et "Le Diabolique Docteur Z" témoignent de la passion que porte Franco envers ses inspirateurs : les films de la Universal, Fritz Lang, Georges Franju... un patchwork hétéroclite réuni par cet amour de Franco pour le cinéma. 


   

Cette période "savants fous" est un hommage au "Fu Manchu" de Charles Brabin, et au "Docteur Mabuse" de Fritz Lang. Le noir et blanc magnifie ce film d'aventures, mêlant fantastique, horreur et science-fiction, et malgré un rythme inégal, le travail effectué par le scénariste Jean-Claude Carrière, qui travaillera avec Bunuel en plusieurs occasions, est dans l'ensemble satisfaisant. La musique, due encore une fois à l'inséparable complice de Franco : Daniel White, est évidemment jazzy. Pour ce qui est des acteurs, outre Estella Blain et Mabel Karr, on retrouve bien sûr l'incontournable Howard Vernon, l'acteur français Gui Mairesse et Hugo Blanco, qui jouit déjà dans "Le Sadique Baron Von Klaus" et "Les Maîtresses du Docteur Jekyll". Notons la présence des deux complices, White et Franco, en inspecteurs de police placides et désinvoltes.En résumé, "Le Diabolique Docteur Z" fait partie des bons Franco, bénéficiant d'un vrai scénario, d'acteurs correctement dirigés et d'une superbe photographie. Tourné comme un "serial", il lui manque juste une forte dose de rythme dans l'action pour être très bien. Un aspect statique qui est l'un des pêchés mignons du cinéaste, lui qui a toujours aimé s'attarder sur un élément du décor, au détriment de l'intrigue. Mais ne boudons pas notre plaisir, le film recèle suffisamment d'agréables surprises pour qu'il constitue au final un spectacle satisfaisant.(https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/274-diabolique-docteur-z-le).




Très soigné sur le plan de la photographie, le film bénéficie d'un très beau noir et blanc. Par ailleurs, la réussite du film tient également à sa mise en scène très soignée : Jess Franco a fait un bel effort sur chacun de ses plans, comme le prouvent notamment les nombreux travellings avant ou les mouvements en plongée, forts réussis (par exemple dans le cabaret). De plus, il est utile de souligner que si le film se révèle par moments quelque peu sensuel, il n'est à aucun moment vulgaire. On sent bien que Jess Franco souhaite dénuder ses actrices mais il en reste au strict minimum, en raison évidemment de l'époque. Ce qui n'est pas en soi. On évite dans ce film les regards un peu gratuits dont fait parfois preuve le cinéaste espagnol sur l'anatomie féminine. Mais Le diabolique docteur Z doit aussi sa réussite à un humour bien senti, qui se révèle très amusant. En dehors du scénario qui est en soi complètement délirant, Jess Franco nous concocte quelques répliques vraiment marrantes. On notera sur ce point le côté décalé du personnage du commissaire de police qui enquête sur la disparition étrange de différentes personnes. Le commissaire est joué par Franco lui-même, lequel n'hésite pas à déclarer vers la fin du film qu'il s'était mis à la recherche de personnes disparues car il avait passé une bonne nuit et qu'il n'avait rien d'autre à faire.  (http://dejantesducine.canalblog.com/archives/2008/09/20/10162213.html)

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