.

.

jeudi 18 octobre 2018

L'Attaque des Crabes Géants

Retour sur Roger Corman, le pape du cinéma bis. Sa recette ? Des films au budget anomique tournés en 72 heures, parfois 24 heures maximum. Entouré par plusieurs personnalités éminentes (Richard Matheson, Charles Beaumont et Charles Griffith, entre autres), Roger Corman formera plusieurs réalisateurs qui deviendront populaires par la suite, entre autres James Cameron, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou encore Joe Dante. Tous passeront par l'école "Corman". On euphémise, souvent à tort, l'influence de Roger Corman sur le cinéma hollywoodien. A contrario, le producteur, scénariste et cinéaste américain répudie et se met en retrait de ce système mercantile, affectionnant davantage les productions indépendantes. En vérité, Roger Corman est un réalisateur éclectique qui peut à la fois s'intéresser à la science-fiction, l'horreur, la comédie ou encore le western. Le réalisateur n'a pas vraiment de genre de prédilection. Plusieurs films notables vont contribuer à sa notoriété. C'est par exemple le cas de La Petite Boutique des Horreurs (1960), Un Baquet de Sang (1959) et surtout du cycle "Edgar Allan Poe" (La Chambre des Tortures, Le Corbeau, La chute de la maison Usher, Le Masque de la Mort Rouge ou encore L'empire de la terreur). Vient également s'ajouter L'Attaque des Crabes Géants, sorti en 1957. Le film s'inscrit continûment dans la dialectique des films de science-fiction des années 1950, à la fois marqués par la Guerre Froide et la menace nucléaire. Des pellicules telles que L'Invasion des Profanateurs de Sépultures (Don Siegel, 1956), La Guerre des Mondes (Byron Haskin, 1953), Les Survivants de l'infini (Joseph M. Newman, 1955), ou encore Le Jour Où la Terre S'Arrêta (Robert Wise, 1951) décrivent, à leur manière, une société humaine en plein marasme et menacée de néantisation. En outre, L'Attaque des Crabes Géants s'inspire davantage de Them ! - Des Monstres Attaquent la Ville de Gordon Douglas, en 1954.


   

Cette fois-ci, la peur atomique se transmute en effets délétères sur Dame Nature, transformant des fourmis en créatures gigantesques et à l'appétit pantagruélique. En ce sens, L'Attaque des Crabes Géants peut s'apparenter à une séquelle du film de Gordon Douglas, mais version crustacés. La distribution du film réunit Richard Garland, Pamela Duncan, Russell Johnson, Leslie Bradley et Tony Miller. Attention, SPOILERS !  Une équipe scientifique multidisciplinaire est envoyée sur une île afin d'une part de faire des recherches scientifiques sur ce lieu qui a été le théâtre d'essais nucléaires et d'autre part d'essayer de comprendre la raison pour laquelle il ne reste aucune trace de l'équipe précédente à l'exception d'un journal de bord inachevé. Très vite le groupe se retrouve isolé sur l’île, l'avion les ayant acheminés explosant au départ, et la radio détruite par une entité inconnue. Des événements de plus en plus étranges surviennent alors, la voix du responsable de l’ancienne équipe se fait entendre sans qu'on puisse en matérialiser la forme, puis des crabes géants et meurtriers apparaissent. En fait, les crabes mutants phagocytent non seulement leurs victimes mais leurs mémoires et leurs voix. Devant tous ces dangers la petite équipe tente de s’organiser....




En vérité, L'Attaque des Crabes Géants se démarque de Them ! (déjà précité) par sa rusticité scénaristique. En l'occurrence, le film de Gordon Douglas se distinguait par son aspect entomologique (l'étude des insectes). Contrairement à son illustre épigone, Roger Corman ne se soucie guère de l'étude des crustacés (la carcinologie) et de leur vie aquatique. Dès l'introduction, le cinéaste a le mérite de présenter les inimitiés. Un baigneur est agressé puis déchiqueté par un crabe aux incroyables rotondités. Mais la créature se garde bien d'apparaître à la surface de la mer. Pourtant, la violence d'une telle attaque ne semble pas vraiment tarauder notre équipe de scientifiques. Mais, une fois sur l'île, les savants entendent des voix humaines qui sourdent de nulle part. D'où peuvent provenir ces voix mystérieuses ? Sur ce dernier point, Roger Corman griffonne un scénario pour le moins incongru et inattendu. Nos chers crustacés ne se contentent pas seulement de capturer et de tortorer leurs proies. Ils se nourrissent de leurs cerveaux et donc de leurs psychés. Ainsi, les monstres marins s'accaparent également leurs voix et jouent même les ventriloques émérites. Inutile de le préciser mais leurs intentions sont évidemment belliqueuses. "Faire disparaître l'homme de la Terre !" s'écrie un gros crabe en plastique, maladroitement activé par des techniciens probablement avinés. En outre, difficile de ne pas se gausser devant cet énorme crustacé qui arbore un accent soviétique à coucher dehors ! On fermera aussi les yeux et les oreilles sur la maigre performance des acteurs, par ailleurs évincés par notre plateau de fruits de mer.  (http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/04/23/34521131.html)

3 commentaires: