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samedi 13 octobre 2018

La Femme modèle

La Femme modèle (Designing Woman) est un film américain de Vincente Minnelli sorti en 1957. Tout comme Minnelli fait se rencontrer et s’aimer ici une styliste de mode et un journaliste sportif, il confronte deux genres : la comédie sophistiquée et le film noir. Deux personnages, deux genres, deux sexes, deux univers (le monde viril et opaque de la boxe, avec ses matchs truqués, contre le monde féminin et exubérant de la mode, avec ses engouements arbitraires)… Et à l’arrivée, un seul film de Minnelli. L’un de ses meilleurs. Un film d’une grâce aérienne pour traiter l’un des sujets les plus fondamentaux qui soient : l’altérité. Au-delà des images, des faux-semblants, y a-t-il une vraie rencontre possible ? Car en images, Minnelli s’y connaît. Le point commun de la boxe et de la mode, c’est la théâtralité de ces deux univers. Il y a la représentation, et les coulisses. A tel point qu’il affuble les personnages principaux d’un monologue intérieur en voix off, pour mieux souligner le décalage entre le mensonge extérieur et la vérité intérieure. Procédé d’abord comique, mais rapidement bouleversant, qui hisse le film à la hauteur du chef-d’œuvre. Tous les comédiens font des merveilles, mais reconnaissons une petite faiblesse pour la voix éraillée et le port de tête si raide de Lauren Bacall. Il faut la voir s’empiffrer devant un Gregory Peck groggy en lui lâchant, mine de rien, “Quand je suis amoureuse, je mange trop…” Quant à la bagarre chorégraphiée du finale, c’est un sommet de la comédie américaine. L'humour s'incarne dans de multiples procédés. Ce sont, au départ, les sons et couleurs exacerbés par la gueule de bois de Mike.


   

Ce sont les commentaires off de chacun des personnages qui ont interpellé le spectateur au début du film et ne le lâcheront plus jusqu'à la fin. Souvent, dès que les personnages prétendent avoir dit ou fait quelque chose, l'image, dans un fondu-enchainé, les contredit. On notera aussi la belle déclaration d'amour involontaire. Ayant déclaré qu'elle ne mangeait beaucoup que lorsqu'elle était amoureuse, Marilla rougit de la tête aux pieds lorsqu'elle se rend compte, devant Mike amusé, qu'elle a commandé toute la carte au restaurant. Comique à répétion avec Maxie qui dort les yeux ouverts. Il faut toute cette énergie pour que l'amour subsiste entre les deux jeunes mariés. Car de retour à New York, leurs différences sociales se révèlent peu à peu : Mike, bohème, fréquente des sportifs, quelquefois assez vulgaires, tandis que Marilla est entourée d'artistes.


                


Ruby l'artiste chorégraphe concourt à la réunion des deux univers avec sa danse boxeuse. Racontée à un interlocuteur invisible par divers témoins (Woody Allen s'en souviendra dans nombre de ses films), cette étincelante comédie repose sur le mensonge permanent. Ce que les personnages prétendent avoir dit ou fait — ne pas avoir dit ni fait — est immédiatement contredit par l'image. D'où la jubilation du spectateur, toujours mis dans la confidence, constamment au courant des ruses et des tromperies de chacun des deux héros, embringués, eux, dans un vaudeville sentimental. Mais la jalousie de Bacall pour une ex de Peck n'est, bien sûr, que le prétexte d'une question bien plus épineuse : comment accepter l'autre ? A la fin, lors d'un ballet brillant et drôle, un chorégraphe agité (que Gregory Peck avait pris pour un gay) réunira les mondes opposés de la boxe et de la haute couture. Et ce sera, enfin, l'harmonie (provisoire)... (http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/la-femme-modele/)

3 commentaires:

  1. é Salut Corto , comment tu vas ? toujours en mer ?

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    1. Salut à toi , je suis un peu à quai en ce moment mais
      je vais reprendre la route ,merci ..

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