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mercredi 24 octobre 2018

Experiment in Terror

Le titre original rend bien mieux compte de l'impact de la formidable tension ménagée: une véritable expérience de la terreur. Découpage sec, grande économie de moyens jusque dans le recours à l'illustration musicale, minimaliste mais néanmoins ultra efficace de Mancini, le tout saupoudré de quelques séquences de terreur psychologique pure littéralement étouffantes (une fabuleuse séquence de suspense à faire dans un atelier de mannequins notamment). Un formidable polar, d'une grande modernité.La scene d'ouverture annonce la couleur de ce que sera la suite :un grand film de terreur psychologique  porté par des comediens excellents (G.Ford,Lee Remick,Ross Martin) et une superbe partition de Mancini. Un film à decouvrir qui prouve que le talent de Blake Edwards s'est exprimé aussi dans d'autres domaines que la comedie (à quand un dvd de son western "Deux hommes dans l'Ouest") .Je n'y vois pas un polar traditionnel mais bien une expérience de trauma qu'illustre pour une fois au mieux le titre original: une exploration du sentiment de terreur. En ce sens, Allô, brigade spéciale propose certainement quelques facilités ou incohérences scénaristiques mais elles me semblent de peu de poids dans le cadre de cette expérimentation de cinéma purement subjectif et suggestif. D'ailleurs la séquence dont Dave regrette le caractère prévisible est pour moi la plus représentative de l'angle adopté par Edwards dans le cadre de sa mise en scène: nulle recherche d'un suspense assez vain heureusement(il suffit pour s'en convaincre de constater avec quel détachement est dénouée cette chasse à l'homme) mais en revanche une volonté d'installer un sentiment d'inexorabilité funeste qui confère une atmosphère poisseuse et presque étouffanteà cette séquence à faire, et qui me paraît héritée des grands récits de peur tels que The Spiral Staircase plus que du courant du film noir proprement dit.(http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?t=9940)


   

Oublier le titre français, ridicule, et prendre au pied de la lettre l'original : une expérience, un essai dans le domaine de la terreur. Dès le générique, et sur une superbe musique de Henry Mancini, Blake Edwards fait sourdre l'inquiétude du paysage apparemment paisible de la baie de San Francisco, alors que la nuit tombe. Le malaise se précise quelques minutes plus tard dans le décor banal d'un garage : une main gantée de noir se pose sur la bouche de Lee Remick, plaquée de force contre un homme dont le visage reste dans l'ombre et dont la voix, avec un sifflement d'asthmatique, énonce calmement des menaces de mort. Plus les décors sont quotidiens, plus la terreur est diffuse et peut surgir à tout instant, n'importe où. Aucun sentimentalisme. Aucun effet spectaculaire. Même le final a la froideur d'une exécution capitale. — François Guérif.
Comme il l’a fait ou le fera pour le western (Deux hommes dans l’Ouest, le burlesque (La Panthère rose, The Party) ou la comédie sophistiquée (Diamants sur canapé, Victor Victoria, Blake Edwards revisite le « noir » à sa façon, c’est à dire à la fois en en respectant presque à la lettre les topoï et en le réinventant par une mise en scène très maniérée. Le scénario lui permet de conserver les lieux communs : deux jeunes filles en danger, un psychopathe, un membre du FBI, des fausses pistes, un indic, tout y est, jusqu’à la caricature, ou plutôt jusqu’à l’abstraction, puisque ces divers éléments restent à l’état de donnée jamais développée. Ainsi le flic, interprété par un Glenn Ford à la limite de la transparence, n’est jamais autre chose qu’un flic : ni psychologie, ni vie personnelle, ni sentiment. 





Tout se passe comme si Edwards avait ôté toute chair à son intrigue pour n’en conserver que le squelette sur lequel il brode d’infinies variations. Un peu à la manière de Flaubert qui voulait écrire un « livre sur rien », le cinéaste fait de Experiment in terror un exercice de style, extrêmement brillant, parfois audacieux et toujours maîtrisé, sans pour autant sacrifier la tension propre au genre. C’est un festival de cadrages incongrus (la caméra est sous un piano, dans un camion de fonds, elle enregistre en gros plan le poing d’un judoka ou la lampe d’un ouvreur, etc.) qui peuvent donner l’impression de gratuité, de même que certains effets de montage (à une menace téléphonique succède le cri d’un plongeur) et la multiplication de plongées / contre-plongées. Mais selon nous Edwards a gardé une cohérence grâce à un travail exigeant sur les lieux : on pourrait avancer que chacun a son style ou sa caractéristique, tant les séquences, longues en général, sont vécues comme des moments quasi-autonomes ; l’église et sa symétrie, la banque et ses grandes lignes horizontales … De même dans les scènes d’anthologie répond-il à des gageures singulières : l’atelier de mannequin et le stade, à la fin, posent des problèmes à part. Comment investir de tels lieux de manière originale ? Cette question, on a le sentiment que le réalisateur ne cesse de se la poser et d’en tirer des réponses spectaculaires.(https://www.avoir-alire.com/allo-brigade-speciale-la-critique-le-test-dvd)

5 commentaires:

  1. https://uptobox.com/zv9c177bo65r
    zik : http://filesflash.com/cfnwx4m2

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  2. Bjr les amis,
    j'avais fait pour le compte d'un autre blog (hdmovies premiere) le rpk de cet excellent Thriller signé du grand "Blake Edwards" en dual audio sub full forced 1080p que je vous partage pour le plaisir de tous.

    https://uptobox.com/yjxswkefxwgs

    Enjoy et vive le partage.

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