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mercredi 5 septembre 2018

Qui a peur de Virginia Woolf ?

Film culte de Mike Nichols mettant en scène le couple le plus charismatique de l'histoire du cinéma, Qui a peur de Virginia Woolf est un film qui a un peu perdu de sa superbe avec le temps, mais dont le talent d'acteur, l'écriture et la mise en scène restent toujours un exemple aujourd'hui. Avec néanmoins quelques longueurs, le film installe très vite une ambiance de stress, de colère, de quelques moments de joie et de rire, qui sombrent très vite dans le désespoir et la peur. Richard Burton et Elizabeth Taylor s'en donnent à coeur joie dans ce couple se détestant plus que tout. Charismatiques et accrocheurs comme jamais, les deux grands stars hollywoodiennes hantent entièrement le film, laissant les autres acteurs an arrière plan. L'écriture du film est un petit bijou tant il allie les violences des disputes avec la situation dans laquelle elles ont lieu. Tout empire et tout va de plus en plus mal et on entre dans la noirceur au fur et à mesure. Qui a peur de Virginia Woolf est un film cependant assez étrange, qui fait davantage pièce de théâtre dans sa mise en scène mais reste un film modèle du genre, malgré son petit coup de vieux, et ses quelques longueurs notables.C’est une joute verbal de haut vol et d’une modernité intemporel. C’est du grand théâtre au cinéma. Richard Burton règne en maître absolu, en victime puis en bourreau, il est au sommet de son talent et on reste fasciné par sa performance. Elizabeth Taylor est une virago du tonnerre, elle est tour à tour joueuse, odieuse, manipulatrice et manipulée. Un rôle à la mesure de son talent. Sandy Dennis fait un peu dans le mélo mais tient bien la partition. On tient avec eux toute la nuit, bouleversé par l’intensité de la relation de Georges et Martha, désarmé par la tournure de choses. Un jeu dont on ne comprend pas forcément les règles et une fin qui nous met au tapis. Une adaptation à la hauteur de l’œuvre originale, des dialogues haut-de-gamme et une première réalisation pour Mike Nichols qui confirmera son talent plus tard avec Le Lauréat.Un des sommets du couple Richard Burton/Elizabeth Taylor.


                  

Cette dernière se lâche d'ailleurs, son oscar pour ce rôle est totalement mérité. On suit donc la peinture d'un couple mûr qui va entrainer de jeunes époux dans leurs tourmentes, leurs "jeux" et leurs disputes. Le scénario est bien écrit, tout comme les personnages et les dialogues, remarquables parfois pertinent et parfois marrant, qui vont nous faire rester dans film de bout en bout. L'atmosphère parfois malsaine est parfaite et prenante, et la réalisation de Nichols est impeccable, il évite toute lourdeur et visuellement le noir et blanc est impeccable. Outre l'excellente Taylor, Burton est très bon aussi, en époux effacé et d'apparence dominé, les seconds rôles sont très bon. Un bon film théâtrale, bien écrit, très bien joué et captivant.Une nuit d'automne, un chemin jonché de feuilles mortes, une petite conversation débridée sur fond d'ivresse. Il y a déjà dans les premières scènes quelque chose d'usé, de fatigué, de décadent. Puis le confinement dans la maison révèle un foyer de rancoeur, de violence latente. Personnages de ce quasi huis clos étouffant : Martha et George. Elle, fille d'un doyen d'université, gâtée et capricieuse, harpie hystérique, monstre de vulgarité et de méchanceté. Lui, professeur d'histoire, ambitieux raté et humilié, plutôt passif et cynique. Le film est une grande scène de ménage éthylique et cruelle. Le déluge d'insultes, les révélations intimes, la tension et la violence morale s'intensifient à mesure que les bouteilles se vident.




On jure, on crache, on casse, c'est un véritable saccage. Une apocalypse du couple, où explosent les frustrations, les désillusions, avec une impudeur absolue, entre dégoût et hallucination. Ce jeu de massacre est doublé d'un jeu assez troublant sur la vérité et le mensonge. On raconte beaucoup d'histoires dans ce film, nourrissant des mystères douloureux : le récit d'un double parricide, l'évocation d'un fils dont on ne sait s'il est vivant ou mort, ou même s'il a jamais existé. Au petit jour, après un voyage chaotique au bout de la nuit, les masques tomberont, révélant une vérité déchirante et pathétique. On sort sonnés de ce film, règlement de comptes aux allures de match de boxe, mais aussi drame psychanalytique autour de la procréation, lourd de névroses, de refoulements, de catharsis. Sans éviter tous les pièges de la théâtralité, Mike Nichols (dont c'est le premier long-métrage) atteint ici une intensité rare. La photo en noir et blanc, très contrastée, est superbe. Quant aux acteurs, Elizabeth Taylor et Richard Burton, ils n'ont pas peur des outrances, mais sont extraordinaires. L'actrice, qui a obtenu un Oscar pour ce rôle, n'est plus une chatte sur un toit brûlant, comme dans le film de Richard Brooks (1958), mais un fauve déchaîné dans une maison en feu, champ de bataille de toute une vie.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-2768/critiques/spectateurs/)

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