.

.

mercredi 26 septembre 2018

Les Casse-pieds

Si ma connaissance de Noël-Noël était proche du zéro avant « Les Casse-pieds », j'avoue que ce dernier m'a donné envie d'en savoir plus. Le film a beau être signé Jean Dréville, celui-ci porte indéniablement la personnalité du sympathique comédien, ici également scénariste et dialoguiste. Alors forcément : le concept n'évite pas un un aspect légèrement répétitif, les sketchs étant par définition un peu inégaux. Mais cela passe sans trop de mal, l'œuvre exploitant avec charme et fantaisie toutes les ressources cinématographiques entre chaque histoire, le tout sans prétention et avec beaucoup de fraîcheur, donnant au résultat un dynamisme et une inventivité évidemment salutaire. Le ton est assez bon enfant, tout en restant savoureux à plusieurs reprises, la façon dont sont montrés les petits travers des gens, très souvent de façon involontaires, ne pouvant que nous parler à plusieurs reprises. C'est parfois assez caricatural, mais néanmoins souvent bien vu, la liste des « fâcheux » apparaissant plutôt complète et agréablement mise en situations, le tout avec le sens de la formule et une voix-off faisant souvent mouche. Bref, tout en restant modeste (trop?), « Les Casse-pieds » s'avère un spectacle souvent drôle, plein d'idées et même un joli hommage au cinéma, le tout porté par des comédiens s'en donnant à cœur joie : l'art de nous mettre de bonne humeur en évoquant les enquiquineurs !Ah les casse-pieds, qu'est que le monde serait bien meilleur sans eux. Toujours est-il que leur existence a permis l'existence de cette petite comédie très drôle, qui ne peut malheureusement que nous parler, et qui ne manque pas de bonnes idées dans sa mise en scène. C'est déjà mieux que rien. Et puis sous la direction agréable de l'agréable acteur Noël-Noël, ça ne peut être bien évidemment que plaisant. Là, il s'agit non pas des gros casse-pieds qui se savent casse-pieds et qui ont pour but conscient de faire vivre un enfer à leurs concitoyens, ni des casse-pieds puissants qui tiennent les rênes du pouvoir, mais des casse-pieds de tous les jours, qu'on croise souvent...


   

Si le portable fait que la casse-pieds du film qui monopolise une cabine téléphonique pendant des heures juste pour déblatérer des bêtises ne peut plus exister, celle par exemple qui nous fait perdre trois quarts d'heure de notre temps avec une discussion sans le moindre intérêt, qu'on n'ose pas envoyer sur les roses parce qu'on est trop timide ou trop bien éduqué, ou le casse-pieds qui se croit drôle en faisant des blagues lourdes, sont toujours de notre monde.On remarque un certain Jean-Pierre Mocky dans la distribution. Yves Robert fera une nouvelle version des Casse-pieds en 1992 avec Le Bal des casse-pieds.Il s'agit donc d'un film à sketches écrit par Noël-Noël et réalisé par Jean Dréville (1948). Sans être vraiment un remake, un film sur le même principe a été réalisé plus tard par Yves Robert (Le Bal des casse-pieds). Bien que Noël-Noël soit un des plus grands acteurs de cette époque, il faut reconnaître qu'on sent un peu trop dans son film ses origines de chansonnier (ses chansons étaient très drôles). D'autant qu'il a voulu donner à ce film une dimension expérimentale et originale qui aujourd'hui est un peu dépassée : les effets spéciaux difficiles à réaliser à l'époque ne nous impressionnent évidemment plus et rompent l'unité du film, unité déjà par définition très fragile dans un film à sketches. Il faut donc apprécier chaque scketch pour lui-même, comme une petite gourmandise. Noël-Noël a voulu aussi exploiter un maximum de types de narration (marionnettes, dessins...) et tout cela donne un résultat fantaisiste mais aussi un peu désordonné.

5 commentaires: