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samedi 22 septembre 2018

Énigme aux Folies Bergère

Il me paraît indispensable pour les amateurs de l'histoire du cinéma de voir ce film. D'abord parce que l'Énigme aux Folies Bergère est de Jean Mitry qui tient une place considérable pour tout étudiant de l'IDHEC (fondée pour une part en 1943 par Marcel L'herbier) et sans doute maintenant de la FEMIS. Ensuite parce que personne n'a filmé aussi bien que lui les Folies Bergères de l'époque fin des années 50 et rien que cela vaut une vision. Le cinéma est une merveille pour les amoureux des temps passés que cela soit la mode vestimentaire, la mode des corps féminins ou même de l'esprit féminin des jeunes coquettes qui y fleurissaient. De plus, Jean Mitry étant un critique hors pair, il ne pouvait décevoir. Sa mise en scène, sur le plan technique, est tout à fait à la hauteur des ses exigences et c'est un bonheur que de l'admirer. Ce qui ne va pas n'est pas lié au cinéma mais au scénario issu d'un roman de Lèo Malet, sans aucun suspense ni intérêt. Pour moi, c'est là l'erreur qui a condamné ce film que très peu de public a aimé. Cet échec devrait servir de leçon a ceux qui pensent être de grands metteurs en scène. En effet, les connaissances, l'application, les moyens en comédiens de valeur ne suffisent pas si on n'est pas quelque part un artiste et Jean Mitry n'était pas un artiste mais son travail est si soigné que je ne lui refuserai pas mes 4 étoiles. Merci une fois encore à René Château. Quel dommage cependant que trop souvent,le son ne soit pas d'aussi bonne qualité que le noir et blanc.Jean Mitry, théoricien du cinéma veut prouver qu'il peut aussi être réalisateur et se plante dans les grandes largeurs.


   

Déjà l'histoire est incompréhensible et inintéressante, la mise en scène est mal maîtrisée (les scènes de bagarres sont grotesques) et encombrée de plans inutiles (raccompagne, monsieur jusqu'à la porte…) ou énigmatiques (toc, toc, toc, bonjour, je repars). La chorégraphie est ennuyeuse, ce qui est un comble pour un film portant un tel titre. Quant au montage, on a été jusqu'à y inclure une scène de douche collective qui ne sert à rien mais qui vaut son pesant de cacahuètes, car on y voit les filles des folies bergères se doucher… en sous-vêtements !). Reste quelques sourires féminins, une photo pas trop moche, une brève bagarre entre filles (seul plan topless du film), l'apparition de Jean Tissier et Frank Villard qui ne joue pas si mal.Adaptation un peu lente d'un roman de Léo Malet, ce film en noir et blanc débute pourtant bien : un homme sort de sa traction et va tenter d'appeler la police dans une cabine publique la nuit avant d'être abattu dans celle-ci.


                   


Le lendemain on le retrouve au fond de la Marne dans sa voiture. Le commissaire Raffin (Frank Villard) se charge de l'enquête. Il visite d'abord la résidence du mort qui était un de ses amis. Tous ont un alibi : le chauffeur (Armand Mestral) emmène la maitresse des lieux Solange (Bella Darvi)aux Folies Bergères où elle se produit comme danseuse légère. Il se retrouve donc dans ce célèbre cabaret, discute avec le directeur (Jean Tissier) et constate les tensions entre les filles. Une ancienne, Clara (Dora Doll), devenue boiteuse suite à un accident qu'elle pense avoir été provoqué, exprime tout son fiel contre Solange la meneuse de revue surtout. Le commissaire s'empresse de la soupçonner. Le thème était intéressant et traiter ce milieu nocturne en 1959 semblait une bonne idée. Mais l'histoire se traine un peu du fait de la nonchalance du commissaire. Ca manque de rythme, tant pis. De plus, peut-être pouvions-nous espérer un peu plus de déshabillages de toutes ces danseuses ?(http://kebekmac.blogspot.com/2016/02/mitry-1959-enigme-aux-folies-bergere.html)

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