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dimanche 26 août 2018

The Intruder

Plutôt surprenant de retrouver Roger Corman derrière un projet pareil, celui à qui l'on doit des Séries B & Z telles que L'attaque des crabes géants (1957) ou encore La Petite Boutique des horreurs (1960), s'essaie cette fois-ci à un brûlot sous la forme d'un drame sociétal & racial. L'action se déroule dans un petit patelin du sud des Etats-Unis au milieu des années 60. A cette époque, le racisme est quelque chose de courant et cela tombe plutôt bien car Adam Cramer (membre d'une organisation d'extrême droite) compte bien profiter des habitants de cette ville pour raviver la flamme raciale et ainsi s'opposer à leur intégration. Et il ne passe pas inaperçu, au sein de cette petite bourgade sans problème, où petit à petit, il parvient à faire naître une haine ségrégationniste jusqu'au point de créer un lynchage contre un innocent noir. The Intruder (1961) nous montre à quel point il facile de manipuler les gens ! Un drame très réaliste au scénario efficace et surtout, un William Shatner tout simplement impressionnant !Film méconnu et pourtant l'un des meilleurs de son auteur, "The Intruder" arrive tout de suite à nous plonger dans un monde cruel et particulièrement réaliste. Corman arrive d'entrée à nous faire pénétrer dans ses petites bourgades racistes et au combiend angereuses, qui n'attendent en réalité qu'un meneur pour allumer le feu. Mais qu'à cela ne tienne : le film se repose aussi et (surtout) sur un scénario bien ficelé et particulièrement efficace, doté par moment de vrais moments de mise en scène. En effet, que dire de ces saisissants travellings qui nous font ressentir l'incroyable tension sur le visage des Noirs, ou encore cette ville qui semble prête à exploser à chaque instant sous n'importe quel prétexte. Enfin, dans le rôle de l'élément perturbateur, William Shatner (mais oui, le futur capitaine Kirk de "Star Trek"!) livre une performance assez éblouissante, et ce jusqu'à un final qui pourra paraitre peu convaincant à certains, mais qui n'en demeure pas moins magistralement menée, et ce jusqu'à l'ultime scène.


                               

Plus qu'une curiosité, "The Intruder" est donc un film à découvrir absolument car il est un plaidoyer antiraciste de superbe facture. Magistral.On a trop souvent associé Roger Corman pour ses productions séries B voire Z mais quand il s'agit de s'emparer d'un sujet brûlant sur le racisme en 1961 (il a dû tourner avec la protection des forces de police !), on ne peut qu'être ébahi par ce film qui n'a rien perdu de sa puissance et ce malgré ces plus de quarante années d'âge. Avec un William Shatner (oui oui le Captaine Kirk) impressionant dans le rôle d'un raciste halluciné qui hargue la population blanche à s'elever contre la communauté noire dans une petite ville du sud. Un chef d'oeuvre recommandé à petit prix chez Bach Films.Pour Roger Corman un bon film doit divertir et faire réfléchir. « The intruder » est bien sa meilleure illustration du propos. Un scénario dramatiquement très bien construit qui s’ingénie à éviter le préchi prêcha simpliste, et réussit in fine à le mettre du cotée des « méchants », des cyniques. Adam Kramer est en même temps une des grandes silhouettes de prêcheurs solitaires et inquiétants (maléfiques ?) qui hantent le cinéma américain. Excellents film et manifeste militant contre l’instinct grégaire mortifère raciste et ceux qui le manipulent. Le spectacle avec une éthique impeccable.De tous les films réalisés par Roger Corman, cinéaste et producteur prolifique, "The Intruder" est sans conteste son œuvre la plus atypique et la plus ouvertement politique. Dans une petite ville du Sud des États-Unis débarque Adam Cramer. Costume blanc impeccable, cheveux gominés, sourire carnassier, il se présente comme un réformateur social.





C'est en vérité un parfait agitateur qui va attiser le racisme déjà bien présent dans cette petite ville. A grands renforts de discours illogiques mais bourrés de ferveur, il convainc les habitants de la ville d'agir contre la déségrégation voyant arriver des élèves Noirs dans leur lycée. En faisant cela, Cramer (dont on ne sait pas si au fond il est vraiment raciste) espère se poser en leader de groupe et semer le trouble. Il a malheureusement sous-estimé le pouvoir d'une foule, qui ne réfléchit pas mais qui agit avec bêtise et sans jamais se contrôler... Brûlot politique violent, appel à la tolérance face à la bêtise du racisme, "The Intruder" a connu de sacrées difficultés de tournage (il faut dire que les autorités locales du Sud n'ont pas vraiment apprécié le discours du film) et n'a pas connu le succès lors de sa sortie en salles, ramenant Corman vers ses adaptations lucratives et somptueuses de Poe. Il est dommage que le cinéaste n'ait pas poursuivi dans cette veine engagée tant il se dégage du film une énergie vive et brûlante, renforcée par la photographie en noir et blanc et les cadrages serrés mettant en avant les trognes et la sueur ainsi que par la prestation fiévreuse de William Shatner dans un rôle trouble. Toujours férocement d'actualité, "The Intruder" brille par sa narration efficace, reposant sur des personnages vite caractérisés et sur une énergie incroyable, véritable dénonciation du racisme assénée comme un coup de poing.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-4679/critiques/spectateurs/)

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