.

.

jeudi 16 août 2018

Nouvelle Vague

Musiques et Chansons de Films - L’utilisation du jazz comme musique de film en France est tout d’abord liée a une dimension documentaire. Le premier exemple « réussi » de musique de film jazz est d’ailleurs le Vampire de Jean Painlevé (1947), traitant des chauves-souris sur un accompagnement de Duke Ellington. D’une manière générale, hormis le cinéma scientifique, il faut signaler que lorsque le jazz est introduit dans les films, il n’a que rarement une fonction de commentaire et a le plus souvent besoin d’un ancrage diégétique, car il est considéré comme un moyen d’expression doté d’une spécificité rythmique et d’un réseau de références sociales. Il est donc le plus souvent « en direct », motivé par l’intrigue. Truffaut est conscient de ce particularisme et considère ce style musical comme inadéquat dans les films, car il brouille les durées. L’improvisation devant l’image est, selon le réalisateur, à proscrire. Il y a en France, après la guerre, un engouement pour le jazz, musique américaine par excellence, qui se retrouve dans nombre de productions filmiques. Les séjours répétés de musiciens noirs en Europe sont à l’origine de dizaines d’apparitions des figures du jazz sur les écrans. Vers la fin des années cinquante, les réalisateurs français se distinguent de leurs confrères américains par leurs goûts assurés en matière de musique afro-américaine (Thelonious Monk, Art Blakey & The Jazz Messengers, etc.). Les États-Unis, quant à eux, continuent à ignorer les jazzmen noirs.La question du style de jazz représenté, qui sera déterminante, est ici étroitement liée aux dispositifs mis en place par les réalisateurs pour les musiciens. Il serait vain de définir le degré de « modernité » des bandes-sonores sans considérer en premier lieu les conditions exactes dans lesquels Miles Davis et Martial Solal composent et interprètent la musique qui leur a été commandée.



                                         

Le choix de Miles Davis pour la bande sonore d’Ascenseur pour l’échafaud est décidé par Louis Malle alors que le film est en cours de montage. Lors une tournée européenne en 1957, le trompettiste donne quelques prestations au Club Saint-Germain. C’est lors d’un de ces concerts parisiens que Malle demande à Marcel Romano, programmateur du club, de l’introduire auprès de Miles, pour solliciter sa participation à la musique du film. Après avoir visionné le film et discuté avec les musiciens qui l’accompagnent pour cette tournée (Barney Wilen, saxophone ténor, René Urtreger, piano, Pierre Michelot, basse et Kenny Clarke, batterie), Miles compose quelques vagues thèmes et grilles d’accords. L’enregistrement a lieu en une nuit, devant les scènes du film projetées en boucle. Comme on l’a souvent souligné, l’improvisation à laquelle se livre le quintet de Miles Davis, dans le cadre de la postsynchronisation d’Ascenseur pour l’échafaud, n’est pas sans ressemblance avec les conditions d’accompagnement musical des films muets. De plus, lorsqu’il est question de cette bande-son, la première notion qui lui est rattachée est celle d’ambiance. Ces conditions évoquent donc plus particulièrement des convictions comme par exemples celles de W. Tyacke George, qui préconisait en 1912 de créer pour les films une atmosphère musicale en rapport avec le sujet.  Le choix de Malle se distingue de la plupart des productions américaines de l’époque, qui préfèrent un jazz symphonique, plus proche de Duke Ellington et moins explicitement noir. En ce qui concerne les films français contemporains, l’exemple du Sait-on jamais ? de Roger Vadim(1957), dont la musique a été écrite par John Lewis – et interprétée par le Modern Jazz Quartet – est souvent cité. Ce dernier a été choisi pour ses qualités de compositeur et non d’improvisateur, comme ce fut le cas de Miles Davis. John Lewis s’inscrit pleinement dans la mouvance du Third Stream, sorte de compromis entre le jazz et la tradition classique occidentale, qui adopte les normes de composition et de formation instrumentale de la musique classique. Le résultat en est donc une bande sonore intimiste, voire psychologisante à mille lieues des racines authentiques de ce style musical.(https://journals.openedition.org/1895/362)

3 commentaires:

  1. https://uptobox.com/qxtly6tfii9s
    https://www.muziekweb.nl/Link/HFX8369/Nouvelle-vague-Chansons-et-musiques-de-films

    RépondreSupprimer