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jeudi 9 août 2018

La Rue de la mort

La Rue de la mort (Side Street) est un film américain réalisé par Anthony Mann, sorti en 1949.
La M.G.M , souvent étiquetée "firme des stars" et reine du mélodrame à cause du goût prononcé de Louis B. Mayer pour ce genre, a pourtant réussi toute une série de films noirs remarquables, dont les titres les plus connus sont "Quand la ville dort" et "Le facteur sonne toujours deux fois". "La rue de la mort" est nettement moins connue, et pâtit sans doute du fait qu'on associe souvent Mann à ses westerns, certes remarquables. Dès les premières images, des plongées remarquables sur New York, on comprend que le film racontera l'histoire d'un pauvre type perdu dans cette grande ville inhumaine. Et en effet, le film décrit la longue descente aux enfers d'un jeune homme qui, pour offrir à sa femme un accouchement dans de meilleurs conditions, décide de voler ce qu'il croit être 200 dollars, mais vole en fait le magot de maître chanteurs de la pire espèces, qui plus est des assassins. Le style sec de Mann permet de suivre cette intrigue avec un intérêt soutenu, et la course poursuite finale dans les rues de New York désertées est remarquablement filmée. La psychologie des personnages est suffisamment fouillée pour sonner juste, ce qui classe ce film noir dans les réussites du genre.
Qui a dit que c’était un film mineur d’Anthony Mann. ? Je trouve personnellement qu’il se tient tout à fait même s’il est un peu moins fort de la « brigade du suicide ». La destinée de ce pauvre bougre qui emmène toute sa petite famille et en particulier sa jeune femme sur le point d’accoucher dans une affaire sordide après avoir volé lors de sa tournée de facteur un magot plus gros qu’il ne l’aurait cru est prenante . Dépassé par les événements il veut rendre l’argent mais entre temps un meurtre a été commis et il sera poursuivi par les tueurs. 



   
          
Heureusement tout se terminera bien. A croire que tous les Mann du monde se sont donnés le mot pour filmer mieux que quiconque les tourments et les affres des grandes villes modernes. Cinquante ans avant Michael Mann, Anthony Mann décrit comme nul autre la grandeur et la solitude des mégalopoles américaines. Rien de tel pour illustrer ce propos que de revoir encore et encore la scène de poursuite finale dans les rues désertées de New York. Un petit chef-d'oeuvre de réalisation ! Dans cet univers démesuré, les êtres humains sont comme des toupies lancées par une main invisible dans un grand jeu de quilles bétonnées. Au milieu de ce chaos, les âmes se perdent, les femmes sont le jouet des hommes sans scrupule et les enfants, victimes des inconséquences des adultes, font ce qu'ils peuvent pour survivre. un très beau film.



                               


Ni bon ni mauvais, cette "Rue de la mort" est l'exemple type de ces séries noires typiques des années 40, se laissant regarder sans déplaisir mais s'oubliant toutefois assez rapidement, d'autant que le grand Anthony Mann est curieusement nettement moins inspiré que d'habitude derrière la caméra, ce dernier ne réussissant jamais à transcender un récit très classique alors que c'est habituellement presque sa marque de fabrique. A noter tout de même quelques bonnes scènes d'actions, mais aussi une voix-off en revanche particulièrement lourde, surtout lorsque celle-ci s'offre le luxe de nous vanter les services de la police face au crime organisé de manière pour le moins appuyée... A voir pour sa culture perso donc, mais rien de plus. (  http://www.allocine.fr/film/fichefilm-51718/critiques/spectateurs/)

 

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