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mercredi 15 août 2018

Ils étaient tous mes fils

La sortie en DVD (exclusivité française !) de « ILS ÉTAIENT TOUS MES FILS » permet de découvrir un film d’une surprenante intensité, dont on ne sort pas tout à fait indemne. Tiré d’une pièce d’Arthur Miller, le scénario est habilement adapté et « aéré », ne trahissant que rarement ses origines théâtrales. C'est une œuvre noire, puissante et implacable sur la responsabilité et l’expiation, qui oblige à ses poser des questions pas toujours plaisantes et trace les limites de l’individualisme et du mythe américain du self-made-man. Accusé d’avoir vendu des pièces défectueuses qui ont causé la mort d’une vingtaine d’aviateurs pendant la WW2, l’industriel Edward G. Robinson a réussi à échapper à la justice en faisant accuser son associé. Mais aujourd'hui, la fille de celui-ci revient dans sa ville natale pour épouser Burt Lancaster, le fils aîné de Robinson, alors qu'elle était fiancée au cadet, disparu en mission. Elle porte avec elle un secret qui va entraîner la chute de son futur beau-père et la fin de son impunité. Le texte est très fort, les personnages ne sont jamais taillés dans la masse. Tout ici est subtil et tient compte des ambiguïtés de l’âme humaine. Ainsi Robinson n’est-il jamais haïssable, puisqu’il ne se rend même pas compte de l’abjection de ses actes. Il pense avoir agi pour le bien de sa famille et tant pis pour les dommages collatéraux. Lancaster lui, a préféré s’aveugler plutôt que d’affronter la vérité sur ce père qu'il idolâtre et auquel il reste soumis comme un enfant mal grandi. Mais le personnage le plus fascinant est encore la mère, magnifiquement incarné par Mady Christians, obnubilée par le retour de ce fils cadet, qui a expié pour « les péchés du père ». Sobrement réalisé, mais dramatisé par une sublime photo de Russell Metty, « ILS ÉTAIENT TOUS MES FILS » est prenant du début à la fin, ne dévie jamais de son thème et fonce vers sa fin inéluctable comme un train dans la nuit. Et l’interprétation, jusqu'au plus petit rôle est sans faille. À découvrir.(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-il-etaient-tous-mes-fils-86079050.html).


                 

Le film est adapté d'une pièce à succès de l'époque signé par le célèbre Arthur Miller. L'origine théâtral se laisse d'ailleurs aisément deviné par le sérieux du sujet (un fils apprend que son père a sans doute vendu du matériel détérioré à l'armée pendant la guerre) et par un certain statisme dans le déroulement de l'action. Edward G. Robinson domine la distribution; son interprétation est puissante. Burt Lancaster, en début de carrière, lui donne la réplique et est aussi très bon. La photo signée Russell Metty (qui travailla beaucoup avec Douglas Sirk dans les années 50) est un des points intéressants du film. En résumé, malgré une certaine lourdeur du à sa théâtralité et à son envie trop évidente de démontrer, un film qui se laisse bien voir. Ce film est un hymne à la nostalgie d'une époque; d'un temps où les hommes sujets à des turpitudes existaient certes, mais se trouvaient un jour démlasqués et sanctionnés par des êtres demeurés purs. Un temps où la morale avait encore ses droits.






Par mon âge, j'ai été un contemporain de la sortie du film aux USA où il a mobilisé les foules; probablement du fait de la proximité de la seconde guerre mondiale.

Joe Keller, un petit industriel de l'Illinois, a travaillé pendant la guerre pour l'armement. Des cylindres d'avion défectueux ont été livrés par son usine. Vingt et un pilotes sont morts. L'enquête a conclu à la responsabilité de son associé, Herbert Deaver, qui a été arrêté et condamné. L'un des fils de Joe, Laurent, est mort dans une mission. Le second, Christophe, retour de guerre, veut épouser la fiancée de Laurent, Annie, la fille de Deaver...

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