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samedi 14 juillet 2018

Queimada

Un film à redécouvrir de toute urgence ! Brando en fait dans ses mémoires un de ses films les plus réussis. (alors qu'il n'hésite pas à flinguer la plupart de ses films. ) Pontecorvo, le réalisateur de la bataille d'Alger nous livre une très intéressante et brillante réflexion sur le colonialisme et sur la manière d'en sortir. Son film évite tout manichéisme, et devient encore plus intéressant dès lors que José dolores renverse le dictateur en place et se confronte à la dureté du pouvoir politique et la difficulté à changer les choses de son pays. L'autre personnage interprété par Brando est plein des contradictions des pays qui colonisent avec aussi une très belle descrition des intérêts économiques en jeu dans la colonisation avec le rôle on pourrait dire des multinationales qui ont là intérêt à soutenir des dictatures. C'est magnifique, Brando est grand presque comme jamais. Enfin, le film se situe dans un lieu imaginaire qui donne encore plus de force à l'histoire qui devient une métaphore du colonialisme en général. Le plus grand film sur la colonisation !Le duel William Walker (Marlon Brando) Jose Dolores (Evaristo Márquez) est grandiose. ""Le souffle de l'histoire Tourné par Gillo Pontecorvo alors que la guerre du Vietnam fait rage, Queimada est une flamboyante charge contre le colonialisme, embrasée deux fois en deux heures par la guerre et la révolution. Car le régime aux ordres des Anglais mis sur pied par William Walker, allusion transparente aux gouvernements fantoches qui se succèdent à Saïgon, est renversé à son tour. Et Walker, qui fut l'allié des révolutionnaires, revient sur l'île pour mater cette nouvelle rébellion. "Queimada" signifie d'ailleurs "brûlé !" en portugais. Anticolonialiste ardent, le réalisateur de La bataille d'Alger (1965) insuffle le sens de l'histoire à ses fresques cinématographiques, et il sait éviter le manichéisme: "Loin de faire de sir William un mauvais clown, il campe brillamment un personnage envoûtant (...) Et son regard sait merveilleusement restituer toute la laideur de la violence. Ses batailles, assassinats, coups d'État et incendies successifs ne sont jamais empreints de gloriole, mais (...) tragiques et écoeurants", écrivait le Washington Post l'an dernier, à l'occasion de la sortie d'une version restaurée du film aux États-Unis."" (cit).




Malgré quelques lourdeurs dans la mise en scène ce film de Gillo Pontecorvo bénéficie d'un excellant scénario qui nous questionne de manière pertinente sur l'après-colonialisme et l'autre forme d'oppression qui s'en est suivi, plus sournoise, mais tout aussi destructrice. Il y a également pas mal de scènes poignantes, comme au début avec la femme qui doit aller chercher la dépouille de son mari à qui on venait de couper la tête et qui n'a que pour seul aide, leurs jeunes enfants d'à peine une dizaine d'années. Brando joue un personnage à la fois détestable et charismatique qui a pour mission de trouver un chef capable de provoquer la rébellion du peuple pour qu'ensuite l'armée anglaise utilisent ce prétexte pour les anéantir par après. J'ai rarement vu une performance aussi fascinante, tant elle est intelligente et contrastée à la fois. Le nombre de choses qu'il est capable de suggérer tout en jouant, il n'y a que lui qui était capable de le faire. Je pense notamment à cette scène à la fin lorsqu'il propose de libérer son prisonnier sur le point d'être pendu et que celui-ci lui rétorque une réplique qui fait mouche "ma liberté ce n'est pas à vous de me la donner", la réaction qu'il a dans cette scène en dit plus long que les mots sur un homme découvrant sa dépendance aux yeux de celui qu'il jugeait comme inférieur.




Et si vous vous êtes un jour demandé lequel de ses films Marlon disait être le plus fier, c'était Queimada.Pontecorvo signe avec Queimada un film moins marquant que La Bataille d’Alger c’est néanmoins un beau moment de cinéma ; le film débute avec un générique très proche des westerns de Leone avec des coups de feux qui projettent une giclée de sang sur l’écran (d’ailleurs soit dit en passant le générique est composé de photos tirés du film mais plusieurs de ses scènes nous ne les verrons pas durant le film) de plus la musique est signée Morricone, il nous compose encore un joli morceau qui permettra d’intensifier les instants forts de l’histoire. Marlon Brando incarne avec beaucoup de charisme un aventurier nonchalant à la solde de l’Angleterre pour faire bouger les choses sur une petite île des Antilles possédée par les Portugais, il va se lier d’amitié et avoir de l’estime pour un noir qui va pousser l’île à la révolte. Queimada instaure une réflexion simple mais juste, toujours d’actualité car si l’île parvient à acquérir l’indépendance, la réalité reprend ses droits sur l’utopie et tout redevient comme avant. Il manque à la mise en scène la dimension nécessaire à une telle œuvre mais Queimada reste un film méconnu à découvrir.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-14313/critiques/spectateurs/star-4/)

4 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?gqhj3t7fw42e5bwfhf9u

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  2. La version française est "cut". S'il y a un courageux pour faire un "repack uncut", j'ai ce qu'il faut, mais attention il y a du boulot !

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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