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mardi 24 juillet 2018

La glorieuse aventure

On ne change pas une équipe qui gagne. Partant de ce principe, Henry Hathaway retrouve Gary Cooper quatre ans après son chef-d’œuvre « LES TROIS LANCIERS DU BENGALE », pour une transposition de la même histoire (ou presque) resituée dans les Philippines. Ce qui n’empêche d'ailleurs pas d’utiliser le même stratagème pour effrayer les méchants indigènes : les enterrer dans une peau de cochon ! On ne change pas non plus une recette qui marche… « LA GLORIEUSE AVENTURE » ne retrouve jamais la candeur, la grandeur et les bouffées d’enthousiasme qui portaient le précédent opus, mais fonctionne bien par intermittence et offre à ‘Coop’ un rôle bien dans ses cordes de défenseur des « petites gens » (les ‘filipinos’ cette fois) face à l’oppression et à l’obscurantisme. Mi-soldat mi-médecin, il fait le coup de feu avec son panache habituel, mais trouve le temps d’enfiler sa blouse blanche, d’effectuer des recherches de vaccins et même de séduire la jeune première. Sacré ‘Coop’ ! À ses côtés, jouant les autres « lanciers des Phillipines », David Niven égal à lui-même et un tout jeune Broderick Crawford en sergent amoureux des orchidées. Vladimir Sokoloff est particulièrement infâme en traître infiltré. Bon, à voir avec les yeux d’aujourd'hui, cela peut sembler quelque peu raciste et paternaliste, mais pour l’époque, « LA GLORIEUSE AVENTURE » est une jolie réussite, truffée de belles séquences d’action, de batailles parfaitement réglées et de personnages bien dessinés. Son seul vrai tort est d’arriver après son aîné du Bengale…(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-la-glorieuse-aventure-1939-65197158.html)





Depuis 1926, Samuel Goldwyn produit chaque année de façon indépendante une petite poignée de films qu’il fait distribuer par la United Artist. S’attachant le service d’artistes prestigieux, quand il ne les débauche pas temporairement des studios où ils sont sous contrat, choisissant souvent des thèmes ambitieux et se donnant les moyens de les mettre en valeur, ses films sont d’excellente facture pour la plupart. En 1939, Goldwyn produit quatre films parmi lesquels on trouve « Les hauts de Hurlevent », incontournable drame de William Wyler, et cette « Glorieuse aventure ». Gary Cooper est sous contrat à la Paramount lorsqu’il vient travailler pour Goldwyn. C’est la cinquième fois qu’il collabore avec lui et à cette occasion est accompagné de celui qui peut être considéré comme son mentor, tant il a joué de films sous sa direction, Henry Hathaway. Le réalisateur, qui n’a jamais travaillé pour Goldwyn, est à un tournant de sa carrière puisqu’il vient de quitter la Paramount où il a fait ses premières armes, et se prépare à entrer à la Fox où il mettra en scène une quantité non négligeable de chefs-d’œuvre - dont « Le jardin du diable » où il s’attachera une ultime fois les services de Cooper. La présence des deux hommes ici, ainsi que le thème colonialiste du film et ce trio de soldats liés par une indéfectible amitié, ne peut manquer de rappeler « Les trois lanciers du Bengale », l’un des plus beaux films d’aventures de la décennie sorti quatre ans auparavant. Goldwyn pensa très certainement à ce film lorsqu’il entrepris de produire « La glorieuse aventure ». 




Aux artistes qui contribuèrent pour une grande part au succès des « Trois lanciers », (Hathaway et Cooper), il adjoignit des scénaristes et un chef opérateur de tout premier plan, mais hélas cela n’y suffit pas : assez curieusement, « La glorieuse aventure » ne demeure malgré tout qu’un agréable et plaisant film d’aventures. Comme souvent lorsqu’il est dirigé par Hathaway, Cooper, dans un rôle de médecin aux méthodes peu orthodoxes, est magnifique. Or, il demeure bien seul au milieu de cette distribution sans panache à peine rehaussée par la présence de David Niven. (En la personne d’Andrea Leeds, Goldwyn fait une nouvelle fois l’erreur d’imposer une actrice dépourvue de grâce et de photogénie). Honteusement similaire aux « Trois Lanciers », l’histoire très conventionnelle n’offre aucune surprise. (L’intrigue va jusqu’à reprendre l’idée de la peau de cochon comme moyen pour faire parler un musulman.) De même, dans la longue scène d’action à la fin du film, parfaitement réalisée au demeurant, Hathaway ne parvient pas à retrouver le souffle épique des « Trois lanciers ». Comme souvent dans les productions de Goldwyn on se sent à l’étroit dans des décors parfaitement reconstitués mais trop réduits et pas suffisamment nombreux. Ajoutons enfin que la musique, réduite le plus souvent à un insipide ronronnement, manque de panache, surtout dans les scènes clefs du film.http://www.hollywood33.fr/Fiche.php?identifiant=2098&titre=LA%20GLORIEUSE%20AVENTURE)

8 commentaires:

  1. Excellent !
    Gary Cooper fut mon premier héros du cinéma quand j'étais drôle et que je regardais les westerns avec mon grand-père
    merci !

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  2. Hathaway - Cooper - Niven ? Et que je ne connais pas ?
    Je prends, merci !

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