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vendredi 6 juillet 2018

Aux postes de combat

En pleine Guerre froide, un journaliste (Sidney Poitier) est héliporté à bord d’un destroyer de Marine américaine au large du Groenland pour un reportage. Son capitaine (Richard Widmark) traque un insaisissable sous-marin soviétique qu’il soupçonne de violer les eaux territoriales de l’OTAN… Producteur de films de Stanley Kubrick, l’américain James B. Harris n’a que peu tourné lui-même. The Bedford Incident est sa première réalisation. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Mark Rascovich, un suspense basé sur le jeu du chat et de la souris, mêlé d’un zeste de folie obsessionnelle qui pourrait le rapprocher de Dr Folamour. On retrouve en effet cette crainte de l’emballement dans l’équilibre de la terreur où le moindre faux-pas peut provoquer un cataclysme nucléaire. La tension monte constamment, bien entretenue par le personnage du commandant jusqu’au-boutiste auquel Richard Widmark (qui est aussi producteur) donne chair. Il s’agit d’une production britannique, avec des capitaux américains : les moyens sont visiblement limités, on le ressent dans les scènes d’extérieur (icebergs et maquettes) sans que cela n’entrave sa force. The Bedford Incident n’eut que peu de succès et reste assez méconnu aujourd’hui. Il mérite mieux que cela.Remarques : * James B. Harris a produit The Killing, Paths of Glory et Lolita mais a cessé son partenariat avec Kubrick avant Dr. Folamour. Certaines sources le créditent d’avoir participé à l’écriture de ce dernier mais rien n’est moins sûr. * The Bedford Incident n’est pas basé sur des faits réels mais on sait depuis l’ouverture des archives soviétiques qu’un incident presque similaire a eu lieu. En octobre 1962 (donc avant la crise de Cuba), un sous-marin soviétique a été pris en chasse par un destroyer américain. Ce dernier, ignorant la présence d’armes nucléaires dans le sous-marin, a utilisé des charges explosives pour forcer le forcer à faire surface. Pensant qu’une 3e guerre mondiale avait éclaté, le capitaine soviétique voulut répliquer mais, fort heureusement, fut empêché par le commandant de la flotte qui se trouvait exceptionnellement à bord.(http://films.blog.lemonde.fr/2018/04/02/aux-postes-de-combat/)


                 


Faux film de guerre mais véritable suspense réalisé par James B. Harris. Le scénario tend vers un certain réalisme avec la vie dans un bateau de la Navy durant la Guerre Froide, pas de coups de théâtre téléphonés ou bien de scènes d'actions, par contre les personnages sont plus classique avec le capitaine peau-de-vache faisant de l'excès de zèle, le civil pacifiste et même les techniciens mît sous pression. On peut même voir à la limite ce film comme une allégorie du conflit avec ses provocations, ses attentes et ses peurs des conséquences. La fin est intéressante car d'un pessimisme qui était hypothétique à l'époque de la sortie.Du bon cinéma de guerre, impeccable de bout en bout. Les acteurs sont excellents, à l'image du toujours génial Richard Widmark, sans oublier Sidney Poitier et Martin Balsam. De plus, le thème, particulièrement intéressant, est bien traité et l'ensemble inquiétant, bien rendu par un huit-clos oppressant. Pourtant, le film ne captive pas toujours et malgré une mise en scène soignée, il manque peut-être cette étincelle, un moment vraiment captivant qui aurait permis à l'œuvre d'être une réussite totale, si ce n'est un dénouement assez intense. À découvrir, néanmoins.


                

Le film se démarque des habituels films de propagande américain et montre la vérité sur le jeu dangereux auxquels se livraient russes et américains. Une réalisation soignée avec les petits détails qui vont biens, un bon suspense (du moins si on n'a pas lu le synopsys), un Richard Widmark impeccable de froideur par contre Sidney Poitier ne ramasse que les miettes vu que le scénario n'a pas réussi à exploiter les réactions des différents personnages.On retrouve dans ce film le binôme Widmark-Poiter qui fonctionne très bien comme dans La porte s'ouvre. On a affaire à un capitaine de vaisseau engagé, têtu et prêt à tout pour défende son pays contre la menace rouge, et à un jeune journaliste plutôt ambitieux, qui a plaisir à être sur le terrain et à poser les questions qui fâchent. Ce duo, auquel viennent se greffer un nouveau médecin qui n'a rien à faire et un ancien de l'armée allemande, reconverti en expert et conseiller du commandant, va se livrer à une sorte de bataille psychologique, un huis clos presque au sein de ce bateau. Il ne faut pas oublier de citer J McArthur, futur vedette de Hawaï Police d'état, qui joue le rôle d'une jeune officier, constamment bafoué par Widmark, qui va avoir le destin du vaisseau entre ses mains. Ce film dénonce très bien la guerre froide, la tension entre les 2 puissances, les petits jeu du chat et de la souris, qui peuvent mener aux pires bêtises. La dissuasion ne fonctionne pas toujours. Le film en lui même a vieilli, les décors extérieurs sont assez peu réalistes mais c'est aussi ce qui donne son charme à ce film.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-45138/critiques/spectateurs/recentes/)

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