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lundi 9 juillet 2018

Appel d'un inconnu

Appel d'un inconnu (Phone Call from a Stranger) est un film américain réalisé par Jean Negulesco sorti en 1952.Excellent peintre et décorateur, Jean Negulesco est né en 1900. Il vient à New York en 1927 pour une exposition et y reste pour faire du cinéma. Engagé par la Warner et tourne son premier film en 1941, Singapore Woman. Il lance le couple Peter Lorre-Sydney Greenstreet en 1944 dans le Masque de Dimitrios, un fascinant thriller qui raconte l'histoire d'un écrivain minable à la recherche d'un escroc génial, Dimitrios, que tout le monde croit mort. Il tournera encore deux fois avec le duo Peter Lorre-Sydney Greenstreet, d'abord en 1945 dans les Conspirateurs, puis en 1947 dans Humoresque, avec John Garfield et Joan Crawford. Quand Negulesco passe à la Fox, il signe aussi des films de qualité, comme la Femme aux cigarettes avec deux compositions remarquables de Richard Widmark et d'Ida Lupino et Comment épouser un milliardaire avec Marilyn Monroe. Sans oublier Johnny Belinda, un mélo sadique sur le meurtre d'une sourde-muette, un remake tardif (1955) de la Mousson, et une curieuse comédie musicale avec Fred Astaire et Leslie Caron, Daddy Long Legs. Appel d'un inconnu (Phone Call From a Stranger) est en 1952 l'illustration d'un scénario très bizarre. Pendant une moitié du film, on assiste au voyage d'un homme, interprété par Gary Merrill, qui vient de quitter sa femme parce qu'elle l'avait trompé avec des inconnus qu'il rencontre dans l'avion, Shelley Winters qui joue une chanteuse ratée, Michael Rennie dans le rôle d'un médecin alcoolique et Keenan Wynn en représentant de commerce enjoué. L'avion s'écrase et Michael Rennie est le seul survivant. Il téléphone à la famille des trois victimes et découvre leur passé. Le fils de Michael Rennie s'est enfui et accuse sa mère d'avoir chassé son père. La belle-mère de Shelley Winters, une chanteuse, essaye de séparer sa belle-fille de son fils. Enfin, la femme de Keenan Wyn est une invalide jouée par Bette Davis.





C'est le plus bel épisode d'un film inégal et littéraire. L'avocat David Trask quitte sa femme et ses deux filles (pour une raison qui ne sera dévoilée qu'à la fin du film). Il se rend à l'aéroport mais le vol pour Los Angeles est retardé en raison du mauvais temps. Au restaurant de l’aéroport, il fait la connaissance d'autres passagers du même vol : le docteur Robert Fortness, qui boit pour oublier qu'il a causé la mort de plusieurs personnes dans un accident de voiture ; Binky Gay, une femme qui espère devenir actrice et qui ne s'entend plus avec son mari, et Eddie Hoke, un commis voyageur blagueur et farceur qui exhibe fièrement la photo de sa pulpeuse femme. Les passagers embarquent dans l'avion ; un orage contraint le pilote à se poser en cours de route. Pendant les quelques heures d'attente, les quatre passagers poursuivent leur conversation. Ils échangent leur numéro de téléphone et leur carte de visite avec l'idée de se revoir un jour à Los Angeles. Les passagers reprennent l'avion, mais l'appareil s'écrase : seuls trois personnes ont survécu, dont David Trask. Les trois autres connaissances sont morts. Trask décide d'aller rendre visite aux conjoints de ses compagnons de voyage décédés...Il est agréable de temps en temps, de tomber sur un film qui déjoue les pronostics, esquive les clichés et parvient à surprendre. « APPEL D’UN INCONNU » démarre comme un film atastrophe : quatre passagers d’un vol de nuit sympathisent à la suite d’une avanie et échangent leurs coordonnées.




Après l'inévitable crash, le survivant (Gary Merrill) décide de rendre visite aux familles de ses infortunés compagnons. On s’attend à un mélo, voire à un suspense avec usurpation d’identité et… pas du tout ! L'homme devient une sorte d’ange-gardien qui va solder les comptes des défunts. Le scénario est malin, les tonalités sensiblement différentes, le « sketch » de Shelley Winters jouant une strip-teaseuse se permet même des flash-backs « menteurs » très étonnants et drôles. Evelyn Varden s’y montre d'ailleurs extraordinaire en vieille chanteuse acariâtre et castratrice. Les personnages sont parfaitement dessinés, leurs relations crédibles et même touchantes et le casting est impeccable : outre Merrill étonnamment intense, Keenan Wynn est excellent en VRP « beauf » et insupportable, qui s’avère finalement cacher des trésors d’humanité, Michael Rennie est un médecin alcoolique rongé par le remords, Beatrice Straight prête son visage tourmenté au rôle de sa femme et miss Winters a rarement été plus sympathique que dans ce personnage sincère et émouvant. Bette Davis (Mme Merrill à la ville) apparaît dans le dernier segment, dans un contremploi pour le moins déconcertant : elle est la femme paralysée du VRP, un ange de douceur et d’altruisme !« APPEL D’UN INCONNU » est un joli film modeste et intelligent, techniquement bien maîtrisé (même l’accident d’avion n’est pas ridicule) et laissant s’épanouir un beau cast de formidables comédiens.(http://wild-wild-western.over-blog.com/article-appel-d-un-inconnu-1952-112531343.html)  

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