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lundi 25 juin 2018

Tire encore si tu peux

Un western qui traîne une réputation d'oeuvre violente et putride. Disons le tout net, il n'en est rien, ou si peu. Si j'osais, je dirai que bien que moins gore, "Django" de Corbucci le surpasse en matière d'ambiance sale. A mon sens, là où "Tire encore si tu peux" gagne des galons, c'est en développant tout un axe fantastique, voire une certaine idée du gothique. Cimetière profané, femme séquestrée, incendie final et bien sûr le personnage principal, qui erre, fantomatique, dans une sorte de villle-purgatoire, devant ici et là venir en aide comme pour sauver son âme. Un personnage que les balles semblent éviter, que l'on voit sortir de terre dès le début du film, et en proie à des flash-back ainsi qu'à une irrépressible envie de se laver les mains.Retitré aux Etats-Unis "Django Kill", ce qui est ridicule, le perso principal n'ayant pas de nom (ni de mitraillette), Tire Encore Si Tu Peux n'a pas grand chose à voir avec le personnage de Corbucci. En revanche, on pourrait voir dans ce western une sorte d'ancêtre à "Keoma". Comme "Keoma", le héros de Tire Encore... est un métis en proie au racisme. Un personnage qui comme "Keoma" sera supplicié par la croix. "Tire Encore si Tu Peux" a déchaîné les foudres de la censure. Sorti en 1967, il surpassait déjà les excès graphiques de "Django". C'est un western qui nous montre l'homme dans sa phase la plus bestiale. Le premier quart du film donne le ton. Arrivé dans une petite ville, une petite bande de hors-la-loi se fera littéralement massacrer et lynchée par les habitants, eux-même proclamant justice et se réclamant de la volonté de Dieu.La suite du film est à l'avenant. Un scalp à la Maniac. 


   


Quelques scènes déviantes comme le viol d'un adolescent par une troupe de pistoleros homosexuels. Un mourant, littéralement déchiqueté par les badauds, à la recherche des balles d'or qui lui truffent la peau, quelques secondes cruelles où le western spaghetti semble soudain devenir un improbable précurseur du film de cannibale. Mais ce qui fit le plus jaser, c'est sans doute cette homosexualité qui parsème le film. Du jamais vu pour l'époque. Quelques dialogues ambigus, un desperado arborant une boucle d'oreille et du rouge à lèvres, un personnage principal se promenant en gilet de cuir sur torse nu (à la Lorenzo Lamas) jusqu'à cette troupe de mercenaires, vêtus de chemises de Carnaval qui ont tôt fait de violenter le Ray Lovelock, campant ici un jeune homme un peu efféminé au beau regard bleu. Mais qu'on ne s'y méprenne pas. Au final, "Tire Encore Si Tu Peux" est un film plus psychologique qu'autre chose, il y a assez peu de combats ou de duels et le rythme est assez feutré, étrange. Un western à ambiance, soutenu par une musique lourde et difficile à cerner. Un film à voir en sachant à quoi s'attendre. Dans tous les cas, un très bon titre.(https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/768-tire-encore-si-tu-peux).





Film maudit à l’époque de sa sortie, victime de la censure qui tailla dans les débordements sadiques et sexuels de ses images, le western de Giulio Questi est devenu au moment de la redécouverte du cinéma bis transalpin un objet de culte, adulé par les amateurs de pellicules déviantes. Tire encore si tu peux est l’avatar monstrueux et westernien de la modernité italienne, dans la lignée des films de Tinto Brass et Bernardo Bertolucci, eux-mêmes sous l’influence croisée de Godard et d’Antonioni. Le rapprochement n’est pas fortuit puisque Brass, Bertolucci et Questi partagent alors le même scénariste et monteur, Franco Arcalli surnommé Kim Arcalli, personnage assez génial qui aura une influence artistique et intellectuelle souterraine et néanmoins déterminante sur tout un pan du cinéma moderne italien jusqu’à son décès prématuré en 1978.C’est peut-être le western psychédélique ultime – du moins le plus réussi – qui pousse à leur paroxysme la transgression, la distorsion voire la destruction non seulement des figures du genre, mais aussi de la narration classique. Un métis bisexuel (Tomas Milian, héraut prolétaire des westerns de Sollima – photo en tête de texte), trahi et enterré vivant par ses complices, débarque dans une ville pourrie où deux clans se disputent de l’or volé. Tire encore si tu peux n’est pas le seul western italien à lorgner vers le film d’horreur, mais ce résumé ne donne qu’une faible idée du vent de démence qui souffle sur le film, véritablement possédé par la mauvaise pulsion (torture, viol collectif homosexuel, inserts gore) et le fétichisme.  (https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2016/12/05/tire-peux-de-giulio-questi/)

5 commentaires:

  1. Merci et pour l'excellente fiche et pour le film.

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  2. Je ne pense pas trop à venir voir ce blog et c'est bien dommage , les fiches y sont excellentes , le design magnifique et le choix éditorial tout à fait à mon goût

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    1. Merci Marcel, un peu d'encouragement fait bien plaisir , à bientot,donc ...

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