.

.

dimanche 17 juin 2018

The Manchurian Candidate

Un Crime Dans La Tête - John Frankenheimer commença sa carrière dès les débuts de la télévision américaine en 1954 et dirigea plus de 150 shows télévisés avant de passer au cinéma en 1961. On peut constater que son style visuel est à son apogée dès ses premières oeuvres cinématographiques ; il avait eu largement l’occasion d’expérimenter le travail sur la caméra et les différents objectifs de même que le montage durant les 7 années passées à la télévision. La qualité majeure de son cinéma est de prendre le spectateur aux tripes à l’aide d’images fortes et souvent indélébiles, imposant sa propre vision du sujet comme une évidence indiscutable. Il ne craint pas de choquer ou de provoquer des réactions violentes dans son public et ce quel que soit le type d’oeuvres qu’il réalise (petites ou grosses production). Pour se faire, sa mise en scène est toujours le fruit d’un énorme travail au cours duquel il met sur pied des structures complexes aux mouvements de caméra audacieux et jamais gratuits, ce qui associé à sa connaissance du montage lui permet de surprendre et d’accrocher le spectateur comme peu de réalisateurs en sont capables. On dénote chez lui une prédilection pour les sujets difficiles et psychologiquement fouillés, les intrigues torturées, qui sont la preuve d’une grande ambition. Il est donc aisé d’isoler dans sa longue filmographie le thème récurrent d’un monde cruel qui induit une confusion mentale, souvent sévère, chez les héros qui se révèlent le plus souvent être des inadaptés sociaux. La virulente dénonciation critique de l’inhumanité et de l’âpreté du fonctionnement de notre société moderne et de ses dirigeants (folie et paranoïa) est au centre de son univers. Un pessimisme justifié et un sens de l’absurde ravageur hantent son œuvre et l’aspect dérangeant qui en résulte peut expliquer en partie le succès mitigé de la plupart de ses films, le grand public n’aimant généralement pas trop être bousculé et ébranlé dans ses certitudes.Il en résulte un style précis, flamboyant et très travaillé, mais également une thématique évoluée et passionnante ainsi qu’une conscience sociale élevée. Pourtant l’oeuvre de Frankenheimer est toujours largement sous-estimée en France alors qu’il possède de façon évidente les qualités des plus grands cinéastes.


   

Si ses meilleures réalisations n’atteignent peut-être pas la "perfection" des plus grands chefs-d’oeuvre du fait de leur énergie et de la fougue qui le conduisent à être parfois excessif voire grandiloquent, on ne peut certainement pas le taxer d’académisme, loin de là.. Malgré leurs petits défauts, ses films les plus passionnants démontrent en effet sa capacité à être en avance sur son temps et ce aussi bien au niveau de la mise en scène que des thèmes abordés et de leur traitement. Toutefois, il faut bien avouer qu’après 1970, la qualité de ses oeuvres connut une baisse significative due à un alcoolisme sévère qui gâcha sa vie et son travail dans des proportions dramatiques. Une réhabilitation s’impose donc comme une nécessité afin de faire découvrir ce grand artiste à tous les spectateurs qui sont malheureusement passés à côté de la richesse, de la subtilité et de la puissance de ses plus grandes réussites : The Birdman of Alcatraz, The Manchurian Candidate, Seven Days in May, The Train, Seconds, The Fixer, The Gypsy Moth et I Walk The Line.


                 

Le thème central de The Manchurian Candidate est une réflexion sur le "contrôle" que son scénariste George Axelrod a tiré du roman éponyme de Richard Condon et que John Frankenheimer a su amplifier par le biais d’un mise en scène éblouissante. Cette réflexion est élargie à ses conséquences et moyens de contrôle que sont le pouvoir, les manipulations qui en découlent et la peur générée chez les victimes. Le scénario d’Axelrod est vraiment remarquable en ce sens qu’il ne craint pas de dénoncer le fait que les médias cherchent par tous les moyens à contrôler nos pensées. Mrs Iselin est à ce titre le personnage phare de cette démonstration de lavage de cerveau que subissaient en permanence les citoyens de l’époque, qui n’avaient pas eu le temps de prendre la mesure de la puissance mystificatrice des médias. Elle régente la vie affective de son fils, détruit son équilibre mental et elle manoeuvre l’opinion publique par l’intermédiaire de son époux le Sénateur Iselin. Les personnages de Raymond et de Marco expriment parfaitement l’angoisse générée par le fait d’être soumis à la volonté d’une tierce personne contre son gré. Cet aspect du film souligne également de façon irréfutable la crainte que suscitait chez bon nombre d’Américains ce que l’on a coutume d’appeler le McCarthysme. En 1959, le fait d’être catalogué communiste signait presque votre arrêt de mort sociale.(http://www.dvdclassik.com/critique/un-crime-dans-la-tete-frankenheimer)

5 commentaires:

  1. https://uptobox.com/dsct84vsxer1
    zik : https://uptobox.com/6jptgk3dh1iw

    RépondreSupprimer
  2. Voila un film qui me fait bien plaisir de revoir. Toujours une excellente sélection sur votre blog. Bravo! Merci pour ce partage et bonne continuation.

    RépondreSupprimer
  3. Toujours un plaisir de voir en forme, de déborder de passion pour le partage d'oeuvres de qualité et de nous donner envie de découvrir certains auteurs !

    Encore et toujours, bravo !

    RépondreSupprimer