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jeudi 28 juin 2018

The Deadly Mantis

Inspiré par le KING KONG original et le spectre des armes atomiques, LE MONSTRE DES TEMPS PERDUS va lancer une vague de créatures géantes sur les écrans des cinémas durant les années 50. Le film d'Eugène Lourié sera ainsi très vite suivi par GODZILLA et DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE. Sous l'impulsion de Jack Arnold, le studio Universal se lance dans la mêlée et propose TARANTULA. Le même studio tentera de nouveau une série B à base d'insecte géant avec THE DEADLY MANTIS plus connu en France sous le titre LA CHOSE SURGIT DES TENEBRES. Le producteur de TARANTULA, William Alland, griffonne rapidement un concept qui sera ensuite rédigée sous la forme d'un scénario par Martin Berkeley. William Alland engage alors Nathan Juran pour diriger le film. Le réalisateur s'est déjà forgé la réputation d'un artisan de la série B sans compter que William Alland le connaît déjà puisqu'ils ont travaillé ensemble sur LE MYSTERE DU CHATEAU NOIR ! THE DEADLY MANTIS est à l'évidence une petite production montée simplement dans l'optique de profiter de la mode du moment. D'ailleurs, à l'époque, celle qui avait joué dans TARANTULA trouve le scénario ridicule et si Mara Corday est pressentie pour tenir le premier rôle féminin de THE DEADLY MANTIS, elle sera finalement écartée à son grand soulagement et on la verra pourtant la même année dans deux films du même genre : LE SCORPION NOIR et THE GIANT CLAW. Les moyens mis en œuvre dans THE DEADLY MANTIS semblent très réduit. Cela se ressenti par l'utilisation intensive d'images d'archives. Cela permet à la production de mettre à l'écran des installations militaires ou des avions supersoniques mais aussi des plans de la banquise ou encore une tranche de vie des esquimaux. Le talent de Nathan Juran est donc mis à profit pour imbriquer les morceaux de films piochés dans une banque d'images avec des séquences tournées pour l'occasion. Et cela fonctionne le plus souvent même si l'on peut noter régulièrement des différences de qualité d'images trahissant les sources différentes. Cette utilisation importante d'images déjà tournées donne ainsi à THE DEADLY MANTIS un ton documentaire que Nathan Juran accentue dans la première partie de son film.


                  


Néanmoins, si l'intention est là, THE DEADLY MANTIS a tout de même un peu de mal à faire oublier ses prédécesseurs. Car le métrage pioche son point de départ dans LE MONSTRE DES TEMPS PERDUS même s'il n'est fait aucunement allusion à l'arme atomique. Ainsi, un événement va dégeler une créature préhistorique coincée jusque là dans les glaces arctiques comme dans le film d'Eugène Lourié. Par la suite, le métrage va prendre le parti de suivre la même structure que DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE et TARANTULA. Les personnages principaux vont enquêter sur des disparitions mystérieuses, la créature sera laissée hors champ lors de ses différentes attaques dans la première partie du métrage pour ne lui donner qu'un son caractéristique annonçant son arrivée. Même la fin de THE DEADLY MANTIS rappelle furieusement le dernier affrontement entre l'armée et les fourmis géantes du film DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE. Hormis le fait de mettre en scène une mante religieuse de taille très imposante, THE DEADLY MANTIS n'a pas une once d'originalité. Le film se montre d'ailleurs assez bavard et statique dès qu'il met en scène des comédiens. Il y a ainsi un contraste assez marqué entre les séquences où l'armée affronte la créature et les tergiversations en intérieur des différents protagonistes. D'ailleurs, ces derniers n'ont pas un énorme impact sur le déroulement de l'histoire en dehors de l'épilogue. 



  

Pour preuve, lors d'une séquence, le paléontologue s'attelle au calcul de la taille de la créature grâce au seul indice dont il dispose. Un moment involontairement comique puisque l'on voit par la fenêtre de la même pièce la créature. Celle-ci nous refait le coup de KING KONG, dans sa version originale, en épiant l'actrice principale. Le calcul de la taille de la créature n'a donc plus aucun intérêt puisque les héros de THE DEADLY MANTIS pourront l'apprécier de visu dans les secondes qui suivent. On sera aussi surpris par le traitement humoristique du film lorsque l'héroïne débarque dans une base arctique de l'armée américaine. Des passages qui tranchent radicalement avec l'aspect très documentaire que le film suivait jusque là. Reste que le seul véritable intérêt de THE DEADLY MANTIS, c'est avant tout sa créature. Contrairement à KING KONG ou encore A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LA TERRE que Nathan Juran réalisera la même année, la bestiole de THE DEADLY MANTIS n'est pas animée image par image. Le film opte pour des marionnettes qui s'avèrent plutôt crédibles. Tout du moins en ce qui concerne les séquences au sol car lorsque la mante religieuse est en vol, elle n'a rien de véritablement inquiétant ! THE DEADLY MANTIS n'est clairement pas une perle du genre et si Nathan Juran fait son boulot correctement, nous sommes loin des meilleurs films du cinéaste et particulièrement dans sa collaboration avec Charles Schneer et Ray Harryhausen dont LE SEPTIEME VOYAGE DE SINBAD.  (http://devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=2539&NamePage=deadly-mantis--the--la-chose-surgit-des-tenebres-)

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