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dimanche 29 avril 2018

Le secret du Grand Canyon

De tous les polars de Siegel, c'est sans doute celui ci que j'aime le moins. Je dis bien polar ou thriller. On entend parfois que ce film serait à cheval entre le policier et le western...Ben non, ou alors c'est qu'à chaque fois qu'au cinéma on nous promène dans un site naturel spectaculaire, on est dans un western. Certes y'a aussi un shérif, des meurtres, des affreux et une sorte de règlement de compte final mais c'est bien un polar. Le site du grand canyon est bien utilisé par Siegel. Dans la séquence d'ouverture, une tentative de meurtre et ensuite par 2 fois lorsque pour les besoins de l'enquête le shérif joué par Cornell Wilde utilise un avion pour survoler le site et enfin dans la spectaculaire scène finale mais çà tient presque plus de la balade touristique qu'autre chose. Les autres atouts du secret du Grand Canyon : Cornel Wilde. Je l'aime bien le Cornel. Qu'il porte le costard dans des polars en noir et blanc, sa tenue de camouflage "spécial forêt" avec ses collants verts ou qu'il court à poil dans la savane, je l'aime toujours. Victoria Shaw. Une beauté remarquable, un sourire éclatant -il y a des gens comme çà, hommes ou femmes, qui semblent avoir des dents surnuméraires...- et bien sûr du talent. Elle aura eu une carrière rachitique avant de mourir bien jeune, conséquence d'un asthme sévère. On l'aura vu dans des rôles secondaires dans Alvarez Kelly et Mondwest. Dans un rôle un peu plus important dans "Tu seras un homme mon fils" et surtout dans l'excellent CRIMSON KIMONO de Fuller. Le témoin a protéger qui hésite entre les 2 amis inspecteurs de police, c'est elle. C'est une des quelques filles au sujet desquelles je me suis dit en les découvrant pour la première fois sur un écran "Elle aurait pu être une star". Y'en a comme çà quelques unes. J'en nomme une autre encore plus obscure, Faye Marlowe, la jeune pianiste du HANGOVER SQUARE de John Brahm. Jack Elam. Par contraste, une de mes sales trognes préférées. Mais attention, c'est pas parce que Jack est au générique d'un film que fatalement c'est le plus dégueulasse de l'histoire, parfois y'a un piège...(http://filmsnoirs.canalblog.com/archives/2013/01/23/26233282.html)


                 


"Edge of eternity" (son titre original) est ce à quoi je m'attendais: une série B bien ficelée, mise en scène et montée avec une belle efficacité et solidement interprétée. Le film est une sorte de western contemporain, avec un shérif adjoint (C.Wilde, impeccable) qui enquête sur une série de meurtres survenus en Arizona (Siegel nous gratifie de quelques superbes plans du Grand Canyon) tout en nouant une relation amoureuse avec la charmante Victoria Shaw. Les relations entre les personnages, tout comme leur caractérisation (le passé trouble du shérif), sont suffisamment crédibles pour rendre les scènes sentimentales aussi intéressantes que le récit policier. J'émettrais quand même un bémol sur la fin, qui n'exploite pas complètement son fort potentiel dramatique selon moi. Mais, à défaut d'être l'oeuvre la plus aboutie de Don Siegel, le film, dense et nerveux, reste tout à fait recommandable.Une série B qui remplit très bien son contrat, qui démarre sur les chapeaux de roues, sans rien en trop bien qu'un peu de trop n'aurait pas été de trop, et réalisée par un monsieur qui était loin d'être un manche dans le genre .


               


Une distribution efficace entre Cornel Wilde à qui l'uniforme va parfaitement, Victoria Shaw très charmante et qu'on draguerait avec plaisir, et quelques seconds rôles qui ont de la gueule en particulier Jack Elam. Avec en point d'orgue, une séquence au-dessus du "Grand Canyon" qui rappelle un peu celle en haut de la "Statue de la Liberté" dans la "Cinquième colonne" d'Hitchcock. Tout ça vaut bien qu'on s'y arrête 80 minutes...Ce film fait partie des débuts de la filmo de D. Siegel, honnête artisan de série B qui ne s’embarrassait guère d'un scénario trop long ou trop écrit mais qui compensait par une recherche d'un maximum d'efficacité avec une mise en scène directe, une énergie narrative constante qui passait par un récit mené à toute allure, compensant à la fois le manque de moyens mais aussi de vraisemblance. Là, perso, je doit dire que je n'ai pas pigé grand chose à l'intrigue, bien plus retors que prévue et peut être expliquée un peu à la va vite vers la fin. Toutefois, les acteurs sont convaincants, le récit est mené à un rythme d'enfer, l'action ne s'arrête que rarement, les rebondissements s'enchaînent et Siegel n'a pas son pareil pour manier les codes du genre.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-7799/critiques/spectateurs/recentes/)

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