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mercredi 14 février 2018

Vivacious Lady

Les années 30 à Hollywood voient un immense vivier de talents éclore et se lancer dans la comédie dont le registre à l’époque n’a peut-être jamais été plus étendu et étonne encore aujourd’hui par sa diversité. Dressons de cette décennie, un panorama succinct et cloisonné de ce qui se faisait dans ce domaine. Directement hérité du muet, le burlesque ne s’était pas totalement éteint avec l’arrivée du parlant et certaines de ses anciennes gloires continuaient à perpétuer la tradition ; Charlie Chaplin bien évidemment, qui eut l’immense culot de continuer à ne pas octroyer la parole à ses personnages (Les lumières de la ville ; Les temps modernes) ou Laurel et Hardy qui, au contraire, se servirent des dialogues et des chansons pour apporter une touche comique supplémentaire à leur duo (Fra Diavolo ; Bons pour le service). Toujours en descendance directe du "splastick" avec nombreux gags visuels à la clé, lançant sans discontinuer vacheries et répliques surréalistes sans que nous ayons le temps de reprendre notre souffle, ces hurluberlus de Marx Brothers (Soupe au canard ; Une nuit à l’opéra) ou bien WC Fields et Mae West. A côté de ces films, dans l’ensemble plus connus aujourd’hui pour leurs interprètes que pour les cinéastes qui les ont tournés, nous trouvions aussi des comédies à tendance sociale comme celles de Gregory La Cava (Mon homme Godfrey ; Pension d’artistes) et Frank Capra (L’extravagant Mr. Deeds ; Mr. Smith au Sénat…) mais nous assistions aussi à l’émergence de la Screwball Comedy basée sur des répliques mitraillettes et un rythme survolté, les plus célèbres étant celles de Howard Hawks (L’impossible Monsieur Bébé) ou Leo McCarey (Cette sacrée vérité).Au même moment, avec le génial New York - Miami de Frank Capra, est apparue la comédie dite "pétillante, spirituelle et légère" dont les intrigues tournaient quasiment toujours, soit autour d’un triangle amoureux, soit autour de l’antagonisme de deux personnes de sexes opposés qui se crêpent le chignon pendant 90 minutes avant de tomber dans les bras l’une de l’autre à la toute dernière minute ; en bref, l’ancêtre de la comédie romantique dont le représentant le plus célèbre et le plus doué fut sûrement le sophistiqué Ernst Lubitsch (Sérénade à trois ; La huitième femme de Barbe Bleue) et à un degré moindre (mais un réalisateur à redécouvrir d’urgence), Mitchell Leisen (Midnight ; Easy Living).


                

De très nombreux autres réalisateurs, parmi les plus renommés, s’y sont essayés avec plus ou moins de bonheur ; parmi ceux qui ont réussi, George Cukor (Femmes, Vacances) mais aussi George Stevens qui a commencé sa carrière de réalisateur en tournant 7 ou 8 comédies, musicales ou non. Bien évidemment, les catégories édictées ci-dessus ne sont pas aussi figées qu’elles ont pu vous sembler l’être et nombre des meilleures œuvres du genre puisent ici et là (une Screwball Comedy aurait très bien pu être sophistiquée et burlesque à tour de rôle tout en possédant un arrière fond d’altruisme hérité du New Deal.) Pour en revenir à George Stevens, on peut dire de lui "qu’ il est ‘tombé dedans quand il était petit" pour paraphraser René Gosciny. Acteur dès l’âge de 5 ans, il est engagé par Hal Roach en 1921 et se familiarise avec toutes les ficelles du métier. Scénariste de nombreux courts métrages de Laurel et Hardy, gagman, photographe, puis enfin réalisateur en 1933. Il ne lui faudra que deux ans pour se faire un nom : dès son 5ème film, Alice Adams, la critique américaine va l’aduler et ne plus jamais lâcher l’immense estime qu’elle aura pour lui. Il s’impose en l’espace de trois films comme un cinéaste doué pour la comédie musicale en signant, entre autres, deux bons films du duo Fred Astaire-Ginger Rogers (Swing Time et A Damsel in Distress) puis ce sera Mariage incognito.


                

Dès ce film, et jusqu’au dernier de sa carrière, Stevens ne sera plus seulement le réalisateur mais également le producteur. Etrangement pour nous, spectateurs français, il ne déchut jamais aux yeux de la critique et des jurys américains qui virent toujours en lui l’un des plus grands cinéastes de leur pays alors que chez nous, il fut très longtemps (et encore aujourd’hui) assez méprisé, ces films étant parfois taxés de "perfectionnisme académique". Dans les deux cas, exagération il y a ! Réputé pour être pointilleux au point de tourner ses scènes sous tous les angles possibles et passer des mois en salles de montage, il ne sera, à cause de ce perfectionnisme, que peu prolifique : sa filmographie ne compte que 25 films en 37 ans de carrière, ce qui est très peu comparativement à ses pairs hollywoodiens de l’époque. Parmi ceux-ci, il nous laisse au moins deux très grandes oeuvres : Une place au soleil et L’homme des vallées perdues. Mariage incognito se situe dans la bonne moyenne des comédies légères de l’époque, drôle, vive et assez enlevée. Sur un scénario de P.J. Wolfson et d’Ernest Pagano (scénaristes déjà de plusieurs Astaire-Rogers), il s’agit surtout d’un festival offert par deux acteurs dont nous sommes loin d’avoir encore dit tout le bien que nous pensons d’eux.


               

Il n’est pas inutile de répéter que Ginger Rogers n’était pas seulement une bonne danseuse et la partenaire de Fred Astaire mais aussi une excellente comédienne. Elle réussit même à obtenir l’Oscar de la meilleure actrice en 1940 pour son rôle dramatique de Kitty Foyle mais surtout elle possédait un réel tempérament comique. Pour s’en persuader, il suffit de la revoir ici ou encore dans les hilarants Uniformes et jupons courts de Billy Wilder ou dans Chéri, je me sens rajeunir d'Howard Hawks. Dans Mariage Incognito, elle est tour à tour charmante, enjôleuse, pétillante, émouvante et drôle. La scène des gifles qu’elle assène à la "fiancée" de son mari au cours du bal restera dans les annales. La danse du Big Apple qu’elle effectue avec James Ellison et Beulah Bondi (que l’on est agréablement surpris de voir dans une telle situation) est aussi un moment totalement délicieux et jubilatoire. Quant à James Stewart, que dire qui ne l’ait pas encore été 4 ans après son premier film, à une période charnière de sa carrière (il tourne ensuite simultanément deux sommets de Capra qui entérinent son immense talent : Vous ne l’emporterez pas avec vous et Mr. Smith au Sénat), il a déjà construit son personnage de jeune homme aux yeux de cocker, timide, altruiste et maladroit qu’il affinera par la suite mais qui se révèle déjà succulent.(http://www.dvdclassik.com/critique/mariage-incognito-stevens)

6 commentaires:

  1. salut l'ami
    comment tu vas ?
    je ne t ai pas demandé ou es tu ? si c'est pas indiscret
    je vais enfin prendre le temps de lire ton blog, grand merci,
    pour les bonnes soirées
    O Passage
    as tu encore ce film stp
    tranquille cool
    A+ , bonne continuation

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  2. ça serait le film
    Mariage incognito
    je crois qu il soit nul part ailleurs
    merci

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  3. http://fboom.me/file/3cc431e2f8181/Vi3la8dy.part1.rar
    http://fboom.me/file/3e394e9f0a98b/Vi3la8dy.part2.rar
    https://isubtitles.in/vivacious-lady-subtitles
    tout petit décalage ....
    sinon j'habite en Normandie , a plus !!

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