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mardi 6 février 2018

L'Esclave du gang

Le cinéaste Vincent Sherman appartient à cette catégorie de réalisateurs que l’on appelle traditionnellement des yes men, totalement dévoués qu’ils sont aux grands patrons des studios. Acceptant de tourner n’importe quel projet, ces artisans ne développent aucun thématique personnelle et savent mettre leur égo de côté afin de servir au mieux celui des stars qu’ils dirigent. Depuis 1939 et un premier film d’horreur tourné avec Bogart, Vincent Sherman a réalisé de nombreuses oeuvres de commande efficaces qui sont autant de « véhicules » pour les stars des studios. Ce manque de personnalité n’empêche pas certains de ces exécutants d’arriver à un état de grâce le temps de quelques oeuvres marquantes. Dans le cas présent, Vincent Sherman connaît une sorte d’épiphanie avec Esclave du gang (1950) dont l’unique but est de sublimer le talent de la sculpturale Joan Crawford.Débutant comme un traditionnel film noir (genre très en vogue à la fin des années 40 et au début des années 50), ce polar nous présente une femme forte et déterminée à sortir de sa condition sociale, quitte à se jouer des hommes et à sortir du droit chemin tracé par la loi. En femme fatale, la sublime Joan Crawford nous laisse bouche bée, non seulement grâce à sa beauté légendaire, mais également par son jeu terriblement moderne pour l’époque. Là où le film de Sherman se distingue du tout-venant, c’est qu’il emprunte une voie plus originale que ses prédécesseurs. Ainsi, cette femme dont on ne peut que rejeter les odieuses méthodes se trouve peu à peu prise au piège de son propre jeu. Elle devient alors le symbole d’une classe sociale qui ne peut espérer s’élever dans une société totalement cloisonnée. Victime d’un gang, le personnage principal est surtout la proie d’un passé qu’elle n’arrive pas à effacer, même en changeant provisoirement d’identité. Pauvre, elle restera et femme elle demeurera soumise à la volonté masculine. Si la réalisation de Vincent Sherman se conforme avec servilité au style imposé alors par la Warner (un montage très incisif et qui évite de s’attarder sur les dialogues), il parvient à donner un beau relief à la photographie contrastée de Ted McCord (plus connu pour son travail sur La mélodie du bonheur en 1966). Véritable écrin offert à la star Joan Crawford, Esclave du gang, malgré son aspect de simple série B, est un très grand film, assurément l’un des meilleurs de son réalisateur.(
https://www.avoir-alire.com/esclave-du-gang-la-critique)


                


Ce n’est pas un très grand film noir, mais il recèle des aspects intéressants. D’abord évidemment l’icône du film noir, Joan Crawford, toujours égale à elle-même, avec un abattage énorme, elle incarne parfaitement cette femme du peuple qui cherche par tous les moyens à échapper à sa condition. Ensuite il y a cette description minutieuse de l’ascension sans gloire d’Ethel dans l’ombre de la mafia des jeux. Mais il y a aussi une réflexion paradoxale sur le paraître : il est amusant de voir ce chef de gang sorti des bas-fonds faire une leçon de maintien à Ethel. Tout comme le trouble qu’elle ressent en faveur du vulgaire voyou incarné par Steve Cochran qui semble la renvoyer à ses origines plébéiennes. L’évolution du personnage du comptable, incarné par Kent Smith, est remarquable. Gentil petit comptable honnête, il n’hésite pas à exercer un chantage déprimant sur Ethel avec beaucoup de cynisme, contaminé qu’il est par le milieu qu’il a rejoint.Reste évidemment des défauts importants. Le raide David Brian qui retrouve Joan Crawford pour la troisième fois, n’a pas le charisme qu’on pourrait attendre d’un chef de gang intelligent. C’est plutôt une question de physique. Et puis il y a cette fin moralisatrice où on voit le triste comptable sauver Ethel en puisant un courage qu’il n’avait guère manifesté jusqu’alors.(http://alexandreclement.eklablog.com/l-esclave-du-gang-the-damned-don-t-cry-vincent-sherman-1954-a114844898)


                 

Suffisamment passionnant pour mériter quatre étoiles malgré des défauts qui risquent d’agacer les spectateurs appréciant les scénarios rigoureux. En effet, les invraisemblance et les exagérations sont nombreuses, il faut beaucoup aimer les films noirs américains pour tout pardonner. Si l’on y arrive, le film devient superbe car les trois acteurs principaux sont fascinants et ont des rôles les obligeant à s’employer comme s’ils étaient chacun la vedette principale. Il faut bien cela d’ailleurs pour tenir la comparaison avec Joan Crawford qui se déchaine dans un rôle parfait pour elle. Vincent Sherman a trouvé en Ethel une femme dans laquelle la carrière de cette actrice pourrait se confondre, son culot est phénoménal et elle se retrouve au final totalement broyée par une organisation qu’elle à tout fait pour développer au delà des limites possibles. Malgré les outrances, il y a dans la morale de ce film une grande partie des ambitions et des moyens employés par certaines femmes qu’il ne vaut pas mieux trouver sur son chemin. Le titre français ne correspond à rien car c'est Ethel tire les ficelles même si elle ne se rend pas compte des conséquences. ‘’The damned don’t cry’’ (ce qui est son cas) est un beau film qui fait froid dans le dos et nous laisse pantois devant l’héroïne. De très beaux plans le parsèment à commencer par l’arrivée d’Etel et son accueil à travers la vitre, les autres porteront sur son élégance, sa distinction et les changements de ses expressions.(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-108833/critiques/spectateurs/)

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