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jeudi 22 février 2018

Bodyguard


Voilà l’archétype d’un film noir de série B. Ce genre qui a permis à de nombreux jeunes réalisateurs de talent de faire leurs premières armes. On connait le principe, un sujet simple et linéaire, des acteurs peu chers, une mise en scène nerveuse, un tournage rapide destiné à cadrer avec un budget très bas. Le tout pour un produit qui doit occuper le spectateur environ une heure de temps. Cet ensemble de contraintes a donné lieu à de très grands films, voire à quelques chef-d’œuvre.Bodyguard est un des premier films de Richard Fleischer, et son premier film noir. Suivrons bientôt les films de même genre mais plus connus comme L’assassin sans visage, Le pigeon d’argile, Armored car robbery ou encore L’énigme du Chicago express. C’est cependant 20000 lieues sous les mers qui le propulsera vers les sommets, un spécialiste des films à grand spectacle. Par la suite il alternera le bon et le moins bon, sans trop s’enfermer dans un genre, on lui doit aussi bien Les vikings que Soleil vert, Les inconnus dans la ville ou L’étrangleur de Boston. Mais quoi qu’il en soit, il restera toujours assez fidèle au film noir, y revenant périodiquement.Le scénario de Bodyguard qui présente la particularité d’avoir été travaillé par Robert Altman, n’est pas des plus riches. Un flic un peu violent, Mike Carter, qui préfère la justice au respect tatillon du règlement et de la loi, s’oppose à son supérieur qui le met à pied. Il décide de démissionner. Alors qu’il est au stade en train d’admirer, avec sa fiancée Doris, un match de base-ball (c’est donc un vrai américain) on lui propose de devenir garde du corps d’une femme assez âgée, propriétaire de grands abattoirs, pour une somme élevée. Mais il refuse, une fois, deux fois. Puis face à l’évidence d’une tentative d’assassinat, il va céder. Mal lui en prend parce qu’alors qu’il suit la vieille Gene Dysen qui se rend à un rendez-vous mystérieux à 4 heures du matin, il est assommé et se retrouve dans sa propre voiture avec le cadavre du policier qui l’a mis sur la touche. Un train fonce sur la voiture, et c’est un miracle s’il s’en sort.Le décor ainsi planté, on va assisté aux efforts de Mike pour faire éclater la vérité et trouver les vrais coupables. Car bien évidemment il est soupçonné de meurtre et se trouve pris entre les vrais meurtriers et la police. Mais il peut compter sur l’aide de la ravissante Doris qui le soutien de tout son amour.


   



La fin, un rien paresseuse, permettra que tout rentre dans l’ordre, les méchants seront punis – et salement encore – et Mike et Doris se marieront. Avant de partir en lune de miel, Mike sera réintégré dans la police parce que son travail aura été reconnu enfin à sa juste valeur.Comme on le voit ce ne peut pas être un grand film. Le scénario est bourré d’invraisemblances aussi bien factuelles que psychologiques : le gangster qui veut assommer Mike dans le cabinet de l’ophtalmo sort de nulle part. Mais c’est un film qui présente des qualités de mise en scène évidentes. Les extérieurs dans les rues de Los Angeles sont très bons, et donnent du corps au film. Les noirs et blancs sont excellents, particulièrement dans les scènes nocturne. La mise en scène du travail dans les abattoirs, ces scies électriques qui découpent des grands quartiers de viandes, apporte un côté inédit et un peu angoissant. On regrettera cependant la multiplication de gros plans plutôt lourdingues.


                 

Outre la faiblesse du scénario, le film souffre cruellement de son casting. Si Laurence Tierney est excellent dans Born to kill de Robert Wise parce qu’il y joue le rôle d’un psychopathe, il a bien du mal à être crédible en policier sympathique et bon. Cela vient je suppose de la rigidité de son visage et de son corps. Il fera néanmoins une très longue carrière, souvent cantonné à des seconds rôles, et Quentin Tarantino lui rendra hommage en l’employant dans Reservoir dogs. L’ennui est que c’est lui qui porte le film sur ses larges épaules, c’est filmé de son point de vue.Priscilla Lane est un petit peu mieux, servie par un physique avenant et un joli sourire. Au passage on reconnaîtra Steve Brodie dans un petit rôle, un autre habitué des films noirs de série B. Le reste de la distribution ne se remarque guère, Philip Reed joue le fils dégénéré sans grande conviction, peut-être se pensait-il à cette époque destiné à une carrière de jeune premier.Si le film se voit sans ennui, et s’il est exemplaire d’un certain genre, on peut dire aussi qu’il est aussi vite oublié que regardé.(http://alexandreclement.eklablog.com/bodyguard-richard-fleischer-1948-a114844714)

3 commentaires:

  1. Pour une série B, je la trouve passionnante. En plus, j’aime beaucoup les films en noir et blanc, ils ont un petit côté sentimental, que les autres n’ont pas. Concernant le réalisateur, j’apprendrai à mieux connaître sa filmographie.

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    1. Soleil Vert ,20000 lieues sous les mers ou l'étrangleur de Boston , tu as le choix du style avec Mr Fleischer ...Bonnes soirées Cinéma !!

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