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mercredi 24 janvier 2018

Along The Great Divide

« Qu’il soit coupable ou non, ça ne me regarde pas » dit le Marshal Len Merrick à plusieurs reprises au cours du film. Along The Great Divide raconte en effet l’histoire d’un homme de loi déterminé qui a sauvé un pauvre bougre du lynchage pour mieux le conduire à la potence après un procès en bonne et due forme. Qu’il soit ou non innocent, qu’il soit condamné à mort lui importe peu du moment que la loi ait pu avoir son mot à dire et la sentence être appliquée en fonction du verdict du jury. Len Merrick, suite à un "trauma" (dont l’explication est le premier whodunit du film) est devenu en quelque sorte une espèce de monomaniaque ; et le film de pouvoir ainsi poursuivre la trilogie "western psychologique" de Raoul Walsh entamée avec La Vallée de la peur (Pursued) puis La Fille du désert (Colorado Territory). Et grâce à ce "strong arm of the law", Kirk Douglas fait son entrée remarquée dans le western. Ayant commencé sa carrière cinématographique seulement quatre ans plus tôt, il n’était alors pas encore une star confirmée mais comptait déjà quelques très beaux rôles à son actif dans des films de Joseph Mankiewicz - Chaînes conjugales (A letter to Three Wives) -, Mark Robson - Le Champion - ou Michael Curtiz - La Femme aux Chimères (Young Man With a Horn). Dans son autobiographie Le Fils du chiffonnier, l'acteur disait abhorrer Une corde pour te pendre : « Je détestais le film suivant de la Warner Brothers dans le quel je tournais : Along the Great Divide (le précédent ayant été le film de Michael Curtiz cité ci-dessus, biopic romancé sur le trompettiste Bix Beiderbecke). Je le fis seulement pour remplir l'obligation qui m'était faite par contrat de tourner un film par an pour eux. […] Walsh adorait la violence. Je fus dégoûté un jour de le voir excité presque jusqu'à l'orgasme en observant une dangereuse cascade au cours de laquelle un cascadeur manqua d'être tué [...] .


   

Sur ce tournage, les animaux furent maltraités. Une corde pour te pendre a été mon premier western : je l’ai détesté de bout en bout ! ».S’il est exagéré de trouver ce western détestable à notre tour (mais il semblerait que Kirk Douglas jugeait souvent plus les films sur leurs conditions de tournage et sur leurs résultats financiers que sur leurs réelles qualités cinématographiques, il suffit de le savoir pour faire la part des choses), je suis obligé d’avouer à nouveau ma déception devant un western de Raoul Walsh. Je précise bien "western" car le cinéaste venait précédemment de réaliser trois films dont je ne me lasse pas : L'Enfer est à lui (White Heat), La Femme à abattre (The Enforcer) ainsi que Capitaine sans peur (Captain Horatio Hornblower). Dans le domaine du western, si La Piste des géants (The Big Trail) et La Charge fantastique (They Died With Their Boots On) emportaient tout sur leur passage par leur ampleur, leur vitalité et leur dynamisme, la "série" qu’il a entamée avec Pursued (malgré des qualités certaines dans chacun des films) m’a beaucoup moins convaincu à l’exception de Cheyenne, le moins ambitieux du lot mais qui m’a semblé dans le même temps le plus réjouissant.



Une corde pour te pendre (ou Le Désert de la peur, le film étant sorti en salles en France sous ces deux titres) se révèle malheureusement être celui où les défauts prennent le plus le pas sur les aspects positifs.Ces derniers ne sont néanmoins pas négligeables et font de Along the Great Divide un western regardable et qui surpasse de beaucoup les innombrables westerns de série tournés sans imagination à la même époque. Il s’agit de la forme qui semble être le seul élément qui ait intéressé le réalisateur, et quelle forme ! La photographie expressionniste en noir et blanc de Sidney Hickox, le collaborateur habituel de Walsh, est extraordinaire que ce soit en extérieurs ou en studio même si les raccords entre les deux ne sont pas toujours bien amenés. Quant à la mise en scène, elle est d’une redoutable efficacité lorsqu’il s’agit d’action, de course-poursuite ou de chevauchées, de filmer un paysage ou un gunfight. Il faut voir cette parfaite gestion de l’espace, cette mise en valeur des paysages naturels (les cieux sont parfois presque aussi grandioses que les cieux "fordiens"), ce génie de la topographie, lors par exemple de la séquence se déroulant parmi les rochers de Lone Pine alors que Len Merrick arrive à prendre en otage le fils du rancher qui les poursuit ; on se régale d'un montage implacable et d'un placement parfait des personnages au sein des éléments rocailleux constituant le paysage !(  http://www.dvdclassik.com/critique/une-corde-pour-te-pendre-walsh)

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