.

.

mardi 1 août 2017

Undertaker

Undertaker ! C’est sous ce nom que les gens me connaissent. Chez vous, ce serait Le fossoyeur ! En fait, je m’appelle Jonas Crow. Je sillonne le pays pour quelques mises en bière et, même si mes concitoyens ne m’apprécient guère, je leur suis nécessaire ; alors ils font avec. Ici, ma petite entreprise ne connait pas vraiment la crise et il m’arrive même parfois d’avoir des clients pour le moins singuliers, comme ce Joe Cusco. À bien y réfléchir, j’aurais dû laisser l’affaire à Flitburn ou Woodmack, ce qui m’aurait évité un tas d’emmerdes. J’ai cru comprendre que ce premier opus était pour le moins attendu. Comme le monde est étrange. Alors que j’essaye de me faire le plus discret possible depuis trois ans, me voilà propulsé sous les feux de la rampe et comparé à mon copain Myrtille. N’exagérons rien ! Cependant, un croque-mort comme héros, cela interpelle. Un lieutenant mal rasé, un videur manchot ou un tueur à gages gaucher auraient sûrement été plus opportuns, mais les rôles étaient déjà distribués. Ceci étant, la situation oblige Xavier Dorison à s’arracher et à sortir des sentiers battus et rebattus du western. 




Il faut reconnaître que l’homme a de l’imagination et le scénariste du talent, car en reprenant les codes du genre (peut-il en être autrement ?), il en propose une variation pleine de saveurs. Il y a du sang, de la sueur et des larmes, des salauds typés, quelques questions existentielles et une belle Rose anglaise, coincée et honnête, un comble dans ce coin paumé ; et puis j’oubliais Jed, drôle d’oiseau que celui-là ! Je n’en dirais pas plus sur cet album sinon que c’est du bel ouvrage et que le découpage est un petit bijou de précision et d’efficacité. Au passage, n’oublions pas Ralph Meyer, à croire que nous nous attendions ! Je me découvre dans son dessin et surtout, je redécouvre le Far-West avec mes congénères plus vrais que nature ! Il ne manque que l’odeur des chevaux et la poussière dans les yeux. Sans vouloir faire de prosélytisme et paraphraser l’épître VII de Jim Mac Clure aux habitants de Tombstone « Heureux ceux qui croiseront l’Undertaker, car ils connaîtront le bonheur ; quant aux autres, ils ne sauront jamais ce qu’ils ont perdu… ». Par S. Salin.




La danse des vautours propose la suite et la fin de l’enterrement mouvementé de Joe Cusco, un richissime exploitant de mines d’or qui a engagé un fossoyeur répondant au nom de Jonas Crow pour mener son corps à bon port. Le sticker sur la couverture du premier volet (« le plus grand western depuis Blueberry ») annonçait immédiatement du lourd et force est de constater que cette saga s’inscrit effectivement dans la lignée de celle du célèbre lieutenant et que les protagonistes n’ont pas grand-chose à envier à ceux de la série Bouncer. C’est donc avec grand plaisir que le lecteur retrouve le surprenant croque-mort flanqué de son vautour domestiqué, la belle gouvernante Rose Prairie et la domestique asiatique Madame Lin. Les trois ont en effet réussi à se faire la malle avec le corps rempli d’or de l’excentrique commanditaire, mais se retrouvent poursuivis par les habitants d’Anoki City, emmenés par l’ex-homme de main de Cusco. Si leur objectif est de rejoindre la mine d’or où le macchabée a fait fortune, le voyage s’annonce cependant parsemé d’embûches. 





 Au fil de cette course-poursuite, Xavier Dorison continue de donner corps à des protagonistes hauts en couleurs, emmenés par cet undertaker non dépourvu d’esprit et dissimulant un passé inavouable, ainsi que quelques talents bien utiles lorsque la situation dégénère. Parsemant son récit de nombreux flash-backs, il peaufine ses personnages, sans pour autant délaisser l’action. Ce road-movie parsemé de cadavres et de gunfights est également accompagné d’une petite touche d’humour qui ne manque pas de faire mouche. Si l’intrigue proposée par le scénariste d'Ulysse 1781 s’avère déjà solide, il faut également saluer le travail de Ralph Meyer (Berceuse assassine) au dessin. Ce dernier a déjà travaillé avec Xavier Dorison sur Asgard et sur le XIII Mystery consacré à la Mangouste et livre à nouveau un dessin précis, expressif et dynamique. Bref, une deuxième salve qui confirme toutes les promesses de la première et une saga qui annonce d’ores et déjà un troisième tome intitulé L’Ogre de Sutter Camp ! Par Y. Tilleuil.





Jonas Crowe, le plus mal embouché des croque-morts du Far West, poursuit sa quête. À la suite de ses dernières mésaventures, le voici accompagné de Lin, une immigrante chinoise, et de Rose Prairie, une jolie gouvernante anglaise qui aimerait lui inculquer quelques rudiments de savoir-vivre. Répondant à un appel, celui qui était connu sous le nom de Strikland recroise la route de l’ogre de Sutter Camp, un médecin-guérisseur-arnaqueur-manipulateur-psychopathe qu’il croyait pendu depuis belle lurette. Ce dernier a oublié la lettre et l’esprit de son serment d’Hippocrate et s’avère être un ennemi redoutable. Ce premier tome du deuxième diptyque de la série Undertaker est un peu mince. L'action tarde à se mettre en place, un peu comme si l'auteur ne savait trop que faire avec son personnage. Les traits de caractère et les tics de l’entrepreneur en pompes funèbres sont connus, et l’amateur a déjà compris qu’il n’est pas aussi insensible qu’il le prétend. 




Sous ses airs bourrus se cache de toute évidence un noble cœur, même si sa morale est parfois élastique. Ce troisième opus permet malgré tout de lever une partie du voile sur son passé, de présenter un méchant terrifiant, mais également deux femmes déterminées qui ne s’en laissent imposer par personne. Celles-ci sont particulièrement intéressantes et il y a fort à parier qu’elles ne seront pas toujours confinées aux seconds rôles. Aux pinceaux, Ralph Meyer offre très peu de lumière dans ce récit où tout est sombre, au propre comme au figuré. La plupart des scènes se déroulent la nuit ou dans la forêt et on trouve dans ce livre fort peu de ces grands espaces caractéristiques du western. L'artiste est dans l'ensemble parfaitement à l’aise avec ses personnages et les décors dans lesquels il les fait évoluer. Bref, l'album repose sur un dessin très solide. Cette première partie laisse un peu sur sa faim, mais elle a le mérite de mettre le couvert en laissant entrevoir la promesse d'une conclusion bien plus nourrissante. Par J. Milette

3 commentaires:

  1. http://uploaded.net/file/y4l8p9xr
    http://uploaded.net/file/e8ogt4zn
    http://uploaded.net/file/9adibevh

    RépondreSupprimer
  2. Un grand merci. Je ne connaissais pas cette BD.

    RépondreSupprimer