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dimanche 6 août 2017

Cathleen Nesbitt

Cathleen Nesbitt débute au théâtre, où elle sera très active durant sa longue carrière (qu'elle partagera entre le Royaume-Uni et les États-Unis), et s'y produit pour la première fois dans son pays natal en 1910. Ayant pour partie des origines irlandaises, elle fait partie (comme Una O'Connor ou Sara Allgood) de la troupe The Irish Players qui effectue en 1911 une tournée aux États-Unis et y donne deux pièces à Broadway. Cathleen Nesbitt jouera là plusieurs fois, et pour la dernière fois en 1981, dans une reprise de My Fair Lady. Elle avait déjà participé aux premières représentations de cette comédie musicale à succès (adaptée au cinéma en 1964, mais sans elle), de 1956 à 1962. Observons ici qu'en 1938, elle figure au générique d'un film britannique, Pygmalion (avec Leslie Howard et Wendy Hiller), d'après la pièce éponyme de George Bernard Shaw, mise en musique avec My Fair Lady. Aux États-Unis, Cathleen Nesbitt débute au cinéma dans deux films muets, en 1919 et 1922. Elle attendra ensuite 1930, donc après l'arrivée du parlant, pour revenir au cinéma, d'abord au Royaume-Uni, puis à nouveau aux États-Unis à partir de 1954, jusqu'à un dernier film en 1980. Deux de ses films américains notables sont Elle et Lui de Leo McCarey (version de 1957, avec Cary Grant et Deborah Kerr), ainsi que Complot de famille d'Alfred Hitchcock (1976, avec Karen Black et Bruce Dern). Et outre Pygmalion pré-cité, un autre de ses films britanniques notables est L'Homme fatal d'Anthony Asquith (1944, avec Phyllis Calvert, Stewart Granger et James Mason). Enfin, elle apparaît également à la télévision, la première fois dans deux téléfilms britanniques en 1938, puis régulièrement de 1952 à 1981, dans des séries et téléfilms.(Wiki) 



               

                   
Elle et lui, à l’instar de L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock, est le remake d’une œuvre de son propre réalisateur. En 1938, McCarey tournait en effet une première version de la même histoire, avec Irene Dunne et Charles Boyer dans les rôles principaux. Près de vingt ans plus tard, il décide de lui donner un nouveau souffle, et confère, par l’utilisation subtile du Cinémascope et des couleurs, une douce flamboyance à la rencontre drôle et émouvante entre Cary Grant et Deborah Kerr. Préparez vos mouchoirs (en dentelle, de préférence).L’introduction de l’intrigue par des présentateurs mondains américain, italien et britannique, noyant les clichés nationaux dans une tranquillité pince-sans-rire, rappelle Blake Edwards et son comique plan-plan, presque laborieux mais toujours prompt à la fulgurance. Cette drôle de mise en place annonce une singulière approche des tons et donne le coup d’envoi d’une savoureuse screwball comedy : cet équivalent verbal du burlesque où les protagonistes s’envoient vacheries et traits d’esprits à la vitesse du ping-pong. Pour la première fois peut-être de sa vie, le playboy notoire Nickie Ferrante se heurte à la résistance d’une femme. Cary Grant – un peu vieillissant, le teint cramé, le front luisant, mais irrésistible comme toujours – met sa science du jeu légèrement distancié au profit du désarçonnement de son personnage. « Oui, ben moi je vais me promener avec mon ego », réplique-t-il, un peu abasourdi, pour maintenir à flot le peu de panache qui lui reste, à Terry McKay (Deborah Kerr, délicatement distinguée), la jeune femme mûre et élégante qui, avec ironie, s’excuse de l’avoir heurté, son ego... 


          
           
Ce qui est magnifique, dans ces scènes de comédie versant parfois dans le pur burlesque lorsque les personnages sont observés par des spectateurs (le plan où ils ignorent s’être assis dos-à-dos au restaurant, la "partie de tennis" de regards à l’arrivée à New York), c’est que toutes les répliques, jusqu’aux plus brillantes, paraissent profondément assumées par les personnages. Qu’est-ce à dire ? D’habitude, dans les screwball comedies, tout se passe comme si une force spirituelle supérieure les faisait parler, compulsivement, presque malgré eux. Ici, les personnages endossent cette force ; ils sont désabusés, vulnérables, touchants... mais vifs et intelligents. Le délicieux jeu de séduction, bridé par les attaches respectives des protagonistes, est vite rattrapé par un amour sincère qui s’impose comme un inexorable imprévu, une évidence inopinée. Splendide plan du premier baiser, laissé hors champ : McCarey préfère filmer leurs pieds dans l’escalier... C’est, littéralement, le risque du dérapage qui imprime là sa marque. Leur parcours amoureux ne consiste pas à faire sauter les tabous dans un joyeux chaos, mais à composer lucidement avec la réalité.


                                 


La réalité, c’est, en premier lieu, les conjoints : une jet-setteuse encombrante et un brave magnat texan, esquissés avec efficace, vite abandonnés et pourtant traités avec un sens superbe de la dignité. La réalité, c’est aussi son lot de vilains coups du sort. Le film entame sa pente douce vers le mélodrame, et comme tout mélodrame, se révèle douloureusement conscient du temps qui passe – tout en restant très porté sur la responsabilité des individus. C’est son côté conservateur, si on veut, ou plutôt pétri de principes, ce qui ne veut pas dire bêtement rigide : « Personne d’autre à Hollywood n’a mieux compris les gens » disait Renoir de McCarey. Les gens et la grandeur des esprits décalés quand ils font preuve de respect et de compréhension (voir la scène de la chapelle, où Nickie ne croit manifestement pas à la prière qu’il mime, mais respecte la croyance de Terry). Les gens et la part d’aveuglement que recèle peut-être, tout admirable soit-elle, leur fierté (Terry refusant de revoir Nickie avant sa complète convalescence). 



 

Ils s’étaient donnés rendez-vous dans six mois, au sommet de l’Empire State Building, au plus près du paradis... Sauf que le paradis ne s’atteint pas comme ça, en un trajet d’ascenseur. On le mérite peut-être quand on a bien vécu, comme Janou, la grand-mère française de Nickie, sorte de vieille Colette honorable, pudique et sage, coulant des jours paisibles dans une villa des hauteurs de Villefranche-sur-Mer. En attendant, il faut, aidé par le « boy-scout qui regarde au-dessus de notre épaule » (thème d’une chanson apprise par Terry à des enfants trognons), tracer son chemin vers Tomorrowland (idem), peindre des croûtes pour gagner sa croûte parce que l’amour c’est bien beau, mais on ne vit pas facilement d’amour et d’eau fraîche quand on évolue dans la haute new-yorkaise... Le film a bien un petit côté « pauvres riches » et gentiment bigot, face auquel on aurait pourtant tort de se formaliser, tant sont beaux les personnages et tant on se priverait d’écraser une larme de bonheur après avoir eu le cœur bien gros. Raphaël Lefèvre.


                 
                 


Séparées très jeunes lors du divorce de leurs parents, les jumelles Sharon et Susan se rencontrent accidentellement lors d'un camp de vacances. Déterminées à rester unies pour la vie, les soeurs se mettent et tête de tout faire pour que leur parents, Mitch et Maggie, revivent ensemble. Mais c'est sans compter sur la présence de Vicky bien décidée à épouser Mitch et son argent...Débutant sur les chapeaux de roue par un générique très créatif, remarquable notamment à sa technique d'animation" image par image" appuyée d'une chanson titre "The parent Trap" interprétée par  Annette Funicello et  Tommy Sands,  La fiancée de papa déroule, sans temps mort, son scénario, il est vrai, cousu de fil blanc mais bénéficiant, à plein, d'effets spéciaux bluffants pour l'époque. Le film est  d'ailleurs très drôle  tant il enchaîne des situations cocasses, moins convenues que dans son bien fade remake de 1998, A nous quatre .La fiancée de papa est d'ailleurs, à bien des égards, remarquable dans la filmographie des studios Disney. Première grosse production des frères Sherman (qui en ont écrit les trois chansons), il n'est pas, ainsi, à proprement parler, une comédie musicale ! Mais qui sont les frères Sherman ? Remarqués par Walt Disney lors de leur première chanson pour le studio (la chanson titre de Monte-là d'ssus),  ils écrivent, dans La fiancée de papa,  leur premier tube yéyé "Let's get together", interprété par Hayley Mills. Ils deviendront, par la suite, pendant prés de dix ans, les compositeurs officiels des studios. La fiancée de papa donnera d'ailleurs  à Walt Disney l'idée de faire de vraies comédies musicales à l'image de sa toute première réalisée Babes in Toyland.



          

La fiancée de papa marque également la deuxième participation de la jeune actrice britannique Hayley Mills pour la Compagnie aux grandes oreilles. Elle a en effet capitalisé sur son premier film Disney, Pollyanna, avec lequel elle réussit le tour de force de se faire apprécier aussi bien de la critique que du public et de remporter un Oscar honoraire !
La fiancée de papa est un film "musical et chanté" à redécouvrir d'urgence tant il mérite d'être vu et écouté. Excellente comédie qui malgré son âge avancé n'a pas pris une ride et conserve sa modernité ambiante. Un scénario bien ciselé, très drôle et dynamique. C'est véritablement un très bon film, tout comme le remake plus récent qui a été réalisé !!( http://www.chroniquedisney.fr/film/1961-fianceepapa.htm)

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