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vendredi 28 juillet 2017

Romeo and Juliet

Superproduction de prestige de la MGM en l'an de grâce 1936, Romeo and Juliet a l'originalité d'allier une perfection formelle très séduisante à une imperfection interprétative totale, de quoi en faire une oeuvre sur laquelle il y a beaucoup à dire, avec principalement une pointe de regret quand on pense que le film aurait pu être un chef-d'oeuvre, la production n'eût-elle pas cédé à la tentation d'erreurs de casting aussi flagrantes. Romeo and Juliet est aussi un film entaché de bien des légendes, depuis John Gielgud, qui avait refusé le rôle pensant qu'on ne pouvait adapter Shakespeare au cinéma, fuyant de dégoût au bout de seulement quinze minutes; au décès d'Irving Thalberg, survenu le jour de la première à Los Angeles, preuve que la carrière du film ne démarra pas sous les meilleurs auspices. Dommage, ceci dit, car l'adaptation regorge d'indéniables qualités. Sur le plan technique, c'est donc parfait. Et je ne sais jamais parler en bien des aspects formels d'un film, au risque d'être vraiment redondant, mais l'évidence est là: la photographie de William Daniels, l'illuminateur du visage de Garbo, est en tout point superbe, avec des séquences nocturnes savamment dosées entre ombres et lumières, et des plans d'ensemble très bien cadrés de façon à faire ressortir toute la richesse d'une scène. Les décors, supervisés par Cedric Gibbons, sont quant à eux à tomber par terre: la place italienne et son campanile, les ruines du temple champêtre, la villa des Capulet avec ses bassins, ses colonnes et ses cyprès, le célébrissime balcon, ou encore le cimetière tout en lignes verticales (celles des arbres et des croix), sont d'un raffinement exceptionnel qui sert toutes les dimensions d'un film idyllique, tragique et aristocratique. 



   


A vrai dire, il suffit aux décorateurs de placer une grande fleur blanche dans la chambre de Juliette, ou une longue bougie et un rideau replié chez Roméo, pour glorifier l'esthétique d'une séquence. Les costumes ne sont pas en reste, mention spéciale aux tenues des Capulet avec feuilles blanches sur fond noir et lignes noires sur fond blanc, et pour moi qui adore porter des capes, je suis servi! Niveau technique, on relèvera encore un bon usage de la musique, Herberth Stothart ayant réussi l'alliance d'Arbeau et Tchaïkovski pour mettre en valeur les scènes de liesse avant de dériver de plus en plus sur la romance et le tragique, sans compter que les chœurs au début sont assez grandioses pour donner envie de s'intéresser à l'histoire dès son commencement. A noter aussi un joli effet chorégraphique, lorsque Norma Shearer passe sous une arche de bras lors du bal, de quoi ajouter à la beauté de l'ensemble. En fait, comme souvent chez Cukor, c'est toujours filmé avec beaucoup de soin et d'élégance, même si sa mise en scène n'est pas encore aussi inventive que ses futurs chefs-d'oeuvre (je pense à Gaslight), d'où un joli spectacle de deux heures où chaque image est une merveille.


              

Dommage, néanmoins, que sa direction d'acteurs ne soit pas du même acabit, preuve qu'il n'est pas donné à tout le monde d'adapter du Shakespeare: à ce titre, Laurence Olivier s'est bien mieux plié à l'exercice douze ans plus tard, puisque là où la perfection formelle d'Hamlet est au service d'une théâtralité puissante et assumée, l'éblouissement esthétique de Cukor tend plutôt à noyer le poisson et faire oublier que les acteurs n'étaient pas vraiment à leur place dans une telle histoire. D'ailleurs, on a souvent reproché au casting d'être en décalage d'une génération par rapport aux personnages de la pièce, chose certes vraie mais qui ne me pose pas vraiment problème dans la mesure où n'étant pas du tout amateur de Shakespeare, je préfère davantage voir Norma Shearer à l'écran plutôt que Juliette, et c'était de toute façon la norme, en 1930, de faire jouer les comédiens de la génération 1900 si l'aura de star était là. (http://gretallulah.blogspot.fr/2014/12/romeo-and-juliet-1936.html)



               


Pathé continue le plan de sauvegarde de son catalogue avec Les Amants de Vérone, film un peu oublié d’André Cayatte. Le cinéaste avocat doit davantage sa postérité aux films à thèse judiciaires qui suivirent de peu cette transposition du mythe shakespearien dans l’Italie d’après-guerre. Angelo, souffleur de verre sur l’île de Murano, s’éprend de Bettina, vedette du film Roméo et Juliette tourné dans les environs. Engagé comme doublure du héros pour la revoir, il s’éprend violemment de Georgia, qui double l’actrice. Mais cette fille du magistrat Maglia, ruiné par l’effondrement du fascisme, est fiancée à Rafaele, rabatteur de la famille, escroc notoire, bien décidé à ne pas laisser filer sa belle avec un vulgaire « crève-la-faim ». La critique de l’époque n’est pas tendre avec Cayatte, alors vu comme un sympathique conteur trop classique et surtout trop désintéressé de l’image à une période en quête, au contraire, de nouvelles propositions filmiques. Les Amants de Vérone n’échappe pas au réquisitoire. Cinémonde n’y voit qu’une satire de mœurs boursouflée au scénario désastreux quand André Bazin lui reproche une dissonance à tous les niveaux dont le cinéaste n’a su atténuer le choc. Tous s’accordent sur l’inégalité de l’interprétation.Il est vrai que l’ensemble paraît bancal ; ce dont on s’étonne moins lorsqu’on se souvient que Prévert est aux dialogues. Entre le réalisme poétique qu’apporte le scénariste de Carné et l’univers plus prosaïque de Cayatte, la collaboration semble d’emblée dysharmonique. 


                

Les Amants de Vérone est un film social plongé dans les conditions des ouvriers, une tragédie où résonne le mythe immortel de Roméo et de sa Juliette, un document sur le cinéma, un témoignage historique sur les rescapés d’après guerre, traversé de saillies bouffonnes souvent jubilatoires et d’une emphase théâtrale portée par le jeu très cabotin de Brasseur ou celui de Louis Salou, un peu ampoulé. Le cinéaste et son dialoguiste semblent ne jamais trouver le ton pour entremêler subtilement ces différentes strates, comme s’ils avaient voulu embrasser trop d’éléments sans parvenir à trouver le ton adéquat à leur juste syncrétisme. Pourtant, c’est dans le fracas de ces disparités – auquel on peut, il est vrai, regretter un abandon systématique au manichéisme – que le film se révèle plus intéressant qu’il n’y paraissait peut-être à sa sortie en 1949. Si Cayatte et Prévert ne parviennent pas à atténuer le choc des dissonances, c’est peut-être justement qu’elles semblent, en cette période, inconciliables. 


               


Revoir le film aujourd’hui, c’est éprouver le malaise qui le ronge, véritable symptôme de discordances de la fin des années 1940, période charnière dans la société comme au cinéma. Dans ce film happé par la tentation moderne de l’Italie néoréaliste persiste un classicisme exaspérant les jeunes générations de critiques avide d’auteurs. La jeunesse qu’incarnent Angelo et Georgia butte contre les erreurs de leurs aïeux et les résidus de la guerre – voir la scène de baignade des deux amoureux, interpellés par un passant pour leur nudité, auquel le verrier répond agacé : « Et qui les a faites ces ruines ? Nous peut-être ? Alors ! » Leur amour affronte avec une insolence idéaliste les forces sociales qui voudraient voir la jeune femme épouser l’homme de pouvoir au lieu de céder au désir que le cinéma de l’Occupation s’est évertué à éradiquer. Leur passion insouciante brave l’avidité égoïste de Rafaele qui, prétendant aimer Georgia, ne veut que « la prendre, même en solde, usagée »(http://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/les-amants-de-verone/).


                 


De cette version de "Romeo & Juliette" réalisée en 1968 par Franco Zeffirelli, j'en ai souvent connu que la délicieuse bande-originale composée par Nino Rota. Le thème des deux amoureux y est splendide, magnifique et j'ai repoussé le moment de voir le film pour ne pas que cela compromette mon amour pour la musique. Rien de telle qu'une bande-originale superbe sur un film pourri pour casser la magie. Forcément, la comparaison avec la version de Baz Luhrmann de 1997 avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes est dans tous les esprits, surtout si on a aimé cette dernière. La version de Zeffirelli apparait donc comme bien terne à côté du délire visuel et flamboyant de Lhurmann mais ce serait dommage de s'arrêter à cela tant celle de 1968 a bien des atouts dans sa manche, à commencer par ses deux acteurs principaux. Totalement inconnus à l'époque (et encore davantage maintenant), Leonard Whiting et Olivia Hussey sont un Romeo et une Juliette formidables, tant ils allient l'innocence, la jeunesse mais également la passion de l'amour jeune et véritable. Je les ai trouvés parfaits d'un bout à l'autre, même si on ne peut pas en dire autant de certains rôles secondaires qui surjouent un peu. Adaptation fidèle (et années 60) oblige, les décors et les costumes font vides et ternes mais rien que pour les deux interprètes principaux, on s'accomode des petits défauts techniques pour apprécier l'histoire à sa juste valeur. 


          

L'histoire, vous la connaissez par coeur et il n'y a donc aucune surprise de ce côté-là. Aucun robot vengeur venu du futur, aucune épidémie de morts-vivants, c'est belle et bien l'histoire originelle, traditionnelle des deux amoureux maudits issus de familles ennemies. Difficile donc d'être surpris par cette histoire si on la connait déjà et c'est d'ailleurs pour cela que je parle autant des décors, des costumes et des interprètes parce que ce n'est pas le scénario ici qui fera la différence par rapport aux autres versions. Toujours est-il que la musique sublime de Nino Rota fait son petit effet, que les scènes attendues sont là, bien jouées par deux interprètes fougueux et innocents. Cela suffira à la plupart d'entre vous mais les fans inconditionnels de la version de Luhrmann trouveront cela bien trop sage et trop calme.(https://www.filmsdelover.com/critiques/rom%C3%A9o-et-juliette-1968/)

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?wz0uoietz9 (mot de passe : HmB79)
    http://subsmax.com/subtitles-movie/romeo-and-juliet-1936-dvdrip-xvid-fragment-cd1/download-subtitle/2792742
    http://uptobox.com/r1sbrcclwpof (lien Francomac)
    http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/ckF1Ra5M

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