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jeudi 6 juillet 2017

Messe pour le temps présent

Parue en 1967, la "Messe pour le temps présent" illustre le spectacle du même nom de Maurice Béjart, donné pour la première fois le 3 août 1967 à Avignon. Beaucoup de choses ont été dites sur ces douze minutes de musique, on y a notamment vu la naissance de la techno et des musiques électroniques modernes, paternité dont se passerait bien Pierre Henry qui ne se reconnaît aucunement dans la techno moderne. Mais d'abord rendons à César ce qui appartient à César et signalons que cette "Messe pour le temps présent" n'est pas uniquement l'oeuvre de Pierre Henry, mais également de Pierre Colombier. Et c'est sans doute plus à cet arrangeur de génie que les cinq morceaux doivent leur aspect moderne qu'à Pierre Henry. Si je vous dis que Michel Colombier est également co-compositeur et arrangeur de "Purple rain" (LE morceau culte de Prince), arrangeur pour Serge Gainsbourg (avec qui il a collaboré sur "Bonnie and Clyde" et "Requiem pour un con" entre autres), auteur de l'album progressif "Wings" (qui marquera tellement Paul Mac Cartney qu'il reprendra le nom pour son groupe post-Beatles), mais aussi chef d'orchestre, compositeur d'une centaine de musiques de films et de nombreux jingles d'émissions télévisées, vous comprendrez que le monsieur était un touche à tout doué d'un grand talent.


                


Ce n'est donc pas pour rien que l'on trouve sur la "Messe pour le temps présent" une très grande variété de styles. Bien évidemment Pierre Henry amène ses bidouillages électroniques et son amour pour les morceaux déstructurés, mais sa contribution est finalement assez minoritaire. Car cette "Messe pour le temps présent" est avant tout une oeuvre de son temps, de la fin des années 60, époque bénie pour le rock, la pop symphonique, le progressif, le jazz et ce qui allait devenir le hard rock. La "Messe pour le temps présent" s'inspire de cette effervescence artistique et préfigure le rock seventies, à grands coups de guitares et d'orgues Moog, sonorités d'un temps où tout était à inventer, où le futur s'écrivait avec espoir et où la contestation grondait et allait changer le monde à jamais. Ecoutez ne serait-ce que "Too fortiche", vous verrez qu'Hendrix n'est pas loin.





Ce disque est sans doute le plus connu de Pierre Henry, celui par lequel on vous conseillera de débuter son oeuvre car il est le plus accessible; forcément puisque Pierre Henry est pratiquement absent ! N'écoutez donc pas ces morceaux pour de mauvaises raisons et ignorez-les si vous êtes à la recherche de la musique concrète de Pierre Henry. Par contre la "Messe pour le temps présent" permet, au cours de la découverte des compositions de Pierre Henry, de faire connaissance avec Michel Colombier et pourquoi pas de s'attarder sur ses disques personnels, largement ignorés en France mais vénérés à l'étranger.



                  
Pierre Henry est un compositeur à part. Il reçoit une formation musicale on ne peut plus classique au conservatoire de Paris avec d’excellents professeurs et notamment le compositeur Olivier Messiaen (dont je vous parlerai sûrement très prochainement). Il était également en classe de composition avec Nadia Boulanger et a reçu une formation de percussionniste.


                                       


Issu d’un cursus très classique, Pierre Henry n’est cependant pas resté sur les rails de l’académisme et est devenu le père fondateur de la musique électroacoustique et de la musique concrète avec son ami Pierre Schaeffer. Ce style musical apparaît pour la première fois dans leur première oeuvre en collaboration, «Symphonie pour un homme seul» en 1950.
Ce n’est que quelques temps plus tard que Pierre Henry se fait connaître par tout une génération avec la «Messe pour le Temps présent» composée en collaboration avec Michel Colombier (à la demande de Maurice Béjart). Cette oeuvre créée en 1967 au festival d’Avignon comprend plusieurs morceaux que vous avez sans doute déjà tous entendu puisque le titre «Psyché Rock» a fait l’objet de nombreuses reprises dont la plus connue reste celle de Fatboy Slim. On retrouve également certains sons de ce morceau dans le thème de Futurama composé par Christopher Tyng qui est largement basé sur les sonorités électroacoustiques de Pierre Henry.

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