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dimanche 9 juillet 2017

Ken Russell

Ken Russell est l'aîné des deux fils d'Ethel (née Smith) et de Henry Russell, le propriétaire d'un magasin de chaussures. Son père, froid et distant, alimente très tôt la rage du futur réalisateur à son égard. Pour le fuir, Russell passe beaucoup de son temps au cinéma avec sa mère, qui est atteinte d'une maladie mentale. Enfant, il nourrit l'ambition de devenir danseur de ballet, mais étudie plutôt la photographie au Collège technique de Walthamstow (maintenant une partie de l'Université de Londres-Est). Il fait un temps partie de la Royal Air Force, puis de la marine marchande. Après une courte carrière de photographe de plateau pour des spectacles de danse, il travaille comme photographe documentaire indépendant jusqu'en 1959. Après cette date, ses documentaires associés au mouvement du Free Cinema lui assurent un emploi à la télévision de la BBC. De 1959 à 1970, il réalisé des documentaires d'art, notamment Elgar (1962), The Debussy Film (1965), Isadora Duncan, the Biggest Dancer in the World (1967), Song of Summer (1968), un film consacré à Frederick Delius, et Dance of the Seven Veils (1970), un film sur Richard Strauss. Avec les années, ses documentaires pour la télévision deviennent de plus en plus flamboyants et scandaleux. Dance of the Seven Veils, par exemple, cherche à dépeindre Richard Strauss comme un nazi. La famille Strauss, outrée par ces libertés, retire promptement les droits musicaux au producteur de sorte que le film est interdit de projection jusqu'en 2019. French Dressing (1964), le premier long métrage de Russell est une comédie vaguement inspiré de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim. C'est un échec critique et commercial. Son second film Un cerveau d'un milliard de dollars (1967), un film d'espionnage tiré d'un roman de Len Deighton, met en vedette Michael Caine. C'est toutefois en 1969 que Russell signe son premier film vraiment personnel avec Love, une adaptation du roman Femmes amoureuses de D. H. Lawrence, avec Glenda Jackson, Oliver Reed, Jennie Linden et Alan Bates. (Wiki)


                 


« Billion Dollar Brain » est le troisième film des aventures de l’espion britannique Harry Palmer et le premier film (et seul film de commande) de Ken Russell. Le pas si jeune réalisateur d’alors 40 ans, venu du monde documentaire et de la télévision, deviendra par la suite l’un des réalisateurs britanniques les plus audacieux de sa génération.
Contemporain de la saga James Bond (lancée en 1962), Harry Palmer, créé par le romancier Len Deighton, voit lui le jour sur grand écran trois ans plus tard dans le classique « The Iprcess file » (« Ipcress – danger immédiat »). S’ensuivront deux autres films moins aimés (à tort?) par les cinéphiles : « Funeral in Berlin » (« Funérailles à Berlin », 1966) et « Billion Dollar Brain » (« Un cerveau d’un milliard de dollars », 1967).
Pour autant Harry Palmer, au-delà d’une carrière cinématographique bien plus courte, n’a pas forcément à rougir de la comparaison avec Bond. Il ne concourt tout simplement pas dans la même cour. Harry Palmer porte de grosses lunettes, ne conduit pas de Porsches, n’a pas toutes les filles à ses pieds, et mène une vie plus proche de celles des classes ouvrières que d’un aristocrate. Enfin, il est maladroit, et semble se faire mener par le bout du nez par les services d’espionnage du monde entier. Bref, c’est un miracle qu’il soit encore vivant à la fin du film.


           
          
C’est particulièrement vrai de « Billion Dollar Brain » où l’aventure vire vraiment à la grande farce. Le film est souvent d’une drôlerie remarquable aux dépens de son héros, mais aussi, et c’est assez rare pour être souligné dans un film d’espionnage de l’époque, aux dépens des Américains montrés comme de purs imbéciles.
A côté du milliardaire américain excentrique, l’auto proclamé Général Midwinter qui veut éliminer tous les rouges de la Terre en pilotant à distance une révolution en Lettonie via son ordinateur supra intelligent, le colonel Russe Stok passe pour un Einstein en puissance. 


                  


Autre Américain du script, Leo (interprété par Karl Malden), est quant à lui un parfait capitaliste qui ne cherche qu’à récupérer le maximum d’argent possible quitte à provoquer la mort de centaines de milliers de personnes. Bref, l’Amérique n’en sort pas grandi, et on doute que le film ait connu un gros succès outre atlantique.
Ce sont en tout cas bien les Russes qui l’emporteront à la fin, aidés par la délicieuse Françoise Dorléac dont c’était malheureusement la dernière apparition à l’écran. La réalisation de Ken Russel est standard mais fort efficace (bien que quelques élipses désarçonnent parfois le spectateur). Et bien que l’intrigue soit un peu confuse (mais n’est ce pas typique des films d’espionnage?), l’humour toujours présent et la qualité de l’interprétation (notre cher Michael Caine en tête) emportent l’adhésion. Un très bon moment.
www.cinemaderien.fr/billion-dollar-brain-un-cerveau-dun-milliard-de-dollars-1967/)


                 


Dans les années 70, Ken Russell était un metteur en scène culte. Avec « Love », « The Music lovers », « Valentino », ou « Tommy », délirante adaptation de l’opéra-rock des Who, le cinéaste anglais avait su imposer son style flamboyant et excessif comme signe de ralliement des spectateurs branchés. Si ses audaces thématiques et visuelles ont souvent fait long feu avec le temps (rien ne vieillit plus vite que certaines avant-gardes), Russell n’en avait pas moins un grand talent de réalisateur (revoir « Les Diables » pour s’en convaincre). Or, après « Les Jours et les nuits de China Blue » en 1984, c’est la dégringolade. Les outrances de Russell deviennent de plus en plus kitsch dans le mauvais sens du terme, son « Salomé » consterne ses fans les plus acharnés, ses tentatives de provocation deviennent grinçantes et répétitives. Reconverti aujourd’hui dans la confection de téléfilms (« L’Affaire Dreyfus »), Russell tente occasionnellement de revenir à ses premières amours, notamment avec une version trash de « La Chute de la Maison Usher », mais sans retrouver son succès critique ou public.Pour qui veut suivre en détail le passage de Ken Russell du statut d’auteur d’avant-garde à celui de vieille baderne oubliée, ce « Repaire du ver blanc » constitue une vision intéressante, tant il marque de façon irrémédiable le basculement du cinéaste vers le kitsch le plus hideux.Adapté d’un texte de Bram Stoker, ce film d’horreur pataphysique, qui aspirait à relancer le cinéma d'épouvante british, est en effet un nanar parfaitement jouissif dont le délire assumé n’est que le prétexte à un déferlement de mauvais goût qui se voudrait novateur. Le propos et le contexte de l’action sont cependant relativement originaux : dans l’Ecosse profonde, Henry, un étudiant en archéologie, déterre le crâne d’une sorte de serpent géant. Il s’agit en fait des restes de l’antique dieu-serpent (le fameux « ver blanc » du titre), idole d’un culte pré-chrétien avec sacrifice de vierges à la clé. 


                               
Suite sur Dailymotion..

La Comtesse Sylvia, prêtresse du culte et femme-serpent-vampire aux crocs acérés, va tenter de le récupérer pour rendre le Dieu à la vie. Sir James D’Ampton (Hugh Grant), dont l’ancêtre tua jadis le serpent, ne tarde pas à s’intéresser à l’affaire…Ce point de départ étant posé, le spectateur qui aura eu la curiosité de regarder ce truc accablant va se trouver soumis à une succession de vignettes oscillant entre le délirant et l’obscène. Visiblement assez moyennement convaincu par le propos de son film, Ken Russell a en effet choisi de traiter le sujet absolument par-dessous la jambe, le récit, très incohérent, ne progressant qu’assez mollement (les héros bavardent pendant des plombes avant de se décider à agir, au point que ça en devient comique) au rythme de saynètes érotisantes totalement à la gloire de la belle brune Amanda Donohoe, interprète de la méchante Comtesse. Extrêmement sexy, miss Donohoe passe une bonne partie du film dans des tenues de tapineuse de luxe (compter les plans sur ses porte-jaretelles), de dominatrice sado-maso ou d’adepte de secte partouzeuse, Russell, visiblement enamouré, nous gratifiant même d’une séance de catch féminin en uniforme (deux fantasmes en un !).


                

Amanda Donohoe prend visiblement un plaisir extrême à sa prestation, jouant les Cruella avec une délectation gourmande et apparaissant pour le final le corps nu et peinturluré.Les autres attractions du film sont les séquences de rêves et autres hallucinations que subissent les personnages une fois exposés au venin de serpent craché par la méchante. Viol d’un couvent entier de religieuses par des légionnaires en furie, Jésus-Christ dévoré vivant sur sa croix par le dieu-serpent, la Comtesse crachant son venin sur un crucifix : Ken Russell prend prétexte de la présence dans l’histoire d’un culte païen pré-chrétien et maléfique pour nous servir des vignettes anti-religieuses d’une grossièreté assez inouïe. Mais ces séquences de délires (qui avaient fait le succès de Russell dans un film comme « Au-delà du réel ») sont ici totalement ratées : tâches de couleur explosant sur l’écran, décors surréalistes hideux, effets gore mal foutus. On nage dans l’auto-parodie, qui pardonne d’autant moins quand elle est pratiquée par un cinéaste au style si excessif.(http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-repaireduverblanc-le-repaire-du-ver-blanc.html)

3 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?jmheu27agp
    zik : https://1fichier.com/?p5wctezhjn
    https://1fichier.com/?n1vdhsfsxw

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  2. Réponses
    1. Merci à Ken Russell surtout !!
      A bientot !!

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