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lundi 31 juillet 2017

Les Brigades du Tigre

"Les Brigades du Tigre" raconte l'histoire de ce corps spécial de police, les Brigades Mobiles, créées par George Clemenceau (Ministre de l'Intérieur à partir de 1906 et jusqu'en 1909, puis Président du Conseil en 1917/1918, c’est-à-dire chef du gouvernement, dans le cadre des institutions de la IIIème République).
Lorsque l'inspecteur Valentin apprend la création de ces brigades, il demande sa mutation (cet aspect est particulièrement bien développé dans l’épisode-pilote : "Ce siècle avait 7 ans" diffusé le 21 décembre 1974 sur la 2ème chaîne de l'ORTF). Au sein de la 1ère Brigade Mobile, il accède rapidement au grade de commissaire. Valentin est secondé par ses amis, les inspecteurs Terrasson et Pujol. Les trois policiers se retrouvent sous la direction du commissaire principal Faivre, un patron pas franchement commode, et ils vivent de multiples aventures au cours desquelles, naviguant entre faits divers et grands problèmes de société, ils croisent de nombreuses célébrités de leur époque, et mettent la main au collet de fameux criminels.
Chaque épisode est l'occasion d'un flash-back passionnant tant du point de vue historique que de celui des intrigues policières. Comme le déclarait Jean-Claude Bouillon pour le magazine Génération Séries, numéro 14, paru au cours de l’été 1995 : "Finalement, avec "Les Brigades du Tigre", le téléspectateur recevait une leçon d’histoire toujours agréable, jamais ennuyeuse ou didactique, avec l’avantage du suspense et de la bonne humeur. Tout cela fait un mélange original et inimitable."



                                      



Au-delà des changements de gouvernement, les Brigades poursuivent leurs activités, couvrant de fait les années menant à la guerre de 1914/1918. Dans les 12 derniers épisodes (les saisons V et VI), intitulés "Les Nouvelles Brigades du Tigre", c’est la période des années 1920 puis celle des années 1930, qui servent d’arrière-plan aux enquêtes des hommes de Valentin. Un changement de taille se produisant : le remplacement de Monsieur Faivre par Monsieur Gabrielli.
La grande originalité des "Brigades du Tigre" est, le rappelait-on dans l'introduction à cet article, de se situer à la confluence de deux genres : la série policière et le feuilleton historique. C’est par le mariage heureux de ces deux styles que la série a fini par acquérir un statut particulier en France. Disons-le tout net : s’il est un programme qui mérite amplement l’appellation de série-culte alors la création de Claude Desailly en est le parfait exemple !


Les origines de la création de ce programme télévisé remontent au milieu des années 1960. A cette époque, Claude Desailly venait d’achever le scénario du film "J’ai tué Raspoutine", mis en scène par Robert Hossein. Par souci de véracité historique, Desailly avait collaboré avec Alain Decaux, icône incontournable de l’histoire version télévisuelle et/ou cinématographique. Ce dernier reprend contact avec Claude Desailly pour lui demander s’il n’a pas une idée de programme télévisé dans une perspective policière, une série dont la qualité finale puisse être comparée aux productions américaines de l'époque. Dans ce domaine, la série de référence que diffusait la 1ère chaîne, depuis 1963, est "Les Incorruptibles" avec Robert Stack. Dans ce show produit par la firme Desilu, et conçu par Quinn Martin, on peut déceler les influences qui vont s’exercer sur les futures aventures de Valentin et de ses compagnons : un sens identique du rythme visant à contracter en 55 minutes ce qui pouvait être développé dans le cadre d’un long-métrage; une utilisation du patrimoine historique non pas dans le sens du respect absolu, les enquêtes d’Eliott Ness et des incorruptibles étaient purement fictives, ni encore comme simple toile de fond exotique, mais plutôt comme source pour l’élaboration d’intrigues devant irriguer les aventures de Ness et de sa brigade.
                                 
Là, où, la série française va se démarquer, c’est dans le domaine de l’interprétation. Autant Elliot Ness et ses enquêteurs sont dénués d’humour, se contentant de réagir face aux situations, autant Valentin, Pujol et Terrasson connaîtront une évolution au fur et à mesure des épisodes et des saisons. Si, dans la première saison notamment, les interventions de Pujol et de Terrasson sont très minimalistes (ils se contentent d’obéir aux ordre donnés par Valentin) ensuite leurs rôles s’étofferont. Confirmation en est donnée par Jean-Paul Tribout dans une interview pour le magazine Génération Séries (cf : source citée précédemment) : « Dans les six premiers épisodes, Maguelon et moi avions des rôles à peu prés équivalents, Jean-Claude a un peu plus d’importance. Puis, Claude Desailly est parti du principe que, dans chaque saison, il devait y avoir trois épisodes où nous avions des rôles comparables, et chacun un épisode où on avait un peu plus le rôle principal. »



C’est ce que l’on remarque en redécouvrant la série dans son intégralité :
- dans "Les Enfants de La Joconde" diffusé au cours de la saison IV, le 19 mai 1978, c’est Pujol qui occupe le devant de la scène ;
- constat identique pour Pierre Maguelon avec "Le Village Maudit", un des meilleurs épisodes de toute la série, diffusé le 21 avril 1978, toujours au cours de la saison IV;
- idem pour "Le Cas Valentin", cette-fois au cours de la saison III, épisode diffusé, lui, le 31 décembre 1976.
                                   
Qui plus est, le spectateur finira par découvrir certains arrières-plans personnels du trio alors que, pour Ness et ses collègues, peu ou pas d’informations importantes sont révélées qui concernent leurs goûts ou leurs vies privées. Le summum sera atteint avec le mariage de Terrasson lors du du dernier épisode de la saison VI : "Lacs et Entrelacs" diffusé le 06 novembre 1983.
Desailly se met donc au travail, s’appuyant notamment sur les archives du commissaire Belin qui avait été à l’origine de l’arrestation de Landru et qui, dans ses mémoires, relatait précisément la situation de la police française, en 1907, face à la criminalité. On est alors surpris d’apprendre que le décalage entre les forces en présence et les criminels était plus qu’important. Les malfrats utilisaient des voitures et des armes dernier cri pour perpétrer leurs méfaits tandis que les représentants de forces de l’ordre ne disposaient d’aucun fichier recensant les criminels, d’aucune machine à écrire, et que les forces de gendarmerie, se déplaçant à cheval, se devaient de respecter leurs circonscriptions administratives ! Un bandit ayant commis son crime pouvait ainsi échapper aux poursuites s’il parvenait à passer d’une circonscription à l’autre ! Voilà pourquoi, Georges Clemenceau, membre du parti radical, Président du Conseil de 1906 à 1909, et titulaire du portefeuille du Ministère de l’Intérieur, décida-t-il de mettre en place des brigades mobiles, un nouveau corps de police qui fera entrer cette dernière dans la modernité du siècle naissant.


                                     


Le projet télévisé semble donc prendre une tournure intéressante. Nous sommes fin 1968 quand Claude Desailly rencontre cette fois Pierre Bellemare, par l’intermédiaire d’Alain Decaux. Bellemare dirige alors la société Telcipress, une maison de production de films publicitaires, et il souhaite la faire évoluer vers la production de séries télévisées. Toutefois, Pierre Bellemare voit grand, trop peut être, lorsqu’il annonce à Desailly qu’il envisage de construire une petite ville, d’engager des comédiens pour plusieurs années, à l’image des contrats de cinq ans en vogue au même moment aux USA, et de se lancer dans une réalisation de 26 épisodes de 48 minutes par saison... Malheureusement, le système de production français de l’époque n’était pas capable de répondre à une telle attente. Les structures économiques en place ne pouvant favoriser ce type d’initiative. En effet, Il vous faut savoir que l’habitude était prise, depuis la fin des années 1950, de ne produire que 6 épisodes, parfois 13, pour les séries de 52 minutes, 13 pour celles de 26 minutes, et de ne lancer de nouvelles saisons qu’après les premières diffusions. En effet, le marché des productions francophones étant trop limité, l’amortissement de coûts de production n’avait rien de comparable avec les séries anglo-saxonnes bien plus faciles à vendre sur tous les marchés et, qui plus est, qui étaient aisément doublées pour s’adapter aux publics nationaux.
                                 
Comment faire pour une série policière française qui serait vendue en Belgique, au Luxembourg, en Suisse ou dans le Canada francophone ? Eventuellement doublée pour les marchés allemands et italiens ? La sanction ne se fait pas attendre très longtemps et c’est un Pierre Bellemare dépité qui appelle Claude Desailly pour lui annoncer ce qui ressemble à un enterrement définitif du projet...
Pensant que le projet a capoté, Claude Desailly s’attelle à d’autres scénarios et écrit notamment pour la firme Télécip une série adaptée de l’œuvre de Gaston Leroux, "L’Homme qui revient de Loin". Pour cette série de 6 épisodes datant de 1972, et interprétée par Louis Velle ainsi que par Alexandra Stewart, Desailly imagine les aventures de Jacques de La Bossière, un aristocrate fortuné vivant à la Belle Epoque et dont la famille va être confronté à des événements surnaturels. L’ensemble est réalisé par le téléaste Michel Wyn. Roland Gritti en est le producteur. Il va jouer un rôle déterminant dans la naissance des "Brigades du Tigre" à la télévision.
Roland Gritti est à l’époque une figure incontournable de la production télévisuelle française. C’est notamment lui qui avait produit, dans le cadre d’un accord entre la firme Télécip et la société Gaumont, "Les Nouvelles Aventures de Vidocq" avec Claude Brasseur en 1971. Satisfait du travail de Claude Desailly, il demande à ce dernier s’il n’a pas une idée de série policière. Desailly peut alors exhumer de ses cartons, le projet des "Brigades du Tigre", une idée qui traîne dans les bureaux de l’ORTF depuis trois ans. Le rôle joué par Gritti mérite donc d’être souligné puisqu’il a véritablement débloqué le projet.


                                      


Commence alors pour Claude Desailly un travail de recherche dans les archives des brigades mobiles avec le secret espoir de trouver matière à l’écriture des nombreux épisodes : "J’ai commencé à les éplucher en me disant : Je vais trouver là-dedans tout ce dont je vais avoir besoin. J’ai dû très vite déchanter, car, en fait, ces brigades mobiles, que nous avons un peu sacralisées, étaient à l’origine un corps dont la plupart des missions étaient d’attraper des voleurs de lapins… " (extrait d’une interview de Claude Desailly tirée du livre de Jean-Jacques Schléret et Jacques Baudou : Meurtres en Séries aux éditions du Huitième Art). De fait, Desailly va alors littéralement inventer toutes les histoires des "Brigades du Tigre" en s'appuyant sur des événements historiques, puis en opérant une subtile extrapolation pour déboucher sur de dynamiques scénarios.
Réalisés au cours de l'été 1973, les 6 premiers épisodes de la série convenaient pleinement aux responsables d'Antenne 2 qu'étaient alors Claude Désiré et Pierre Sabbagh. Toutefois, ces derniers souhaitaient faire de la diffusion des "Brigades du Tigre" un véritable événement. C'est pourquoi, ils prennent la décision d'attendre que 6 nouveaux épisodes soient disponibles (ils seront tournés entre le printemps et le début de l'été 1974) pour programmer la série à raison d'une aventure par semaine, ce qui semblait le choix le plus cohérent afin de donner aux "Brigades du Tigre" une audience maximale et de permettre ainsi à la série de d'installer durablement.


                                                                       
Malheureusement, apprenant leur nomination à la tête de la 1ère chaîne, future TF1 pour le 01 janvier 1975, par décision gouvernementale, comme cela se pratiquait à l'époque (nous sommes quelques mois après l'élection présidentielle qui a vu la victoire de Valéry Giscard d'Estaing), Désiré et Sabbagh décident de diffuser un épisode tous les deux jours à partir de décembre 1974 "parce qu'ils voulaient partir sur la 1ère chaîne sans que leurs successeurs puissent hériter de cette série et en tirer profit" a confirmé Claude Desailly dans Génération Séries. Comment alors qualifier cette décision ? Nulle ? Stupide ? Idiote ? Face à tant d'impéritie, les mots finissent franchement par manquer...
Néanmoins, ce démarrage catastrophique ne va en rien altérer le potentiel de la série. L'accueil réservé par le public aux "Brigades du Tigre" est royal et une troisième saison est de fait commandée. Tous comme les deux précédentes, elle fait la part belle aux nombreux décors trouvés par la production dans le Loiret ainsi qu'à la place Saint-Aignan à Orléans qui est systématiquement utilisée pour de nombreuses séquences au cours des cinq premières saisons avec présence de figurants au fur et à mesure des intrigues.


Chaque épisode nécessitait 12 à 14 jours de tournage et les relations avec la société de production, ainsi qu'avec Antenne 2, ne furent pas au beau fixe loin s'en faut tant les budgets alloués à chaque épisode étaient sytématiquement restreints d'année en année. C'était sans compter sur le talent de Victor Vicas qui n'avait pas son pareil pour utiliser de façon habile les figurants et faire croire qu'ils étaient plusieurs dizaines là où ils n'y en avaient que quelques uns. Seul l'épisode "L'Ange Blanc" (diffusé le 24 mai 1978, il était le 24ème de la série au cours de la saison IV) souffre d'un manque de moyens évident tant il est difficile de raconter une enquête se déroulant au cours du Tour de France cycliste avec seulement quelques coureurs et vélos à sa disposition.


                                     

La quatrième saison, diffusée en 1978, fut tout autant un succès que la précédente et pourtant, pendant quatre longues années, entre 1979 et 1982, la série fut brutalement interrompue... Pourquoi ? Parce que Claude Barma (grand responsable de la fiction sur Antenne, et lui-même auteur des plus belles réalisations de la télévision française) avait décidé d'arrêter la production des "Brigades du Tigre" estimant probablement que le filon était épuisé ! C'est alors que Claude Désiré (qui avait quitté Antenne 2 au profit de TF1 en 1975) s'exprimant dans la presse, notamment dans le journal France Soir, déclarait ne pas comprendre pourquoi le tournage d'une cinquième saison, tant attendue par le public, n'avait pas lieu et annonçait par la même occasion que TF1 était prête à recevoir les nouvelles aventures de Valentin et de son équipe. Immédiatement, la situation avec Antenne 2 se débloque, Claude Barma revenant sur ses positions et "Les Nouvelles Brigades du Tigre" voient le jour en 1982, mais avec un changement de taille : exit Mr Faivre ! Imaginez Tintin sans le capitaine Haddock ? Et bien les producteurs n'ont pas hésité, pour de basses raisons de co-production avec l'Allemagne, à remplacer l'immense François Maistre par le bien falot Pinkas Braun dans le rôle de Gabrielli. Il est à noter que ce dernier fut doublé par Jacques Deschamps (la voix française de Richard Anderson dans "L'Homme qui Valait Trois Milliards" et "Super Jaimie").
Il n'empêche que cette cinquième saison fut elle-aussi un gros succès d'audience tout comme la sixième et dernière diffusée à l'automne 1983. Par contre, il n'y eut jamais de septième saison qui aurait donné à la série une cohérence d'ensemble, les changements intervenus entretemps à Antenne 2 bloquant définitivement le processus de décision. Maudite France !
Source : http://www.lemagazinedesseries.com/index.php?option=com_content&task=view&id=89

dimanche 30 juillet 2017

Charles Dechamps

Charles Dechamps est un acteur français, né le 13 septembre 1882 dans le 10e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 25 septembre 1959 dans le 15e.Charles Dechamps, Émile Charles François Dechamps de son nom complet, a épousé la comédienne Fernande Albany le 19 novembre 1925. Mort en 1959, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.


Il y a plusieurs façon d'accorder 5 * à un film. La moins discutable, c'est de les mettre à celui qui vu régulièrement nous apporte un plaisir toujours renouvelé. Une autre est de juger un film en examinant les critères des Oscars les uns après les autres mais en donnant nécessairement priorité à la mise en scène. Chacun peut mettre 5 * à un film dont l'histoire l'a enthousiasmé mais ce n'est plus le cinéma qui est jugé. Occupe toi d'Amelie vaut 4 * pour sa mise en scène, le jeu de ses acteurs et ses décors de rêve mais c'est l'intelligence de l'intrication: grand cinéma par des plans lumineux et grand théâtre par un rythme à la limite du réel qui lui confère son coté exceptionnel. Il faut voir les acteurs se préparer à jouer tout en jouant et 4 spectateurs passer quasiment derrière l'écran tellement ils sont choqués par la liberté des propos. Il faut voir la voiture partir de la rue pour s'arrêter à l'étage afin que les personnages regagnent leurs loges pour préparer l'acte suivant. C'est absolument un spectacle rare qui abolit les frontières artistiques. Tourné en 1949,le sérieux du mariage en prend un bon coup mais il aura fallu 60 années pour que cela soit pareil dans la vraie vie. Autant-Lara,vieux réactionnaire grognon était un tout autre homme quand il tournait, admirable par son talent et sacrement sympathique dans ses audaces. Réalisé d'après la pièce de Georges Feydeau (1908).


                    


Le moins qu'on puise dire c'est que ça déménage ! Ça entre, ça sort, ça défile, ça hurle, ça se croise et les spectateurs quittent leur loge pour entrer dans la pièce (on a même droit à un entracte avec des encarts publicitaires et autres). D'une fantaisie entraînante et d'un amoralisme réjouissant, le scénario se moque de l'institution du mariage et choisit comme héroïne une "cocotte" remarquablement interprétée à la fois avec charme et pétulance par une Danielle Darieux en pleine forme. La distribution et la direction d'acteur est très bonne, (à noter la présence dans le générique de Grégoire Aslan, dit Coco Aslan, dans le rôle du prince Nicolas de Palestrie, qui fut chanteur et batteur dans l'orchestre de Ray Ventura). La mise en scène est impeccable et souvent très inventive, la musique est bonne, les décors, les éclairages, tout est bon.


                                  

Bref un chef d'œuvre méconnu.Ça court dans tous les sens, ça s'exclame, ça s'esclaffe, ça claque des portes... On est chez Feydeau ! Les acteurs en font des tonnes, c'est parfois saoulant, mais leur plaisir est souvent communicatif. On se laisse emporter par le vent de folie de cette intrigue. Sur le fond : critique de la bourgeoisie, de l'hypocrisie, de la vénalité. Sur la forme, on évite avec bonheur le théâtre filmé. L'originalité tient dans le mélange des univers de représentation : on passe régulièrement des coulisses du théâtre à la scène, de la scène (avec son unité de lieu et ses décors en carton) au film (sans unité de lieu, avec des décors intérieurs et extérieurs), sans oublier l'intrusion dans les coulisses, sur la scène et dans le film de spectateurs protestant contre l'immoralité de l'histoire... On a même droit à quelques pages de réclame. Bref, la fantaisie est reine. Et le film, moderne ! (Allociné)


                


Le Don d'Adèle est un film français d'Émile Couzinet réalisé en 1951 d'après la pièce de théâtre éponyme.Adèle a un don de double vue, ce qui sème la panique partout ou elle passe. Heureusement, son pouvoir disparait lorqu'elle devient la maîtresse du fils de la maison ou elle est engagee.C'est la catastrophe chez les Veyron-Lafitte. Régine, la bonne, vient de rendre son tablier et le repas n'est pas prêt pour les invités à dîner, les Gachassin. Adèle débarque chez eux comme bonne et sauve la situation. Très vite, les maîtres des lieux se rendent compte qu'elle a le don de voir l'avenir. Adèle leur prédit que les Gachassin ne viendront pas, ce qui va se vérifier…. Le réalisateur échoue à faire sortir le film d'une pièce de théâtre trop lisse et trop familiale. Ainsi l'introduction est bâclée (malgré un bon gag) et la scène de cabaret brouillonne et encombrée par la prestation inutile de Robert Lamoureux (qu'on a vu mieux en forme). L'histoire se regarde néanmoins avec un certain amusement, en raison de la bonne prestation des actrices. Voir jouer Marguerite Pierry est toujours un plaisir Mais bon, ça ne casse pas trois pattes à un canard.Lorsque l'incroyable Émile Couzinet décide d'adapter un classique de Barillet et Grédy, en confiant la musique à Vincent Scotto… Le résultat est surprenant. Couzinet sait vraiment rassembler des comédiens "excentriques" à souhaits !(http://www.renechateauvideo.com/dvd-7448-don-d-adele--le.html)

vendredi 28 juillet 2017

Romeo and Juliet

Superproduction de prestige de la MGM en l'an de grâce 1936, Romeo and Juliet a l'originalité d'allier une perfection formelle très séduisante à une imperfection interprétative totale, de quoi en faire une oeuvre sur laquelle il y a beaucoup à dire, avec principalement une pointe de regret quand on pense que le film aurait pu être un chef-d'oeuvre, la production n'eût-elle pas cédé à la tentation d'erreurs de casting aussi flagrantes. Romeo and Juliet est aussi un film entaché de bien des légendes, depuis John Gielgud, qui avait refusé le rôle pensant qu'on ne pouvait adapter Shakespeare au cinéma, fuyant de dégoût au bout de seulement quinze minutes; au décès d'Irving Thalberg, survenu le jour de la première à Los Angeles, preuve que la carrière du film ne démarra pas sous les meilleurs auspices. Dommage, ceci dit, car l'adaptation regorge d'indéniables qualités. Sur le plan technique, c'est donc parfait. Et je ne sais jamais parler en bien des aspects formels d'un film, au risque d'être vraiment redondant, mais l'évidence est là: la photographie de William Daniels, l'illuminateur du visage de Garbo, est en tout point superbe, avec des séquences nocturnes savamment dosées entre ombres et lumières, et des plans d'ensemble très bien cadrés de façon à faire ressortir toute la richesse d'une scène. Les décors, supervisés par Cedric Gibbons, sont quant à eux à tomber par terre: la place italienne et son campanile, les ruines du temple champêtre, la villa des Capulet avec ses bassins, ses colonnes et ses cyprès, le célébrissime balcon, ou encore le cimetière tout en lignes verticales (celles des arbres et des croix), sont d'un raffinement exceptionnel qui sert toutes les dimensions d'un film idyllique, tragique et aristocratique. 



   


A vrai dire, il suffit aux décorateurs de placer une grande fleur blanche dans la chambre de Juliette, ou une longue bougie et un rideau replié chez Roméo, pour glorifier l'esthétique d'une séquence. Les costumes ne sont pas en reste, mention spéciale aux tenues des Capulet avec feuilles blanches sur fond noir et lignes noires sur fond blanc, et pour moi qui adore porter des capes, je suis servi! Niveau technique, on relèvera encore un bon usage de la musique, Herberth Stothart ayant réussi l'alliance d'Arbeau et Tchaïkovski pour mettre en valeur les scènes de liesse avant de dériver de plus en plus sur la romance et le tragique, sans compter que les chœurs au début sont assez grandioses pour donner envie de s'intéresser à l'histoire dès son commencement. A noter aussi un joli effet chorégraphique, lorsque Norma Shearer passe sous une arche de bras lors du bal, de quoi ajouter à la beauté de l'ensemble. En fait, comme souvent chez Cukor, c'est toujours filmé avec beaucoup de soin et d'élégance, même si sa mise en scène n'est pas encore aussi inventive que ses futurs chefs-d'oeuvre (je pense à Gaslight), d'où un joli spectacle de deux heures où chaque image est une merveille.


              

Dommage, néanmoins, que sa direction d'acteurs ne soit pas du même acabit, preuve qu'il n'est pas donné à tout le monde d'adapter du Shakespeare: à ce titre, Laurence Olivier s'est bien mieux plié à l'exercice douze ans plus tard, puisque là où la perfection formelle d'Hamlet est au service d'une théâtralité puissante et assumée, l'éblouissement esthétique de Cukor tend plutôt à noyer le poisson et faire oublier que les acteurs n'étaient pas vraiment à leur place dans une telle histoire. D'ailleurs, on a souvent reproché au casting d'être en décalage d'une génération par rapport aux personnages de la pièce, chose certes vraie mais qui ne me pose pas vraiment problème dans la mesure où n'étant pas du tout amateur de Shakespeare, je préfère davantage voir Norma Shearer à l'écran plutôt que Juliette, et c'était de toute façon la norme, en 1930, de faire jouer les comédiens de la génération 1900 si l'aura de star était là. (http://gretallulah.blogspot.fr/2014/12/romeo-and-juliet-1936.html)



               


Pathé continue le plan de sauvegarde de son catalogue avec Les Amants de Vérone, film un peu oublié d’André Cayatte. Le cinéaste avocat doit davantage sa postérité aux films à thèse judiciaires qui suivirent de peu cette transposition du mythe shakespearien dans l’Italie d’après-guerre. Angelo, souffleur de verre sur l’île de Murano, s’éprend de Bettina, vedette du film Roméo et Juliette tourné dans les environs. Engagé comme doublure du héros pour la revoir, il s’éprend violemment de Georgia, qui double l’actrice. Mais cette fille du magistrat Maglia, ruiné par l’effondrement du fascisme, est fiancée à Rafaele, rabatteur de la famille, escroc notoire, bien décidé à ne pas laisser filer sa belle avec un vulgaire « crève-la-faim ». La critique de l’époque n’est pas tendre avec Cayatte, alors vu comme un sympathique conteur trop classique et surtout trop désintéressé de l’image à une période en quête, au contraire, de nouvelles propositions filmiques. Les Amants de Vérone n’échappe pas au réquisitoire. Cinémonde n’y voit qu’une satire de mœurs boursouflée au scénario désastreux quand André Bazin lui reproche une dissonance à tous les niveaux dont le cinéaste n’a su atténuer le choc. Tous s’accordent sur l’inégalité de l’interprétation.Il est vrai que l’ensemble paraît bancal ; ce dont on s’étonne moins lorsqu’on se souvient que Prévert est aux dialogues. Entre le réalisme poétique qu’apporte le scénariste de Carné et l’univers plus prosaïque de Cayatte, la collaboration semble d’emblée dysharmonique. 


                

Les Amants de Vérone est un film social plongé dans les conditions des ouvriers, une tragédie où résonne le mythe immortel de Roméo et de sa Juliette, un document sur le cinéma, un témoignage historique sur les rescapés d’après guerre, traversé de saillies bouffonnes souvent jubilatoires et d’une emphase théâtrale portée par le jeu très cabotin de Brasseur ou celui de Louis Salou, un peu ampoulé. Le cinéaste et son dialoguiste semblent ne jamais trouver le ton pour entremêler subtilement ces différentes strates, comme s’ils avaient voulu embrasser trop d’éléments sans parvenir à trouver le ton adéquat à leur juste syncrétisme. Pourtant, c’est dans le fracas de ces disparités – auquel on peut, il est vrai, regretter un abandon systématique au manichéisme – que le film se révèle plus intéressant qu’il n’y paraissait peut-être à sa sortie en 1949. Si Cayatte et Prévert ne parviennent pas à atténuer le choc des dissonances, c’est peut-être justement qu’elles semblent, en cette période, inconciliables. 


               


Revoir le film aujourd’hui, c’est éprouver le malaise qui le ronge, véritable symptôme de discordances de la fin des années 1940, période charnière dans la société comme au cinéma. Dans ce film happé par la tentation moderne de l’Italie néoréaliste persiste un classicisme exaspérant les jeunes générations de critiques avide d’auteurs. La jeunesse qu’incarnent Angelo et Georgia butte contre les erreurs de leurs aïeux et les résidus de la guerre – voir la scène de baignade des deux amoureux, interpellés par un passant pour leur nudité, auquel le verrier répond agacé : « Et qui les a faites ces ruines ? Nous peut-être ? Alors ! » Leur amour affronte avec une insolence idéaliste les forces sociales qui voudraient voir la jeune femme épouser l’homme de pouvoir au lieu de céder au désir que le cinéma de l’Occupation s’est évertué à éradiquer. Leur passion insouciante brave l’avidité égoïste de Rafaele qui, prétendant aimer Georgia, ne veut que « la prendre, même en solde, usagée »(http://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/les-amants-de-verone/).


                 


De cette version de "Romeo & Juliette" réalisée en 1968 par Franco Zeffirelli, j'en ai souvent connu que la délicieuse bande-originale composée par Nino Rota. Le thème des deux amoureux y est splendide, magnifique et j'ai repoussé le moment de voir le film pour ne pas que cela compromette mon amour pour la musique. Rien de telle qu'une bande-originale superbe sur un film pourri pour casser la magie. Forcément, la comparaison avec la version de Baz Luhrmann de 1997 avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes est dans tous les esprits, surtout si on a aimé cette dernière. La version de Zeffirelli apparait donc comme bien terne à côté du délire visuel et flamboyant de Lhurmann mais ce serait dommage de s'arrêter à cela tant celle de 1968 a bien des atouts dans sa manche, à commencer par ses deux acteurs principaux. Totalement inconnus à l'époque (et encore davantage maintenant), Leonard Whiting et Olivia Hussey sont un Romeo et une Juliette formidables, tant ils allient l'innocence, la jeunesse mais également la passion de l'amour jeune et véritable. Je les ai trouvés parfaits d'un bout à l'autre, même si on ne peut pas en dire autant de certains rôles secondaires qui surjouent un peu. Adaptation fidèle (et années 60) oblige, les décors et les costumes font vides et ternes mais rien que pour les deux interprètes principaux, on s'accomode des petits défauts techniques pour apprécier l'histoire à sa juste valeur. 


          

L'histoire, vous la connaissez par coeur et il n'y a donc aucune surprise de ce côté-là. Aucun robot vengeur venu du futur, aucune épidémie de morts-vivants, c'est belle et bien l'histoire originelle, traditionnelle des deux amoureux maudits issus de familles ennemies. Difficile donc d'être surpris par cette histoire si on la connait déjà et c'est d'ailleurs pour cela que je parle autant des décors, des costumes et des interprètes parce que ce n'est pas le scénario ici qui fera la différence par rapport aux autres versions. Toujours est-il que la musique sublime de Nino Rota fait son petit effet, que les scènes attendues sont là, bien jouées par deux interprètes fougueux et innocents. Cela suffira à la plupart d'entre vous mais les fans inconditionnels de la version de Luhrmann trouveront cela bien trop sage et trop calme.(https://www.filmsdelover.com/critiques/rom%C3%A9o-et-juliette-1968/)

Vanessa Redgrave

Vanessa Redgrave appartient à une longue lignée d'artistes : ses parents étaient les acteurs Michael Redgrave (1908-1985) et Rachel Kempson (1910-2003). Sa sœur Lynn (1943-2010), son frère Colin (1939-2010) et ses deux filles Natasha Richardson (1963-2009) et Joely Richardson (née en 1965) sont tous acteurs et actrices. Vanessa Redgrave entre à la Central School of Speech and Drama en 1954. Dans les années années 1960 et 1970, elle devient l'une des « muses » du cinéma anglais, collaborant à plusieurs reprises avec Tony Richardson (son futur mari) et Karel Reisz, deux des grands représentants du free cinema. Elle est surtout connue du public international pour ses rôles dans Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni et Les Diables (1971) de Ken Russell, film sur l'affaire des démons de Loudun. Elle reçoit un Oscar en 1978 pour son interprétation du rôle-titre de Julia de Fred Zinnemann. Elle a également obtenu deux fois le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes : en 1966 pour Morgan et en 1969 pour Isadora, deux films signés Karel Reisz. Dans le second, elle tient le rôle de la chorégraphe et danseuse américaine Isadora Duncan. En mars 2017 elle est invitée à danser lors de la quatrième semaines dela 12e saison du programme phare de la Rai 1 en Italie, Ballando con le stelle, au côté de son mari Franco Nero. Elle réalise son premier film en 2017 : Sea Sorrow.(Wiki)


                   

Un scénario admirable des acteurs parfaits, avec une très belle Jane Fonda une musique de Georges Delerue de la même qualité Un très beau film à redécouvrir si vous aimez le cinéma de très grande qualité.Tout est réuni pour faire de ce film un chef-d'oeuvre: un scénario magnifique, une réalisation sensible, des comédiens au sommet de leur art: Chapeau bas!Une très belle histoire d'amitié douloureuse magnifiquement filmé. Jane Fonda et Vanessa Redgrave sont superbes.Fred Zinnemann n'était pas un spécialiste du film historique et cela se sent, l'œuvre s'avérant parfois légèrement maladroite, pour ne pas dire un peu lourde. Mais bon, il y a des sujets qui se suffisent parfois à eux-mêmes, et c'est précisément le cas de « Julia ». A travers un scénario de qualité et une grande histoire d'amitié habilement incorporé aux différents événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale, il est finalement aisé de s'intéresser à ces deux superbes héroïnes, à la fois inextricablement liés et séparés par le destin. Au-delà d'une belle reconstitution et de l'évocation tout en nuances de Dashiell Hammett, sans oublier quelques scènes d'une forte intensité dramatique Spoiler: , c'est aussi le choix de ces deux merveilleuses actrices que sont Vanessa Redgrave (Oscar du meilleur second rôle féminin mérité) et surtout Jane Fonda, une nouvelle fois superbe dans ce qui est peut-être l'un de ses plus beaux rôles, qui nous touche.




Bref, si « Julia » n'est pas le chef-d'œuvre qu'il aurait pu être dans des mains plus expertes, il n'en reste pas moins un bel exemple du savoir-faire hollywoodien des années 70 et surtout un beau portrait de deux femmes magnifiquement interprétés : émouvant.C'est mon film préféré, mème si il y a des doutes sur le fait que ce soit réellement Lillian Hellman qui ait protagonisé cette histoire dans la vie rélle, c´est une merveilleuse histoire d'amitié qui vaut vraiment la peine. En plus, bien sûr les actrices sont extraordinaires, et le suspense complet.(Allociné)


                 

Le début d'Agatha est vraiment prenant mais passer un quart d'heure ce film bien que soigné (belle reconstitution des années 20 tant à travers les décors que dans l'ambiance) dans sa mise en scène manque cruellement de rythme de plus si le scénario propose une alternative tout à fait plausible de la mystérieuse disparition de la romancière Agatha Christie elle n'est pas contre guère passionnante à suivre. N'aurait-il pas été plus judicieux de rendre hommage à la romancière en tournant Agatha comme un thriller ? Sinon on retient avant tout dans ce film les interprétations de Vanessa Redgrave et Dustin Hoffman.Une réalisation soignée, la présence d'un trio d'acteurs intéressants bien que Timothy Dalton ne soit pas assez utilisé à mon goût et une disparition mystérieuse voilà qui donne une bonne entame au film. Hélas le scénario finit par ce traîner dans un centre de cure thermale avec le bénéfice direct de micros cures de sommeil pour le spectateur.Agatha Christie aura proposé beaucoup de mystères dans ses romans, mais les aura tous élucidé. Au final, le seul mystère qu'elle n'aura pas levé sera celui de sa disparition. Et le film s'engouffre dans cette brèche intéressante, à mon avis de façon plutôt pertinente, parce que c'est un truc quand même super intéressant, et il y avait beaucoup de choses à faire dessus. On suit le film sans déplaisir, la recomposition de l'affaire est pas mal faite, on s'étonne de cette disparition d'une romancière connue qui fait la une des journaux. Après le film m'intéresse moins dans la relation qui se noue entre Dustin Hoffman et Vanessa Redgrave, c'est pas vraiment ce que je suis venu voir.


           

Le film réserve quelques surprises, là où le croyait vraiment plan plan, un film correct sur un sujet intéressant.Belle idée que de consacrer un film à la « disparition » d'Agatha Christie en 1926, avant que celle-ci ne réapparaisse sans jamais expliquer ce qui s'était passé. Michael Apted en a tiré une œuvre agréable, peu audacieuse mais délicate, mélancolique et bien écrite, notamment dans la relation qui unit l'écrivaine et le journaliste Wally Stanton, impeccablement interprétés par Vanessa Redgrave et Dustin Hoffman. La reconstitution est élégante, et sans être réellement surpris, on est toutefois sensible à la tournure que prennent les événements, jamais simplistes et même parfois émouvants, d'autant qu'évitant avec intelligence le pathos.


                

Et les décors, savamment exploités, ne font que renforcer cette impression d'ensemble. Bref, à défaut d'être excitant, « Agatha » se regarde toutefois avec plaisir et intérêt : charmant.Un film très intéressant. Je l'ai beaucoup apprécié surtout pour le décor, les acteurs splendides (Vanessa Redgrave est sublime et Dustin Hoffman est totalement séduisant). J'aurais peut-être pensé que le film serait différent, je ne sais pas, cette histoire est très mystérieuse et l'hypothèse pour laquelle a opté le réalisateur n'est pas forcément celle que j'aurais imaginé ou préféré. Mais peu importe, c'est un très bon film, très agréable.(Allociné)

jeudi 27 juillet 2017

J. Lee Thompson

Le rythme de travail effarant de J. Lee Thompson lui permet de sortir jusqu’à deux ou trois films par an. En 39 ans de carrière en tant que réalisateur, il a tourné 49 oeuvres (essentiellement pour le grand écran) ! Evidemment, la qualité s’en ressent, et à partir des années 60, il commence effectivement à accepter tout et n’importe quoi (mouvement qui va s’accélérer dans les années 70 et 80). En 1976, il tourne pour la première fois avec l’acteur américain Charles Bronson pour « St. Ives ». Une collaboration qui se poursuivra sur huit autres films jusqu’au dernier film de Thompson, « Kinjite: Forbidden Subjects » en 1989. Certains des films de Thompson pour Bronson comme « The Evil That Men Do » (1984) et « 10 to Midnight » (1983) vont être critiqués pour leur ultra violence. Décidément, Bronson peut dire merci aux Anglais si on considère que l’autre réalisateur qui l’a fait le plus tourner est le Londonien Michael Winner. Il lui doit notamment son film le plus célèbre « Death Wish » en 1974, début d’une veritable franchise – Thompson tournera justement le 4e de la série « Death Wish 4: The Crackdown ». Evidemment Thompson a eu l’une de ses carrières où l’on se prend à rêver ce qu’il aurait pu faire s’il n’était pas tomber dans une boulimie de tournage et avait continué dans la veine de ses débuts.(http://www.cinemaderien.fr/j-lee-thompson-1914-2002/)



                  



Au début des années 80, Charles Bronson n'est plus que la caricature de lui-même. Il s'en va se fourvoyer dans de pâles séries B produites par la Cannon en reprenant son éternel rôle de justicier solitaire en marge de la loi où il s'en va dicter cette dernière, la sienne, à des fripouilles ayant l'âge de ses enfants. Dans La loi de Murphy, il est contraint de faire équipe avec une jeune toxico jurant comme un charretier. Certains moments sont assez drôles et font penser au célèbre sketch des Inconnus à la cérémonie des escarres. Je ne sais pas comment Bronson a pu prendre la chose à l'époque. Moi, je sais que même si le cinéma c'est du semblant, je ne m'y serai pas risqué. En tout cas, son tandem avec cette jeune fille permet non pas de moderniser son personnage (ce qui semble impossible vu l'âge de Bronson contre lequel on ne peut rien) mais de le rendre un poil moins rude. Bien que tout soit relatif. Ça ne l'empêchera pas de régler son compte à une tueuse glaçante. Une sorte de Bronson au féminin version méchante. Correctement emballée par le faiseur J. Lee Thompson, qui en était à sa sixième collaboration avec Charles Bronson, La Loi de Murphy vaut essentiellement pour son duo détonnant Bronson/Kathleen Wilhoite.Vétéran de la police de Los Angeles, devenu alcoolique depuis son divorce, le coriace inspecteur jack murphy plonge dans un véritable cauchemar le jour ou il reçoit un appel anonyme signant son arret de mort. Lorsque son ex-femme, jan,est assassinée, murphy devient le suspect numero 1. 


           


Arreté par ses propres collègues, il n 'a pas d'autre choix que de s'évader et de pourchasser lui-meme le tueur qui l'a piégé. Mais bientot, le traqueur devient traqué et jack se retrouve poursuivi par le meurtrier...et le police de Los Angeles. Charles Bronson nous livre ici un étonnant thriller musclé et impitoyable. Ponctué de scènes d'action intenses doublées d'un suspense à faire froid dans le dos.Certes,le scenario n'est pas des plus original.Mais les acteurs jouent bien leur role,surtout les 2 acteurs principaux "murphy et arabella". On prend un plaisir a voir ses 2 acteurs a se balancer des casses et insultes a la pelle. Bon c'est sur,il y a pas mal de vulgarité dans le film. Mais la plupart des repliques sont tordantes. En bref,j'ai passer un tres bon moment.(Allociné)


                  


L'association Bronson/Thompson avec à la production Globus/Golan n'est pas l'équipe gagnante pour former un bon film malheureusement mais Le Messager de la mort s'avère un bon petit film (on dirait un téléfilm plutôt) qui se laisse regarde sans déplaisir à défaut de nous enthousiasmer. Bien qu'un peu vieux pour le rôle Bronson a néanmoins toujours de la prestance, le scénario est pas trop mal et Le Messager de la mort commence par une scène de fusillade assez violente. Cependant ce film reste avant tout destiné aux fans de Charles Bronson.Charles Bronson joua à plusieurs reprises pour le réalisateur J. Lee Thompson. Le messager de la mort commence brutalement, un homme mystérieux, fusil à la main, massacre toute une famille, femmes et enfants... Bronson lui, joue un reporter qui mènera une enquête après l'accord de la police. Précisons que ce film est un des derniers de la carrière de Bronson. C'est pas ses meilleurs mais la dureté reste toujours un thème pour l'acteur qui cette fois se retrouve dans une affaire de mormon. Différent religieux, différent familial et corruption.Pas le meilleur film de Bronson lors de ses différentes collaborations avec Jack Lee Thompson, sous l'ère des Golan-Globus, j'ai largement préféré le justicier de minuit ou encore la loi de Murphy. Ce messager de la mort, qui commence bien, avec une scène de massacre n'épargnant personne, ni femme ni enfants, se déroule dans l'univers des Mormons, et Bronson, journaliste célèbre, et non flic comme d'habitude, mènera sa petite enquête, qui ne laissera guère de suspens, le coupable étant très vite identifié. 


          
                 

Les scènes d'action sont rares, on ne rit guère chez les Mormons, et le film tout entier, s'il reste regardable, n'en reste pas moins quelque peu ennuyeux et fade. Pour nous consoler, nous avons la présence de Bronson, fatigué mais toujours charismatique.Sous la houlette du vétéran Jack Lee Thomson avec qui il a plusieurs fois tourné, Charles Bronson campe pour l'une des dernières fois un héros taciturne etdur à cuire dont il avait le secret.C'est clarement pas un de ces meilleurs films tant la mise en scène est grabataire et peu inspiré mais le pére Bronson a du métier et son charisme est toujours là, il n'en faut pas plus pour passer un moment correct avec des mormons pas si pacifique que ça.Un thriller assez divertissant sur le milieu des mormons. Charles Bronson joue un rôle un peu plus tranquille que d'habitude. En effet, il interprete un journaliste qui menera une enquête en privilegiant le dialogue et sans tuer personne ! Plutôt rare non ?(Allociné)

mardi 18 juillet 2017

Teddy Wilson

Pour s'épanouir, certains talents préfèrent parfois l'ombre à la lumière. Teddy Wilson n'a jamais eu auprès du grand public, ni même auprès de la critique, un succès à la mesure de l'admiration que ses pairs n'ont cessé de lui porter. Bien rares pourtant sont les pianistes dont le jeu atteint un tel degré de maîtrise et de perfection. C'est en Alabama, à Tuskegee, qu'il suit une formation musicale classique, s'essayant tour à tour au violon, à la clarinette, au hautbois et au piano. Ce dernier instrument l'emportera bien vite dès ses années de collège. Il rejoint ensuite son frère Gus, qui joue du trombone à Detroit, et il se fait remarquer dès l'été de 1929 dans les orchestres locaux. Ses véritables débuts professionnels ont lieu au sein du Lawrence « Speed » Webb Band. Il se distingue en 1930 dans la formation de Milton Senior à Toledo. Louis Armstrong l'engage et le garde à ses côtés de 1931 à 1933. C'est avec le grand trompettiste qu'il grave son premier enregistrement – Basin Street Blues – le 27 janvier 1933. À cette époque, il joue beaucoup avec Erskine Tate et Jimmie Noone. En 1933, il se retrouve à New York dans les Chocolate's Dandies de Benny Carter. Il appartient, en 1934 et 1935, à l'orchestre de Willie Bryant. Sur la recommandation de John Hammond, Benny Goodman l'appelle auprès de lui en 1935. Il est ainsi le premier musicien noir à entrer dans la formation du célèbre clarinettiste blanc. Il s'y illustre essentiellement en trio, avec le leader et le grand batteur Gene Krupa, ou dans des ensembles élargis, avec le concours de Lionel Hampton. Cela ne l'empêche pas d'enregistrer avec Lester Young, Ben Webster, Johnny Hodges, Buck Clayton, Cozy Cole et Billie Holiday, dont il fut l'un des meilleurs partenaires. (http://www.universalis.fr/encyclopedie/teddy-wilson/)


   



De 1933 avec les Chocolate Dandies à 1950 en trio,  du solo au combo le plus chaud, Teddy Wilson aura eu la carrière d’un artiste en tout point exemplaire. On y croise avec bonheur les hommes de Basie comme ceux du Duke, mais aussi l’amie Billie, Benny Goodman, Roy Eldridge, Coleman Hawkins et même Wardell Gray. Goodman a dit un jour : « Jouer avec Teddy Wilson, c’est comme jouer du Mozart avec un quatuor à cordes. » .Il fonde en 1939 un grand orchestre qu'il abandonnera rapidement pour se consacrer à un sextette (1940-1944). Il retourne chez Benny Goodman en 1945 mais côtoie parallèlement des musiciens de style aussi divers que Charlie Parker, Stan Getz, Harry James ou Art Blakey.   Immédiatement associé à une certaine idée, sobre et mélodieuse, de l’élégance, inventé à la confluence de celui d’Earl Hines et d’Art Tatum, le style toujours « impeccable » de Teddy Wilson s’impose comme la grâce même. Justesse de ton, légèreté du toucher, précision et décontraction dans l’art de l’accompagnement, souplesse de la main gauche (avec son jeu si caractéristique toute en suites en dixièmes), pureté des lignes, perfection de la mise en place, évidence aérienne du swing, toutes ces qualités font de Teddy Wilson le parangon du « surclassisme » (Jacques Réda), le modèle indémodable du jazz que l’on dit du « millieu ».(http://www.fremeaux.com/index.php?page=shop.product_details&category_id=35&flypage=shop.flypage&product_id=269&option=com_virtuemart)


   



Theodore Shaw "Teddy" Wilson, né le 24 novembre 1912 à Austin (Texas), mort le 31 juillet 1986 à New Britain (Connecticut), est un pianiste de jazz des États-Unis. Son style élégant et sophistiqué fut associé aux plus grands noms du jazz dans leurs enregistrements, notamment Louis Armstrong, Benny Goodman, Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Lester Young.(Wiki)
Les gens qui s’obstinent à méconnaître Teddy Wilson sont des pauvres Trugludus. Ceci dit sans vouloir les offenser.» c’est signé Boris Vian… Teddy Wilson a été au piano ce que Lester Young fut au saxophone. On pourrait l’appeler le « président Wilson » et lui dédier une avenue, de l’Alma au Trocadéro. C’est la seule chose qu’on puisse ajouter aux parfaites notes de pochette de cette excellente anthologie due à Alain Gerber, Alain Tercinet et Philippe Baudoin. Ils ont si bien choisi parmi les meilleures faces du pianiste, en solo, en trio, en petite formation et même en big band, que notre stock de vocabulaire louangeur s’en trouve épuisé. On ajoutera juste quelques noms des partenaires de Teddy, homme aux mains aériennes et poète aux semelles de vent : Ben Webster, Coleman Hawkins, Benny Carter, Benny Goodman, Mildred Bailey, Johnny Hodges...

 

                               


Aujourd’hui encore, c’est un pianiste qui nous intéresse, un maillon essentiel de l’histoire de cette musique, et pourtant, Teddy Wilson ne jouit sans doute pas aujourd’hui de la notoriété de certains de ses confrères, comme ses aînés Fats Waller et Art Tatum ou ses cadets Erroll Garner et Oscar Peterson. En a-t-il jamais bénéficié, hormis la courte période où il fut associé au populaire clarinettiste Benny Goodman, le « roi du swing », dans la seconde partie des années 30 ? Le rôle artistique de Teddy Wilson fut pourtant capital dans la réunion de splendides petites formations à l’instigation du producteur John Hammond, où l’on apprécie en toute liberté les meilleurs solistes du moment - Ben Webster, Roy Eldridge, Chu Berry, Benny Carter, Johnny Hodges, Lester Young, entre autres, sans oublier la jeune Billie Holiday. Moins démonstratif que d’autres, l’art de Teddy Wilson résulte d’une habile combinaison d’inventions préexistantes : à la main gauche en dixièmes de Fats, il associe en effet le phrasé détaché de main droite de Earl Hines, dans un environnement harmonique et virtuose qui doit beaucoup à l’amicale influence de Tatum. 


                            



Sur ces fondations, Teddy Wilson construit un langage d’une limpide clarté, d’une logique imparable, servi par une technique qu’il devait à une solide formation classique. Après-guerre, il sera d’ailleurs l’un des premiers à enseigner le piano jazz au sein d’un établissement new-yorkais prestigieux, la Juilliard School. Mais avant cela il avait déjà fait école auprès de ses contemporains, fascinés par son sens de l’espace comme par sa manière personnelle de faire chanter ses lignes de main droite, dans un contexte d’une grande liberté rythmique. Et pour évoquer cet art subtil et délicat, j’ai le plaisir de recevoir une nouvelle fois dans cette émission un spécialiste du piano jazz de cette période, le pianiste Louis Mazetier. (http://www.francemusique.fr/emission/le-matin-des-musiciens-du-mardi/2013-2014/teddy-wilson-avec-louis-mazetier-04-22-2014-11-02)