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lundi 26 juin 2017

William Wellman

Ayant servi comme ambulancier, puis pilote dans l'escadrille La Fayette, William Wellman s'attache à montrer dans ses films de guerre la réalité du front plus qu'à idéaliser l'héroïsme des soldats. Même souci de vérité dans ses westerns, son genre de prédilection, où l'action est souvent délaissée au profit de scènes où se font jour les tensions d'un groupe ou la dimension psychologique des personnages. Nulle violence gratuite enfin : Wellman « omet » souvent de filmer une bagarre dans son intégralité, préférant en souligner les à-côtés, avec une grande sobriété de moyens. Sa volonté de montrer la réalité le conduit à préférer les décors naturels ou à s'affranchir des conditions de tournage imposées par ses producteurs : pour Les Ailes (Wings), il exige d'attendre l'arrivée de nuages dans un ciel parfaitement bleu pour rendre les combats aériens plus saisissants.
Cinéaste « sensible, ouvert aux injustices sociales » (selon Jean Tulard), plus que cinéaste engagé, il réalise L'Étrange Incident (The Ox-Bow Incident) (1943) western qui dénonce en 1885 le lynchage ; et ce dans une période où la ségrégation raciale vis-à-vis des Noirs se double de la mise au ban des Japonais soupçonnés de collaboration, ainsi que Wild Boys of the Road, film douloureux sur la violence engendrée par la Grande Dépression.
L'ennemi public (1931)
On est frappé par le désir d'éluder les péripéties, de privilégier les ellipses. Un dépouillement qui fait ressortir les moments de brutalité pure. On dirait une enquête journalistique, sérieuse, précise et documentée, sur un petit jeune défavorisé des banlieues de l'époque qui, en compagnie d'un « petit frère » et d'un modeste « caïd », fait fortune dans le trafic de bière, avant d'être liquidé par un gang plus puissant. Aucun romantisme. Héroïsme zéro. Juste un constat sur la violence de la société, qui engendre forcément celle de l'individu.
Ce qui passionne William Wellman, visiblement, c'est James Cagney, boule de nerfs qui écrase un pamplemousse sur le visage d'une copine et tue, de rage, le cheval qui a désarçonné son chef. « Tu es si rude, lui dit Jean Harlow, visiblement sous le charme de ce mâle qui fait mal, tu ne donnes pas, tu prends. Je pourrais t'aimer à en mourir. » Tout est dit...


          

Plusieurs des westerns de Wellman témoignent de sa volonté de montrer la contribution essentielle de la femme dans l'histoire des États-Unis. Dans La Ville abandonnée, Anne Baxter tient tête à une bande de hors-la-loi ; dans Convoi de femmes, cent cinquante femmes déclassées (dont une fille mère, et deux prostituées, voire plus de deux, comme le suggèrent certaines répliques) traversent les États-Unis et affrontent avec courage et dignité de multiples épreuves pour épouser des colons à demi sauvages qui représentent leur dernière chance de réhabilitation.
Plus encore, en 1944, dans Buffalo Bill avant tout le monde dans le western parlant, il réhabilite l'Indien, affamé par les chasses au bison. Il montre le célèbre héros en porte-à-faux avec les deux civilisations de l'ouest cracher sur une médaille présidentielle reçue pour ses combats victorieux contre ses amis Cheyennes. 


                               

Durant l’année 1945, la dernière du deuxième conflit mondial, Hollywood produisit notamment quatre films de guerre parmi les plus intelligents, matures et passionnants de leur époque. Ils peuvent encore aujourd’hui s’enorgueillir de leurs nombreuses qualités qui en font des œuvres très denses et surtout très différentes de la flopée de films de guerre moyens sortis durant le conflit afin de soutenir l’effort de guerre (excepté certaines perles comme L’Ange des ténèbres de Lewis Milestone ou Saboteur sans gloire de Raoul Walsh). Ainsi, John Ford réalise Les Sacrifiés, ode au courage quotidien de la Navy, et où l’esprit de famille domine, une œuvre en totale apesanteur, sortie de nulle part, d’une très belle sobriété, filmée dans un noir et blanc sublime, et où la sensibilité du cinéaste s’affirme plus que jamais. De son côté, Raoul Walsh parvient à offrir Aventures en Birmanie, une expérience immersive intense étudiant avec beaucoup d’intelligence le comportement des hommes à la guerre, grâce à un suspense ininterrompu, un rendu visuel de la jungle unique en son genre ainsi que des éléments diégétiques et artistiques sans précédent. Puis, Lewis Milestone met en scène Le commando de la mort et sa lente marche au soleil, ponctuée de morts et de silences, et où une franche humanité anime chaque homme du groupe. Enfin, et c’est l’œuvre qui nous intéresse ici, William A. Wellman signe The Story of G.I. Joe, décrivant le quotidien de l’infanterie durant les campagnes d’Afrique du Nord et d’Italie. Trois immenses cinéastes, trois visions de la guerre, trois instantanés du conflit, trois chefs-d’œuvre absolus qui ne souffrent en l’occurrence aucunement du poids des ans. Trois films inoubliables ayant chacun leur atmosphère, leurs idées, leurs errances, tout au service du courage et des valeurs morales d’hommes simples confrontés à la barbarie et à l’expérience de l’extrême.



                

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Wellman poursuit la réhabilitation en 1951 dans Au-delà du Missouri, mais sans le même ton polémique et en situant l'histoire au temps des trappeurs. De l'union d'un blanc et d'une indienne naîtra un enfant métis. Par ailleurs dans la ville abandonnée l’héroïne et son grand-père vivent au côté des Apaches qui ne leur font aucun mal.
Si sa carrière fut couronnée de nombreux succès (Les Ailes et Une étoile est née, entre autres), il termine sur un échec, avec C'est la guerre (Lafayette Escadrille) (1958), film semi-autobiographique où il prête sa voix à celle du narrateur. Et en 1948 en plein maccarthysme, il tourna un film anticommuniste, Le Rideau de fer, dont il ne voulut plus entendre parler.
Quelques jours avant sa mort, il confiait à son fils avoir vécu « la vie de cent hommes ».
Surnommé « Wild Bill » à Hollywood autant en raison de son engagement durant la Grande Guerre que pour son comportement et ses exigences sur un tournage, Wellman était un cinéaste avant tout soucieux de réalisme.(Wiki)

1 commentaire:

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