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lundi 5 juin 2017

Jacques Feyder

Après des études militaires, Jacques Feyder débute au théâtre en 1908. En 1912, il est figurant pour Georges Méliès, Louis Feuillade, Victorin Jasset et Gaston Ravel auprès duquel il devient assistant réalisateur de 1912 à 1915.
De 1915 à 1917, il tourne 15 films pour la Gaumont, généralement comiques, dont trois à partir de scénarios de Tristan Bernard. 
En 1919, le premier film de sa composition, La Faute d'orthographe passe inaperçu. Il s'impose deux ans plus tard avec L'Atlantide (1921), d'après un roman de Pierre Benoît. Jacques Feyder témoigne d'une grande inventivité dans son utilisation des moyens d'expression du muet. 


Son talent culmine avec Crainquebille en 1922 où il réussit à traduire sans l'aide du son toutes les nuances d'un récit populaire adapté du roman d'Anatole France. Il est l'auteur de quelques belles séquences dans L'Image (1924) et Carmen (1926) bien que ces deux films connaissent un succès limité. Après une adaptation du roman d'Emile Zola Thérèse Raquin (1928), où Jacques Feyder sait restituer l'atmosphère du Paris de la fin du XIXe siècle, la MGM propose au réalisateur de diriger Greta Garbo dans Kiss (Le Baiser, 1929), un des derniers muets réalisés à Hollywood. Il réalise les versions allemande et suédoise du premier parlant de la firme : Anna Christie (Clarence Brown, 1930). Revenu en France, il réalise Le Grand jeu (1934), puis Pension mimosas (1935) et s'affirme comme le fondateur du réalisme poétique. Un jeune et brillant avocat, pour fuir un scandale, quitte la France et s'engage dans la Légion étrangère. Il croit reconnaître en Irma, prostituée d'un cabaret minable, la femme pour laquelle il s'est ruiné. Tourmenté par cette ressemblance hallucinante, il se jette dans une mort glorieuse. 



Jacques Feyder sort le grand jeu pour ce bien beau film de légionnaires qui sentent le sable chaud, une magnifique "double romance" pré-Vertigo - et ce malgré la présence de Marcel Carné en tant qu'assistant-réalisateur (roh, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas envoyé de petites piques au Marcel). Un homme banni par sa famille pour avoir joué avec la bourse, un exil dominé par la fatalité - notre homme se fait tirer les cartes et forcément tout est écrit... ou presque -, une intrigante histoire d'amour où l'on se demande tout du long si notre héros voit double, il n'en faut pas plus pour que ce récit nous tienne en haleine jusqu'au bout. Se remet-on jamais d'une histoire d'amour passionnelle, n'est-ce, par la suite, qu'une éternelle fuite en avant dans les bras d'autres femmes rappelant l'amour originel/original, peut-on briser la malédiction ? Bah, je ne prends même pas la peine de répondre pour ne point déflorer cette oeuvre joliment troussée.(http://shangols.canalblog.com/archives/2010/08/11/18791133.html)



 
         
En 1935, Jacques Feyder réalise une oeuvre très controversée sur l'occupation espagnole en Belgique au XVIIe siècle. S'il reste le film le plus abouti du réalisateur, La Kermesse héroïque est accueilli lors de sa sortie en salle dans les milieux flamands par des sifflets, des lancers de tomates et des destructions de fauteuils. A l'image de son univers cinématographique, dominé par l'ambivalence des êtres et des lieux, Jacques Feyder tourne au cours de sa carrière dans douze pays différents : il dirige en Angleterre Le Chevalier sans armure (avec Marlene Dietrich en 1937) puis en Allemagne Les Gens du voyage (1938). Après les plans sahariens de L'Image et de L'Atlantide, il démontre une dernière fois sa maîtrise de la peinture des grands espaces avec La Loi du nord en 1939. Il réalise son dernier film en Suisse en 1942, Une femme disparaît. Trop rêveur et nonchalant pour sortir du réalisme poétique, ses derniers films sont des échecs commerciaux et critiques.
La Kermesse héroïque du cinéaste d’origine belge Jacques Feyder se situe dans les Flandres au début du XVIIe siècle. Dans la crainte des atrocités guerrières déjà commises par les Espagnols, les hommes d’une cité qui se préparait à la traditionnelle kermesse font preuve de lâcheté. L’esprit de résistance incarné par les seules femmes fléchit lorsque l’envahisseur séduit par sa courtoisie. Comme dans une série de tableaux, le réalisateur de cette « farce héroïco-comique » n’a exprimé le mouvement qu’au travers du grouillement des personnages. La beauté des costumes et des décors, proprement extraordinaire, est comme un hommage à la peinture flamande, depuis Van Eyck, Memling, Brueghel père et fils, jusqu’à Rembrandt, où l’esthétique la plus exigeante, sans se défaire du réalisme, ouvre la réalité au sublime. Avec pour interprète Louis Jouvet, La Kermesse héroïque illustre aussi la venue à maturité du cinéma et la « pacification » de ses relations avec le théâtre.


                   
 
Parmi les œuvres les plus réussies du cinéaste d’origine belge Jacques Feyder (de son vrai nom Jacques Frédérix 1885-1948), le sujet de La Kermesse héroïque se situe au début du XVIIe siècle, époque à laquelle les Flandres sont sous la domination des Espagnols de Philippe III. Le 17 septembre 1616, une cité, Boom, se prépare fébrilement à une grande fête, la traditionnelle kermesse. À cette occasion, Siska, la fille du bourgmestre de la ville, doit se marier avec un boucher alors qu’elle est amoureuse d’un jeune peintre débutant, Julien Breughel. C’est alors qu’un messager fait savoir que le duc d’Olivarès, ambassadeur d’Espagne, passera la nuit dans la ville avec sa suite et son escorte. Dans la crainte des atrocités guerrières déjà commises, comme à Anvers, le bourgmestre décide de se faire passer pour mort. Le deuil de la ville, pense-t-il, empêchera l’installation des occupants. 


                


Révulsée par sa couardise qui illustre au plus haut niveau la lâcheté des hommes, son épouse mobilise les femmes et organise l’accueil aux portes de la ville de la légation espagnole. Bien loin du guerrier rustre et grossier, le duc d’Olivarès qui souhaite s’incliner devant la dépouille du bourgmestre défunt se révèle comme un grand personnage plein de délicatesse et rompu aux usages de la politesse. Bien qu’informé de la supercherie, il demeure respectueux de la ville et de ses habitants. Du fait de son exemple et de ses directives, l’envahisseur n’effraie plus mais séduit par sa courtoisie et sa générosité. Face à lui, l’esprit de résistance, incarné par les seules femmes, fléchit. Quoique sensible au charme du duc d’Olivarès, l’épouse du bourgmestre ne succombe pas et utilise surtout l’opportune puissance de celui-ci pour que soit célébré le mariage de Siska et de Jean Brueghel. Au lendemain d’une nuit de fête, les Espagnols repartent sans qu’aucune violence ait été commise. Le bourgmestre est rendu à son pouvoir par son épouse qui le fait acclamer par la foule que ravit l’annonce d’une exemption d’impôt...
Source et suite : http://www.critikat.com/panorama/analyse/la-kermesse-heroique.html

1 commentaire:

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