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vendredi 26 mai 2017

Marlene au banc

Une jeune élève-actrice tente de prouver l’innocence de son ami qui est accusé d’avoir assassiné le mari d’une chanteuse de music hall… Même s’il a été beaucoup critiqué et s’il n’est pas à classer parmi les meilleurs films d’Hitchcock, Le grand alibi n’est pas sans attrait. Il y a cette atmosphère délicieusement anglaise apportée par les seconds rôles, le jeu constant avec le mensonge et une belle interprétation de Jane Wyman, empreinte de candeur et de délicatesse. Après un projet ambitieux mais de tournage difficile, Les amants du Capricorne, Le grand alibi Hitchcock a décidé de mettre en scène cette histoire qui manque un peu d’ampleur et dont l’une des erreurs est, selon sa propre analyse a posteriori, qu’à aucun moment les personnages ne sont en danger. Le grand alibi se regarde toutefois sans déplaisir et comporte de belles scènes comme celle du taxi, la fête de patronage ou encore toute la scène finale dans le théâtre.On remarquera la présence de Patricia Hitchcock, la fille du réalisateur, qui interprète l’une des élèves comédiennes amies de Jane Wyman. C’est sa première apparition à l’écran, avant donc son rôle bien plus connu (la binoclarde Barbara) dans L’inconnu du Nord Express. Elle a également tourné dans Psychose.(http://films.blog.lemonde.fr/2012/07/30/grand-alibi-hitchcock/)
Ce film marque les retrouvailles de sir Alfred Hitchcock avec son pays d'origine, l'Angleterre. Un retour aux sources apaisant et savoureux où suspense rime surtout avec jeu, celui du théâtre. Apprentie comédien­ne, Eve joue ici le rôle de sa vie, se déguise, ment, découvre l'amour. A travers son face-à-face avec Charlotte se dessine la confrontation d'une jeune actrice avec une légende : Jane Wyman et l'imposante Marlene Dietrich. La première trime, pendant que l'autre, inaltérable, paresse sur scène en taquinant son propre mythe. Jeu de miroirs, cache-cache extravagant entre vérité et mensonge, cette enquête policière au féminin suit son petit bonhomme de chemin, avec quelques grandes scènes...


            

Loué ou discuté pour son fameux flash-back, Le Grand Alibi est sans doute un film mineur au regard des autres oeuvres du maître. L'intelligence allègre de sa manipulation procure néanmoins beaucoup de plaisir. — Jacques Morice.
Réalisé entre deux chefs-d’oeuvre absolus, Les Amants du Capricorne et L’Inconnu du Nord-Express, Le Grand alibi ne bénéficie pas d’une réputation exceptionnelle. Hitchcock, qui analyse à l’occasion du fameux entretien avec Truffaut ce qui n’allait pas dans ses films, remarque que le récit plaçait les méchants en situation de danger, tandis que les gentils ne risquaient pas grand-chose. On a beaucoup commenté le flash-back qui ouvre le film et se révèle in fine doublement mensonger (puisqu’il contient un segment de discours rapporté). Un homme en fuite cherche refuge auprès de sa meilleure amie, secrètement amoureuse de lui, et lui raconte l’origine de ses tourments : sa maîtresse, une célèbre actrice de music-hall, a tué son mari. Le voilà soupçonné par la police parce qu’il a voulu lui venir en aide. Avec la complicité de son père, la jeune femme invente alors un audacieux stratagème. Elève d’une école de théâtre à la recherche du grand rôle, elle joue la comédie et se fait embaucher comme habilleuse de l’actrice afin de pouvoir mener sa propre enquête.




Le Grand alibi débute sur un lever de rideau, qui ne découvre pas la scène mais la cité londonienne. Dès le générique, nous savons donc que l’art théâtral va s’exercer loin des planches, dans l’univers du roman policier, donc dans celui du cinéma d’Hitchcock. Le monde et la scène échangent leurs rôles, les masques se déplacent de la scène à la ville. La jeune héroïne traverse une brume de mensonges et d’illusions qui ne se dissipera que dans le lieu originel de toute intrigue, le théâtre. C’est en effet en coulisses (grâce à un micro dissimulé), puis sur scène, que va se dénouer de façon violemment cathartique l’énigme. Simple whodunit ? Peut-être. Mais aussi une mise en équation ludique des principaux motifs hitchcockiens. La vérité, c’est le théâtre. Le monde (ou le cinéma), c’est le mensonge. Le flash-back abusif du début en devient alors excusable, sinon logique. Une robe souillée de sang qui passe de main en main, l’usage pervers d’une poupée apportent la touche indispensable de fétichisme. Quant à la mutine Jane Wyman qui, en cours de film, telle une écervelée rohmérienne, change d’amoureux (d’abord le faux coupable puis le fringant inspecteur), elle est la surprise supplémentaire de ce brillant divertissement où Hitchcock, tout en s’amusant, réfléchit sur son art. C’est plus fort que lui. Olivier Père.






A l’origine, The Witness for the Prosecution est une nouvelle assez brève qu’Agatha Christie écrivit en 1924 et qu’elle adapta plusieurs décennies plus tard pour la scène : la première de la pièce eut en effet lieu en octobre 1953 à Londres, avant d’être montée à Broadway dès l’année suivante. Devant le succès public, les producteurs de Hollywood ne tardèrent pas à s’y intéresser, d’abord L. B. Mayer puis Gilbert Miller, et enfin Edward Small, lequel remporta finalement le morceau avec l’aide d’Arthur Hornblow Jr, devenu producteur indépendant après avoir travaillé à la MGM ou à la Paramount (il y avait d’ailleurs produit Wilder sur The Major and the Minor). Les deux hommes confièrent tout d’abord la réalisation du projet à Sheldon Reynolds, réalisateur de télévision, mais face à l’ampleur de l’adaptation, se retournèrent très vite vers Billy Wilder, qui signa en avril 1956 un contrat à hauteur de 100.000 dollars et 5% des recettes. Le tournage ne commença dans les studios Goldwyn qu’en Juin 1957, Wilder ayant été entre-temps très occupé par le montage de Love in the Afternoon et par l’élaboration de multiples projets dont la plupart ne virent jamais le jour (en janvier 1957, il essayait d’acheter les droits de Kennwort Opernball 13, de Carl Haensel ; en mars, il commençait à travailler sur une adaptation d’Amok, de Stephen Zweig ; en mai, on lui confiait My Sister and I, romance réunissant William Holden et Audrey Hepburn, qu’il devait tourner tout de suite après un projet intitulé The Catbird Seat, d’après Ben Hecht ; tout ceci en gardant dans un coin de la tête son adaptation des aventures de Sherlock Holmes…). Cependant, tout en filmant Love in the Afternoon à Paris, Wilder avait en août 1956 commencé à tourner quelques plans extérieurs de Witness for the Prosecution avant même que le casting ne soit établi, lors d’une escapade londonienne avec son épouse Audrey. Concernant le casting justement, et alors que Wilder préférait Kirk Douglas, Small et Hornblow avaient dès le départ songé à confier le rôle principal du film à Tyrone Power. Souffrant de dépression, tant pour sa carrière déclinante que pour sa vie personnelle mouvementée, celui-ci refusa dans un premier temps.


               

On envisagea alors pour incarner le couple Vole une association Ava Gardner - Jack Lemmon, mais Wilder, qui avait dès le départ (dans la nouvelle, le personnage est viennois) songé à son amie Marlene Dietrich, réussit à convaincre celle-ci fin 1956, alors que le rôle de son époux semblait sur le point d’échoir à Gene Kelly. Pour des raisons financières, Small et Hornblow se mirent alors à chercher des noms moins prestigieux, et on évoqua un jeune acteur britannique du nom de Roger Moore… Finalement, celui qui avait été leur premier choix, Tyrone Power donc, désormais emballé à l’idée de travailler avec Wilder et Dietrich, revint sur sa décision et accepta - contre un salaire faramineux de 300.000 dollars et un pourcentage sur recettes - un rôle qui s’avéra finalement être son dernier, puisqu’il mourut d’une crise cardiaque quelques mois après la fin du tournage. Enfin, pour une somme beaucoup plus modeste de 75.000 dollars, le troisième rôle central fut confié à Charles Laughton, dont Billy Wilder était le grand ami. Ce troisième choix aura probablement orienté le travail de réécriture de Wilder et de Harry Kurnitz, qui trouvaient la trame de la pièce intéressante mais ses personnages squelettiques ; indéniablement, Laughton donne du corps au personnage de Sir Wilfrid, sensiblement différent de celui qui apparaissait dans la pièce.




En effet, l’avocat pensé par Agatha Christie est solide, autoritaire et dynamique ; tandis que le Sir Wilfrid écrit par Wilder et composé par Charles Laughton nous apparaît dès la première scène comme un homme âgé, d’un grand esprit mais à la santé fragile, qui revient de l’hôpital suite à une attaque et doit impérativement éviter toute suractivité professionnelle. A l’épure de l’intrigue originale qui se consacre essentiellement sur Leonard Vole et son jugement, Wilder ajoute ainsi une dramatisation propre à ce personnage de Sir Wilfrid qui met donc sa propre santé en jeu dans ce procès.De plus, le film a l’excellente idée, pour renforcer cet aspect, de créer un personnage absent de la pièce, Miss Plimsoll, l’infirmière personnelle de Sir Wilfrid, qui vient souligner à la fois la fragilité physique et la vivacité de l’esprit de celui-ci, puisque leurs chamailleries continuelles offrent au film certaines de ses meilleures répliques. Le rôle est d’ailleurs de manière assez amusante confié à Elsa Lanchester, madame Laughton à la ville - pour une fois plutôt sobre - et la complicité manifeste des deux époux transparaît avec truculence à l’écran (entre autres amabilités, Sir Wilfrid glisse à son infirmière un hilarant « si vous étiez une femme, je vous battrais »).(http://www.dvdclassik.com/critique/temoin-a-charge-wilder)

1 commentaire:

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