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lundi 8 mai 2017

François Béranger

François Béranger, né le 28 août 1937 à Amilly (Loiret) et mort le 14 octobre 2003 à Sauve (Gard), est un chanteur libertaire français, qui connaît une forte notoriété dans les années 1970.Le père est tourneur et militant syndicaliste aux usines Renault, et la mère couturière à domicile, à Suresnes. François Béranger interrompt des études classiques à 16 ans, en 1953, et entre chez Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), qu'il quitte pour s'engager dans une troupe de théâtre amateur itinérante, la Roulotte. Après avoir été appelé pendant la Guerre d'Algérie, en 1958-1960, affecté aux transmissions, il revient brièvement aux usines Renault, puis travaille à l'ORTF, comme régisseur et réalisateur principalement, avant de se lancer dans la chanson. Avec son épouse Martine, ils sont parents d'Emmanuelle et Stéphane. Il se fait connaître au début des années 1970 lors du renouveau de la chanson française, imprégnée de folk, portée par des thèmes contestataires, aux côtés notamment de Dick Annegarn, Catherine Ribeiro, Mama Béa, de l'occitan Joan-Pau Verdier.








Des chansons comme Tranche de vie, L'alternative, Rachel, Participe présent l'imposent comme une des voix militantes de cette époque. Il participe à la musique du film de Gébé et Jacques Doillon, L'An 01 dans lequel il fait d'ailleurs une apparition. Peu de temps avant sa mort, François Béranger enregistre un album consacré au répertoire du chanteur québécois Félix Leclerc (le disque sera publié après sa mort). Il se produit pour la dernière fois à Paris en septembre 2002 au Limonaire. Sa toute dernière apparition sur scène a lieu à la Cigale, à l'occasion d'un concert de Sanseverino. Ce dernier, qui avait enregistré et joué Le Tango de l'ennui, l'avait invité sur scène à chanter ce classique de son répertoire. Il meurt des suites d'un cancer à son domicile, à 66 ans. Le 17 octobre 2003, après des obsèques à la paroisse Saint-François de Montpellier, il est inhumé au cimetière du Champ Juvénal de Castelnau-le-Lez.(Wiki)





André Manoukian rend hommage à François Béranger qui nous a quittés il y a 10 ans et une semaine… Extrait de« Tranche de vie » C’est un hommage en forme d’excuse. Lundi dernier, j’évoquais à travers l’excellent Féloche et son album Silbo, comme un renouveau de la chanson engagée, en égratignant au passage les chanteurs contestataires des seventies. C’était, bien sûr, aussi une manière de me moquer de ma jeunesse : j’avais eu mon lot de nuits de concerts de solidarité avec les chiliens, les Vietnamiens, ou les paysans du Larzac, roulés à plusieurs dans un duvet au son des Catherine Ribeiro, Henri Tachan ou François Béranger, le cœur palpitant et la langue tournant consciencieusement dans la bouche de ma copine. Sitôt après ma chronique, un courriel indigné m’enjoignait de revisiter ces « chanteurs urgentistes », en particulier François Béranger, avec un argument de poids : tout ce qu’il dénonçait est en train d’arriver, en pire. Extrait de « Y’a dix ans » de Loic Lantoine(Extrait de « Tous ces mots terribles » hommage à François Béranger)





Une photo en pièce jointe me montrait que François Béranger était toujours d’actualité car une cinquantaine de personnes s’était rassemblée dans un petit village de l’Hérault… à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort. Lundi dernier, 14 octobre 2013, je me suis moqué de François Béranger 10 ans jour pour jour après qu’il ait quitté le plancher des vaches, sans le savoir. Quitte à faire une boulette, autant qu’elle soit somptueuse. Passé ma consternation, je me dis : le hasard n’existe pas. C’est François qui se manifeste par la voix de mon inconscience pour dire, eh les gars, y’a du boulot, regardez ce qui est en train d’arriver, allez, réveillez-vous ! On était au lendemain d’une gueule de bois dû à un excès de Brignoles. Extrait de « Mamadou m’a dit » par Raoul Petite(Extrait de « tous ces mots terribles » hommage à François Béranger) Alors c’est bien beau de s’extasier sur Moriarty qui reprend Woody Guthrie, le grand inspirateur de Dylan, si on n’est pas capable de s’apercevoir qu’on a eu notre Dylan à nous, et que s’il nous a quitté il y 10 ans et une semaine, eh bien, il est aujourd’hui plus vivant que jamais… Extrait de « Tous ces mots terribles – live » par François Béranger.(https://www.franceinter.fr/emissions/erudit-doudam/erudit-doudam-21-octobre-2013)






Au contraire de nombre de ses confrères chanteurs, François Béranger ne saurait être suspecté de suralimenter les bacs des disquaires. «J'écris des chansons uniquement quand je pense qu'il y a des trucs à dire, se justifie-t-il volontiers. Quand ce n'est pas le cas, je préfère fermer ma gueule.» Vingt-huit ans après la publication de son premier 45 tours, Tranche de vie, François Béranger est pourtant aujourd'hui, dans la droite lignée des Brassens, Ferré et autres Félix Leclerc («mon mentor historique, j'envisage d'ailleurs la confection d'un CD avec certains de ses titres les moins connus»), le dernier représentant digne d'une «chanson française» aseptisée par Yves Duteil ou dévoyée par Renaud Séchan. Duteil, il vient de le rencontrer récemment à l'occasion d'une émission sur Radio Bleue: «Nous avons écouté une chanson qui lui avait été inspirée par la petite fille de Rabin pleurant à l'enterrement de son grand-père. Réaction qui me semble assez naturelle. Alors à la fin, pendant que tout le monde sanglotait, j'ai simplement dit que moi, j'aurais plutôt fait une chanson sur les Palestiniens. Il y a eu un blanc à l'antenne.» Quant à Renaud, François Béranger n'a encore jamais croisé son chemin: «A sa place j'aurais honte. Disons qu'il a raflé la mise avec une génération particulière.






Il y a des emprunts tellement évidents que ça me fait marrer, mais ça ne me rend pas amer pour autant. Cela dit, à chaque fois qu'on lui demande de citer ses influences, il ne manque jamais de mentionner mon nom. De ce côté-là il a toujours été correct.» Censuré par CBS. Chanteur contestataire, donc (formule qui, normalement, devrait friser le pléonasme), François Béranger a été longtemps associé, au même titre que Catherine Ribeiro ou Magma, à ce circuit parallèle mis en place, après 68, par quantité de comités de soutien réunis en associations à but non lucratif («nous faisions une bonne centaine de concerts par an, devant mille ou quinze cents personnes»); en particulier ceux qui permettaient alors à un Libération balbutiant, tout juste fondé par Jean-Paul Sartre, de subsister. Une situation un peu paradoxale eu égard à son contrat d'enregistrement avec CBS, fière multinationale phonographique: «C'est la seule fois où j'ai été censuré dans ma carrière. J'avais commandé à Jean-Claude Petit un arrangement des Nouveaux Partisans de Dominique Grange, pour fanfare ouvrière.






Un peu comme celle que l'on voit dans le film les Virtuoses. Le PDG, Jacques Souplet, un mec de droite, a refusé de le mettre sur le disque. Je me suis vengé en tapissant les chiottes de stickers de la Cause du peuple. Des trucs indécollables qui disaient: «l'été sera chaud», «le petit chef X est un con», etc. Bon, c'était puéril, je l'admets.» Débats-concerts. Si le premier album de François Béranger pour CBS (avec Tranche de vie) se vend à 90 000 exemplaires («je n'ai jamais atteint les cent mille, sans ça j'aurais un disque d'or; j'ai d'ailleurs fait une chanson sur ce thème: le Disque dort»), son successeur (Ça doit être bien), enregistré avec le concours du groupe américain Mormos, fait un score plus décevant. Offrant ainsi un excellent prétexte à CBS pour se séparer (à l'amiable, il va de soi) de son encombrant poulain. Celui-ci signe alors avec un label indépendant, l'Escargot Sibécar, qui va produire, jusqu'en 1981, ses sept disques suivants, dont les inoubliables le Monde bouge (1974) et Participe présent (1978). Car Béranger, qui dans Participe présent (la chanson) justement, se définit comme «un simple con chantant» («une façon de dire que l'on n'est pas différent quand on fait ce métier là»), est devenu prolixe qui vient de faire la connaissance du guitariste Jean-Pierre Alarçen (aujourd'hui accompagnateur de Geoffrey Oryema), lequel va le convertir à l'électricité.






C'est la grande époque des débats-concerts impromptus «Par contrat, j'avais un droit de regard sur le prix des places. Dix ou quinze balles, c'était pas énorme. Mais il y avait toujours des mecs qui râlaient, qui me traitaient d'enculé, qui m'accusaient de leur prendre du fric. Alors j'arrêtais tout et j'improvisais une conférence: la sono ça coûte tant, les musiciens ça coûte tant, les camions ça coûte tant. Il reste quoi? Rien. Alors je vous emmerde! Si vous voulez que je me tire, je m'en vais. Après, ça se passait bien. Il y avait aussi les mecs qui m'accusaient d'avoir le pouvoir à cause du micro. Là encore j'arrêtais tout et je les invitais à s'en servir sur scène. Un mec montait, faisait agheu agheu et évidemment repartait. Et puis on me questionnait pas mal sur mon âge. Assez vite, j'ai eu affaire à des mômes qui auraient pu être mes enfants.» Troubadour officiel des soixante-huitards (on se souvient de son interprétation du Twist des clés dans le film de Gébé et Doillon l'An 01), François Béranger affiche en effet dix ans de plus que les plus radicaux des meneurs estudiantins au moment des événements. Fils d'un militant syndicaliste, il a lui-même travaillé à la Régie Renault et surtout passé vingt-huit mois, entre 1959 et 1961, en Algérie: «J'avais fait la guerre.






Mon histoire était plus remplie que la leur. C'est pourquoi j'avais du mal à admettre qu'on traite tous les vieux de bourgeois ou tous les CRS de SS. Je trouvais absurde de vouloir abattre un système pour le remplacer aussitôt par un autre plus contraignant. Il est d'ailleurs intéressant de comptabiliser aujourd'hui ceux qui sont devenus des chefs d'entreprise performants, ceux qui se sont foutus en l'air parce qu'ils n'arrivaient pas à vivre leurs contradictions et ceux qui sont restés un peu fidèle à la source.» Incorrigible libertaire. On l'aura compris, Béranger fait partie de cette dernière catégorie. Et à 60 ans, après deux longues interruptions de carrière («redémarrer fait de vous un simple débutant, c'est un truc zen, quelque chose à cultiver»), cet incorrigible libertaire (ce qui le rapproche encore un peu plus de Brassens et Ferré) n'a rien perdu de sa tonicité, ainsi qu'en atteste son nouveau CD éponyme, au générique (Aux exclus, l'Etat de merde,





Combien ça coûte, l'Exterminateur") «incorrectement politiquement incorrect»: «Je souhaiterais être cent fois plus corrosif que ça, cent fois plus subversif. Depuis que je suis en âge de comprendre, j'ai toujours vu les choses empirer: rapports sociaux, partage des richesses, intelligence, organisation d'une société. C'est un désastre. En trois mois n'importe qui peut se retrouver aujourd'hui dézingué dans son carton dans la rue, en train de crever de froid. En 68, c'était une insurrection plus ou moins sympathique de gens qui s'emmerdaient, comme disait De Gaulle. Aujourd'hui, l'insurrection elle va venir parce que les gens crèvent de faim. C'est différent. C'était le thème de l'une de mes chansons en 1989, Dure Mère. J'y explique que les cinq ou six milliards de mecs qui ne bouffent pas vont venir nous envahir, nous casser la tête avec une grosse massue, mettre une paille dedans et sucer le jus. Parce que c'est très nourrissant la matière grise. Cette matière grise dont on n'a pas su se servir pour partager.». Serge LOUPIEN

11 commentaires:

  1. Très bon post, choix incontournable, et merci pour tout le reste !

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  2. Le monde bouge (1974) et d'autres ici :

    http://webmail.rabouin.es/Musique/Fran%C3%A7ois%20B%C3%A9ranger/Le%20monde%20bouge%20%281974%29/

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    1. Merci Marcel !! A bientot !!

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    2. Bonjour à tous,
      il me manque le live "En public", quelqu'un parmi vous l'aurait il ?

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    3. Trouvé ICI (merci epanou !)

      http://www.ipernity.com/feed/doc?album_id=89420

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    4. Super bonus avec d'autres liens : http://jeepeedee.blogspot.fr/2012/10/140-francois-beranger-en-public.html

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    6. @ Marcel Trucmuche,

      je ne comprends rien au lien que tu donnes. Comment fait on pour télécharger "En public" ?
      Merci d'avance

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    7. A Dominique
      Le lien ouvre sur une page où sont listés les fichiers de l'album "En public". Tu peux les télécharger un par un (sur chacun des fichiers média : clic droit, enregistrer sous, et hop !)
      A Corto
      La page de Jeepeedee, avec un bon article, ne propose plus de lien valide malheureusement, à moins que je n'ai pas fouillé assez...
      Merci en tous les cas !

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    8. Effectivement ...mais bon article quand meme ...

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