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mercredi 31 mai 2017

Andy Devine

Andy Devine est un acteur américain, né Andrew Vabre Devine à Flagstaff (Arizona) le , décédé d'une leucémie à Orange (Californie) le .
Au cinéma, Andy Devine impose son physique d'ancien footballeur semi-professionnel et, pour les adeptes des versions originales, sa voix très particulière, dans plus de 150 films américains, entre 1926 et 1977, notamment des westerns. Entre autres, on le retrouve à plusieurs reprises aux côtés des réalisateurs John Ford (ex. : L'Homme qui tua Liberty Valance en 1962) et William A. Wellman (ex. : Une étoile est née, version 1937), ou de l'acteur John Wayne. En outre, il prête sa voix à des personnages de films d'animation, notamment Frère Tuck du Robin des Bois (1973) des Studios Disney. À la télévision, entre 1955 et 1972, il se produit dans des shows, des téléfilms et des séries (Flipper le dauphin, La Quatrième Dimension, Batman...).
Enfin, il apparaît dans des séries et shows radiophoniques.
Pour ses contributions à la radio et à la télévision, deux étoiles lui sont dédiées sur le Walk of Fame d'Hollywood Boulevard.(Wiki)



                 


Paradoxalement, au vu de leur réputation respective, alors que la Warner utilise les clichés les plus éculés pour produire les westerns les plus conventionnels et les moins enthousiasmants de l’époque, la MGM, contrairement à son image de studio aseptisé et familial, nous offre en ce début des années 50 les westerns les plus intéressants, les plus adultes et les plus courageux qui soient. Voici que John Huston nous emmène pour la première fois sur les champs de bataille de la guerre de Sécession, nous plongeant au cœur de l’action (ou de l’inaction) en compagnie de simples soldats qu’il suit de très près, fouillant leur intimité jusqu’à aller sonder leurs rêves, tout en restant - second paradoxe - à la limite du documentaire. La guerre de Sécession a bien évidemment été abordée à maintes reprises au sein du western, quelques batailles nous ont été montrées mais rapidement et superficiellement dans le but d’assurer le spectacle, jamais de cette manière rugueuse et réaliste. A travers cette évocation d’une page peu glorieuse de l’histoire américaine, John Huston parle d’ailleurs de toutes les guerres et notamment de celle de Corée qui avait lieu à ce moment-là, de leur bêtise, de leurs violences et de leurs inutilités.
Charcuté comme presque jamais film hollywoodien parlant ne le fut encore (à l’exception peut-être de La Splendeur des Amberson - The Magnificent Amberson d’Orson Welles), La Charge victorieuse n’en demeure pas moins en l’état une très belle œuvre, d’une formidable puissance et d’une étonnante modernité ; preuve du talent de son metteur en scène dont le film reste d'une force peu commune, même après être passé entre les mains de producteurs peu scrupuleux de l’intégrité d’une œuvre liée aux idées de son metteur en scène (mais nous sommes encore à l’époque des majors, au sein desquelles le réalisateur n’était pas forcément plus important que le scénariste ou le producteur). 


 
           

Malheureusement, comme Louis B. Mayer l’avait pressenti, ce fut non seulement un échec critique mais un four commercial que John Huston tenta d’expliquer ainsi à Jacques Doniol-Valcroze pour Positif en juillet 1952 : « Les gens ne veulent pas admettre que la guerre c'est comme ça ; de la monotonie, du danger, des rescapés et des morts. » Parmi les films de guerre récents, il y en avait déjà eu quelques-uns visant cette optique réaliste (le fabuleux Bastogne - Battleground de William Wellman par exemple) mais jamais encore qui avaient abordé la guerre de Sécession. C’est la raison pour laquelle La Charge victorieuse peut se voir classer indifféremment dans l’un et l’autre genre, le film de guerre et le western. Le scénario du film est l’adaptation assez fidèle d’un classique controversé de la littérature américaine écrit à 24 ans par l’auteur Stephen Crane, l'un des livres favoris de Hemingway et l'un des grands best-sellers américains du XIXème siècle qui évoque dans son titre une blessure (" La Marque rouge du courage") qui signifie par extension l'épreuve du feu. 


                             

Seulement dix ans après sa venue dans le monde du cinéma en tant que metteur en scène, John Huston s’y illustre une nouvelle fois en tant que champion des transpositions cinématographiques de romans jugés inadaptables. Du Faucon maltais (The Maltese Falcon) aux Gens de Dublin (The Dead), il s’en fera une spécialité tout au long d'une carrière qui comptera un nombre incalculable de réussites dans cet exercice très difficile. La gestation et surtout la post-production de son huitième long métrage furent sacrément chaotiques et a posteriori captivantes. Lillian Ross, qui a suivi à la trace l’histoire rocambolesque du film du printemps 1950 à mai 1952, en a tiré une série d’articles publiés dans le New Yorker qu’elle a ensuite rassemblés dans un livre intitulé Picture - traduit en France par un spécialiste du western, Jean-Louis Rieupeyrout - et qu’elle avait sous-titrée "Le massacre de la production 1512", ce dernier chiffre devant sûrement correspondre au 1512ème film produit par la compagnie. ( http://www.dvdclassik.com/critique/la-charge-victorieuse-huston)



                              

William Wellman réalisa trois films avec John Wayne qu'il produisirent en commun. Pour « Aventures dans le Grand Nord », les deux hommes s'entendirent immédiatement sur l'adaptation du roman d'Ernest K Gann, aviateur et héros de la deuxième Guerre Mondiale. Le sauvetage de cette expédition perdue dans le grand nord canadien fut l'occasion pour Wellman comme il a toujours aimé le faire dans ses films de guerre de mettre en avant la solidarité indéfectible qui unit les hommes face au danger. Voir quelques uns de nos semblables exaltés à l'idée de sauver leurs collègues réchauffe un peu le cœur de nos jours où sous couvert de réalisme, les pires côtés de l'humain sont régulièrement exposés. Il est vrai qu'avoir des méchants dans un film sert souvent mieux le suspense, mais Wellman en prônant les valeurs de solidarité parvient grâce à son talent à rendre captivant le sauvetage des compagnons de Dooley (John Wayne). Point de traitrise ou d'individualisme dans cette aventure qui connut un réel succès d'estime à sa sortie mais qui disparut rapidement de la carrière de Wayne et Wellman au profit de l'emblématique "Entre le ciel et l'enfer" tourné un an plus tard. Pour le casting les deux hommes firent appel aux acteurs qu'ils avaient l'habitude de côtoyer au cours de leur longue carrière. C'est ainsi que l'on retrouve les visages connus de Lloyd Nolan, Walter Abel, James Arness ou Amy Devine. Le tournage sur place eut lieu dans des conditions épouvantables sur une période courte de deux semaines. On mesure ici la grande technicité de Wellman qui n'occupe pas dans le panthéon hollywoodien la place qu'il mériterait. 
Film d'aventure de William A. Wellman qui préfigure un peu les "films de sauvetage" qui viendront plus tard comme son oeuvre suivante "Ecrit dans le ciel" préfigurera les films catastrophes des années 70. 



           


Des longueurs et des scènes inutiles, en particulier celles qui se déroulent dans un contexte familial, sont hélàs présentes mais le film sait se faire efficace en particulier grâce à une solidité dans la mise en scène et à un très bon jeu d'acteurs. John Wayne, sous des dehors de meneur d'hommes, n'hésite pas à montrer la fragilité cachée de son personnage et donnent une de ses meilleures interprétations. Un bon film. 
La mise en scène est chouette : une belle photographie, un découpage dynamique, des plans spectaculaire, de beaux décors, de vrais avions qui volent. Tout pour que le spectateur puisse s'immerger dans cette aventure. Dommage qu'il n'y ait pas de loups comme dans "The Grey", mais le simple fait de devoir survivre est déjà très intéressant. Côté acteurs, j'avais peur que John Wayne soit un peu de trop. 



                               


Finalement il est assez modéré, peut-être par le réal, et il a même réussi à me toucher lorsqu'il promet à ses collègues qu'ils vont s'en sortir, le tout en ayant une larme à l'oeil. Il y a tout de même le début qui fait peur, avec cette voix off. la voix off est sympa (en tous cas dans la VF) mais le texte est tellement long qu'on ne peut s'empêcher de sourire un peu en voyant les acteurs qui doivent s'imaginer qu'une voix off couvre leurs actions. Et comme c'est un moment où ils doivent avoir l'air nerveux, ça fait juste exagéré par moment.
Bref, "Aventure dans le grand nord" est un bon divertissement ; j'ai été séduit par le concept (coincé dans le grand nord), les décors, les personnages. Seul bémol, l'impression que ça aurait pu être mieux encore.
http://www.senscritique.com/film/Aventure_dans_le_grand_nord/critique/24536992)

dimanche 28 mai 2017

Pete Rugolo

Pete Rugolo, né le 25 décembre 1915 à San Piero Patti en Italie et mort le 16 octobre 2011 à Los Angeles en Californie est un arrangeur et chef d'orchestre de jazz, de pop et de musique de film et de télévision américain.Pete Rugolo, qui est né en Italie, grandit, à partir de l'âge de cinq ans, à Santa Rosa en Californie, où sa famille a émigré. Il étudie la musique auprès de Darius Milhaud au Mills College d'Oakland. À la fin des années 1940, Rugolo devient arrangeur pour Stan Kenton et contribue grandement à forger le son de l'orchestre. Dans les années 1950, il dirige son propre orchestre, constitué des principaux musiciens West Coast et publie plusieurs albums. Au début des années 1960, il enregistre pour Mercury Records une série de disques aux noms intrigants, Ten Trombones Like Two Pianos, Ten Trumpets and Two Guitars, Ten Saxophones and Two Basses.Rugolo, qui a déjà écrit des arrangements pour des enregistrements de chanteurs, Harry Belafonte ou Nat King Cole, se détourne de plus en plus du jazz pour se consacrer à l'écriture de partitions pour des séries télévisées, notamment en 1963, le fugitif, en 1966, Brigade criminelle.


               


Au moment où les guerres virtuelles se livraient à la direction du jazz, le compositeur et arrangeur Pete Rugolo était stationné juste derrière la ligne de front. Rugolo, âgé de 95 ans, a collaboré étroitement avec le chef de bande Stan Kenton à l'époque de l'après-guerre immédiate, époque où les influences classiques commencent à s'infiltrer dans certains éléments de la musique, en divisant les joueurs et les auditeurs en camps opposés. Le «jazz progressif» de Kenton, avec ses dissonances audacieuses et brasses et son air de pomposité, est devenu le point focal d'un conflit de longue durée, et certains des résultats de Rugolo ont été parmi les plus controversés. Une compétence avec le bronze et la percussion affiné pendant ses années avec Kenton lui a permis de forger une carrière réussie dans la télévision pendant les années 1950, et son cadeau pour compresser le drame dans un laps de temps très limité pourrait être entendu dans les thèmes et la musique accessoire pour un tel populaire Série de crimes comme The Thin Man (1957-59), Richard Diamond: détective privé (1957-1960), The Fugitive (1963-67) et Felony Squad (1966-1969). Peut-être son acte de plus en plus influent, cependant, n'a pas impliqué sa propre musique du tout. En 1948, en tant que représentant de New York du label Capitol Records basé à Hollywood, il a entendu le groupe expérimental de Miles Davis dans le Royal Roost, un club de la 52e rue, et a offert de les enregistrer l'année suivante.


                


Les disques de 78 rpm qui ont abouti, comme Godchild, Boplicity, Israël et Moon Dreams, avec leurs arrangements aériens par Gil Evans, John Lewis et Gerry Mulligan, ont vendu quelques exemplaires, mais ont touché l'oreille de jeunes musiciens et ont été largement responsables de la première vague de " Cool "jazz. Près d'une décennie plus tard, Rugolo a persuadé Capitol de réémettre les 10 titres sur un LP, sous le titre approprié Birth of the Cool, une collection qui est depuis reconnue comme une pierre angulaire du jazz moderne. Rugolo est né à San Piero Patti, en Sicile, et a déménagé aux États-Unis avec sa famille à l'âge de cinq ans. Ils se sont installés à Santa Rosa, en Californie, où il a d'abord appris à jouer de la corne à baryton, l'instrument de son père et a obtenu un diplôme en musique au San Francisco State College ( maintenant Université ). Des études complémentaires au Mills College à Oakland l' ont mis en contact avec le compositeur français Darius Milhaud. Membre du groupe de jeunes compositeurs basés à Paris connus sous le nom de Les Six dans les années 1920, Milhaud a entendu du jazz à Harlem, New York, après la première guerre mondiale et l'a incorporé dans son ballet La Création du Monde, réalisé pour la première fois en 1923. Parmi les élèves suivants de Milhaud à Mills se trouvaient Dave Brubeck, Burt Bacharach, Philip Glass et Steve Reich. Chacun, comme Rugolo, a absorbé l'approche large de son enseignant. Rugolo a été intrigué par la musique de Schoenberg, Bartók, Stravinsky, Samuel Barber et Edgard Varèse, et pendant une saison estivale à Mills, il a reçu des frais de scolarité de Bartók lui-même.


                


Les traces de ces influences donneraient plus tard une saveur distincte même à son travail commercial. Mais il écoutait aussi les grands groupes de Duke Ellington et Jimmie Lunceford, et finalement à celui de Kenton, qui est devenu populaire au début des années 1940, au moment où Rugolo avait été recruté dans les services et menait un groupe de l'armée stationné À Fort Scott, près de San Francisco. Parmi ses compagnons de groupe, il y avait Paul Desmond, devenu plus tard le saxophoniste de Brubeck et le compositeur de Take Five. Après un concert au Théâtre Golden Gate en 1943, Rugolo s'approcha de Kenton et lui demanda de regarder certains de ses arrangements. On dit que le chef de groupe a essayé un avec ses musiciens et lui a dit: "Dès que vous êtes hors de l'armée, vous avez un emploi. Vous écrivez comme moi, mais beaucoup plus moderne". Pour Kenton, «moderne» a été le plus haut éloge. Deux ans plus tard, lorsqu'il a embauché Rugolo comme arrangeur du personnel pour un salaire hebdomadaire de 150 $, il a encouragé le jeune homme à trouver sa propre voix et n'a rien fait pour l'empêcher d'employer des structures asymétriques, des voix voleurs dissonantes et des groupes instrumentaux inhabituels au sein de la bande conventionnelle Format de laiton, roseaux et rythme. La première contribution de Rugolo était une pièce appelée Opus a Dollar Three-Eighty. Parmi les plus célèbres des nombreuses contributions de Rugolo au groupe se trouvait un poème toniforme de trois minutes intitulé Impressionnisme, avec des arômes wagnériens, enregistré en 1947.


                  


D'autres comprenaient le carnaval cubain plus animé, Unison Riff, l' Artistry Stravinsky en percussion , Elegy for Alto Et une pièce intitulée Machito , en hommage au chef de bande cubain. Il a également créé des arrangements de normes, tels que Willow Weep for Me and Over the Rainbow, pour le chanteur du groupe, June Christy. Lorsque certains des musiciens plus jeunes du groupe se sont plaints que ses pièces n'étaient pas assez difficiles, il a écrit Rhythm Incorporated, plus tard connu sous le nom de Capitol Punishment. Son exposition avec Kenton l'a amené à être élu meilleur arrangeur dans le sondage des lecteurs Down Beat de 1947, un honneur qu'il recevrait cinq fois en sept ans. Rugolo a quitté le groupe en 1949 - bien qu'il continuât de contribuer à des arrangements indépendants - et a rejoint Capitol Records, où il a produit des albums avec un certain nombre d'artistes importants, y compris Christy, The Four Freshmen et Nat King Cole. C'est en enregistrant avec Cole à Los Angeles qu'il a décidé de se déplacer en permanence sur la côte ouest, où il a trouvé un emploi prêt et un groupe d'excellents musiciens de jazz travaillant dans les studios hollywoodiens. Pendant un certain temps à la fin des années 1950, il était également employé d'artistes et d'artistes de répertoire pour Mercury Records, travaillant avec Dinah Washington, Billy Eckstine et Patti Page.


               


En 1953, il a commencé à enregistrer sous son propre nom. Au cours de la prochaine décennie, ses LPs pour les labels Capitol, Columbia et Mercury incluent l'introduction de Pete Rugolo, Adventures in Rhythm, Rugolomania, The New Sounds of Pete Rugolo, Reeds in Hi Fi, Brass in Hi Fi, Music for Hi Fi Bugs, Rugolo Plays Kenton, une trilogie intitulée Ten Trombones Like Two Pianos, Dix trompettes et deux guitares, dix saxophones et deux basses, et Derrière Brigitte Bardot, contenant des versions de jazz de thèmes des films d'acteurs français, avec les sous-titres Cool Sounds from Her Hot Scenes: Unretrained et Unexpurgated. Bien que les arrangements aient souvent éloigné du jazz vers la musique légère, tous ont présenté les meilleurs joueurs de la session de Hollywood et les improvisateurs doués comme les trompettistes Shorty Rogers et Conte Candoli , les saxophonistes Bud Shank , Plas Johnson et Buddy Collette , le tromboniste Milt Bernhart , les pianistes Jimmy Rowles et Russ Freeman et le batteur Shelly Manne. Le travail ultérieur de Rugolo dans la télévision comprenait de la musique pour la série Leave It to Beaver, M * A * S * H, Alias ​​Smith et Jones, Fantasy Island et Run for Your Life. En 1960, il dirige un petit groupe de jazz dans la comédie de film Where the Boys Are, avec Connie Francis, Paula Prentiss, Yvette Mimieux et Dolores Hart, dans laquelle Frank Gorshin, qui joue le chef de bande, décrit la musique fournie par Rugolo, dans une parodie de Beatnik cool, comme "jazz dialectique". Il y avait beaucoup d'autres pistes sonores pour les films télévisés. Son dernier long métrage, en 1997, était pour This World, Then the Fireworks, un thriller réalisé par Michael Oblowitz.(Wiki)(Google traduction ...)

vendredi 26 mai 2017

Marlene au banc

Une jeune élève-actrice tente de prouver l’innocence de son ami qui est accusé d’avoir assassiné le mari d’une chanteuse de music hall… Même s’il a été beaucoup critiqué et s’il n’est pas à classer parmi les meilleurs films d’Hitchcock, Le grand alibi n’est pas sans attrait. Il y a cette atmosphère délicieusement anglaise apportée par les seconds rôles, le jeu constant avec le mensonge et une belle interprétation de Jane Wyman, empreinte de candeur et de délicatesse. Après un projet ambitieux mais de tournage difficile, Les amants du Capricorne, Le grand alibi Hitchcock a décidé de mettre en scène cette histoire qui manque un peu d’ampleur et dont l’une des erreurs est, selon sa propre analyse a posteriori, qu’à aucun moment les personnages ne sont en danger. Le grand alibi se regarde toutefois sans déplaisir et comporte de belles scènes comme celle du taxi, la fête de patronage ou encore toute la scène finale dans le théâtre.On remarquera la présence de Patricia Hitchcock, la fille du réalisateur, qui interprète l’une des élèves comédiennes amies de Jane Wyman. C’est sa première apparition à l’écran, avant donc son rôle bien plus connu (la binoclarde Barbara) dans L’inconnu du Nord Express. Elle a également tourné dans Psychose.(http://films.blog.lemonde.fr/2012/07/30/grand-alibi-hitchcock/)
Ce film marque les retrouvailles de sir Alfred Hitchcock avec son pays d'origine, l'Angleterre. Un retour aux sources apaisant et savoureux où suspense rime surtout avec jeu, celui du théâtre. Apprentie comédien­ne, Eve joue ici le rôle de sa vie, se déguise, ment, découvre l'amour. A travers son face-à-face avec Charlotte se dessine la confrontation d'une jeune actrice avec une légende : Jane Wyman et l'imposante Marlene Dietrich. La première trime, pendant que l'autre, inaltérable, paresse sur scène en taquinant son propre mythe. Jeu de miroirs, cache-cache extravagant entre vérité et mensonge, cette enquête policière au féminin suit son petit bonhomme de chemin, avec quelques grandes scènes...


            

Loué ou discuté pour son fameux flash-back, Le Grand Alibi est sans doute un film mineur au regard des autres oeuvres du maître. L'intelligence allègre de sa manipulation procure néanmoins beaucoup de plaisir. — Jacques Morice.
Réalisé entre deux chefs-d’oeuvre absolus, Les Amants du Capricorne et L’Inconnu du Nord-Express, Le Grand alibi ne bénéficie pas d’une réputation exceptionnelle. Hitchcock, qui analyse à l’occasion du fameux entretien avec Truffaut ce qui n’allait pas dans ses films, remarque que le récit plaçait les méchants en situation de danger, tandis que les gentils ne risquaient pas grand-chose. On a beaucoup commenté le flash-back qui ouvre le film et se révèle in fine doublement mensonger (puisqu’il contient un segment de discours rapporté). Un homme en fuite cherche refuge auprès de sa meilleure amie, secrètement amoureuse de lui, et lui raconte l’origine de ses tourments : sa maîtresse, une célèbre actrice de music-hall, a tué son mari. Le voilà soupçonné par la police parce qu’il a voulu lui venir en aide. Avec la complicité de son père, la jeune femme invente alors un audacieux stratagème. Elève d’une école de théâtre à la recherche du grand rôle, elle joue la comédie et se fait embaucher comme habilleuse de l’actrice afin de pouvoir mener sa propre enquête.




Le Grand alibi débute sur un lever de rideau, qui ne découvre pas la scène mais la cité londonienne. Dès le générique, nous savons donc que l’art théâtral va s’exercer loin des planches, dans l’univers du roman policier, donc dans celui du cinéma d’Hitchcock. Le monde et la scène échangent leurs rôles, les masques se déplacent de la scène à la ville. La jeune héroïne traverse une brume de mensonges et d’illusions qui ne se dissipera que dans le lieu originel de toute intrigue, le théâtre. C’est en effet en coulisses (grâce à un micro dissimulé), puis sur scène, que va se dénouer de façon violemment cathartique l’énigme. Simple whodunit ? Peut-être. Mais aussi une mise en équation ludique des principaux motifs hitchcockiens. La vérité, c’est le théâtre. Le monde (ou le cinéma), c’est le mensonge. Le flash-back abusif du début en devient alors excusable, sinon logique. Une robe souillée de sang qui passe de main en main, l’usage pervers d’une poupée apportent la touche indispensable de fétichisme. Quant à la mutine Jane Wyman qui, en cours de film, telle une écervelée rohmérienne, change d’amoureux (d’abord le faux coupable puis le fringant inspecteur), elle est la surprise supplémentaire de ce brillant divertissement où Hitchcock, tout en s’amusant, réfléchit sur son art. C’est plus fort que lui. Olivier Père.






A l’origine, The Witness for the Prosecution est une nouvelle assez brève qu’Agatha Christie écrivit en 1924 et qu’elle adapta plusieurs décennies plus tard pour la scène : la première de la pièce eut en effet lieu en octobre 1953 à Londres, avant d’être montée à Broadway dès l’année suivante. Devant le succès public, les producteurs de Hollywood ne tardèrent pas à s’y intéresser, d’abord L. B. Mayer puis Gilbert Miller, et enfin Edward Small, lequel remporta finalement le morceau avec l’aide d’Arthur Hornblow Jr, devenu producteur indépendant après avoir travaillé à la MGM ou à la Paramount (il y avait d’ailleurs produit Wilder sur The Major and the Minor). Les deux hommes confièrent tout d’abord la réalisation du projet à Sheldon Reynolds, réalisateur de télévision, mais face à l’ampleur de l’adaptation, se retournèrent très vite vers Billy Wilder, qui signa en avril 1956 un contrat à hauteur de 100.000 dollars et 5% des recettes. Le tournage ne commença dans les studios Goldwyn qu’en Juin 1957, Wilder ayant été entre-temps très occupé par le montage de Love in the Afternoon et par l’élaboration de multiples projets dont la plupart ne virent jamais le jour (en janvier 1957, il essayait d’acheter les droits de Kennwort Opernball 13, de Carl Haensel ; en mars, il commençait à travailler sur une adaptation d’Amok, de Stephen Zweig ; en mai, on lui confiait My Sister and I, romance réunissant William Holden et Audrey Hepburn, qu’il devait tourner tout de suite après un projet intitulé The Catbird Seat, d’après Ben Hecht ; tout ceci en gardant dans un coin de la tête son adaptation des aventures de Sherlock Holmes…). Cependant, tout en filmant Love in the Afternoon à Paris, Wilder avait en août 1956 commencé à tourner quelques plans extérieurs de Witness for the Prosecution avant même que le casting ne soit établi, lors d’une escapade londonienne avec son épouse Audrey. Concernant le casting justement, et alors que Wilder préférait Kirk Douglas, Small et Hornblow avaient dès le départ songé à confier le rôle principal du film à Tyrone Power. Souffrant de dépression, tant pour sa carrière déclinante que pour sa vie personnelle mouvementée, celui-ci refusa dans un premier temps.


               

On envisagea alors pour incarner le couple Vole une association Ava Gardner - Jack Lemmon, mais Wilder, qui avait dès le départ (dans la nouvelle, le personnage est viennois) songé à son amie Marlene Dietrich, réussit à convaincre celle-ci fin 1956, alors que le rôle de son époux semblait sur le point d’échoir à Gene Kelly. Pour des raisons financières, Small et Hornblow se mirent alors à chercher des noms moins prestigieux, et on évoqua un jeune acteur britannique du nom de Roger Moore… Finalement, celui qui avait été leur premier choix, Tyrone Power donc, désormais emballé à l’idée de travailler avec Wilder et Dietrich, revint sur sa décision et accepta - contre un salaire faramineux de 300.000 dollars et un pourcentage sur recettes - un rôle qui s’avéra finalement être son dernier, puisqu’il mourut d’une crise cardiaque quelques mois après la fin du tournage. Enfin, pour une somme beaucoup plus modeste de 75.000 dollars, le troisième rôle central fut confié à Charles Laughton, dont Billy Wilder était le grand ami. Ce troisième choix aura probablement orienté le travail de réécriture de Wilder et de Harry Kurnitz, qui trouvaient la trame de la pièce intéressante mais ses personnages squelettiques ; indéniablement, Laughton donne du corps au personnage de Sir Wilfrid, sensiblement différent de celui qui apparaissait dans la pièce.




En effet, l’avocat pensé par Agatha Christie est solide, autoritaire et dynamique ; tandis que le Sir Wilfrid écrit par Wilder et composé par Charles Laughton nous apparaît dès la première scène comme un homme âgé, d’un grand esprit mais à la santé fragile, qui revient de l’hôpital suite à une attaque et doit impérativement éviter toute suractivité professionnelle. A l’épure de l’intrigue originale qui se consacre essentiellement sur Leonard Vole et son jugement, Wilder ajoute ainsi une dramatisation propre à ce personnage de Sir Wilfrid qui met donc sa propre santé en jeu dans ce procès.De plus, le film a l’excellente idée, pour renforcer cet aspect, de créer un personnage absent de la pièce, Miss Plimsoll, l’infirmière personnelle de Sir Wilfrid, qui vient souligner à la fois la fragilité physique et la vivacité de l’esprit de celui-ci, puisque leurs chamailleries continuelles offrent au film certaines de ses meilleures répliques. Le rôle est d’ailleurs de manière assez amusante confié à Elsa Lanchester, madame Laughton à la ville - pour une fois plutôt sobre - et la complicité manifeste des deux époux transparaît avec truculence à l’écran (entre autres amabilités, Sir Wilfrid glisse à son infirmière un hilarant « si vous étiez une femme, je vous battrais »).(http://www.dvdclassik.com/critique/temoin-a-charge-wilder)

mercredi 24 mai 2017

Le Sommet des Dieux

En 1924, le Britannique Mallory, premier homme à avoir atteint 8000m d'altitude sans oxygène, a disparu avec son compagnon de cordée Irvine en essayant de gravir pour la première fois l'Everest, qui culmine à 8850m. La grande question est de savoir si les deux alpinistes ont atteint le plus haut sommet du monde avant de mourir. Cette question pourrait trouver une réponse si leur appareil photo était retrouvé et que l'on puisse en exploiter les épreuves. Ce serait une petite révolution chez les spécialistes puisque officiellement, c'est en 1953 que le Néo-Zélandais Hillary réussi le premier cet exploit. Le roman de Yumemakura Baku qu'adapte en bandes dessinées Jirô Taniguchi se passe de nos jours. Fukamashi, un photographe spécialisé en alpinisme, pense avoir mis la main sur l'appareil photo de Mallory mais se le fait voler. Bien décidé à retrouver son trésor, ses recherches le mènent sur les traces de deux autres alpinistes japonais de renom : Habu Jôji et son rival Hase Tsuneo. Le sommet des dieux est une immersion totale dans le monde de l'alpinisme. Mais n'allez surtout pas croire que ça s'adresse aux initiés : on y plonge avec une facilité déconcertante et l'enquête policière qui nous est proposée est tout simplement passionnante. L'intrigue progresse doucement mais ne piétine jamais. Entre deux avancées, une nouvelle plongée dans ce milieu où seul les surhommes ont une place. La concurrence y est rude et chacun cherche à faire son propre exploit, sa propre "première": "quelqu'un a déjà gravi ce sommet par la face Nord ? Peu importe, je serai le premier à le faire par la face Ouest !" "Toutes les faces ont déjà été empruntées ? Et bien je serai le premier à le faire en solitaire, sans oxygène"...


                

C'est fascinant comme l'ambiance est tendue et Tanigushi nous régale avec ses paysages vertigineux. On s'y croirait ! Tanigushi, justement, est particulièrement présent dans les librairies depuis sa consécration avec Quartier Lointain. Mais quand commencera-t-il à nous lasser ? Sûrement pas avec Le sommet des dieux dans lequel il ne fait que confirmer son immense talent, que ce soit en tant que conteur ou qu'illustrateur: son trait est fin et précis, sa narration posée parfaitement menée. Pour finir, un petit mot d'actualité: le corps de Mallory a été retrouvé en 1999. Des rumeurs ont circulé récemment sur la réapparition de son appareil photo et au printemps 2004, une équipe est allée sur place à sa recherche... A noter que la série, terminée au Japon, compte 5 volumes.(http://www.bdgest.com/chronique-321-BD-Sommet-des-dieux-Volume-1.html?_ga=2.170534563.2001380530.1495688100-1892203348.1495687721)


                 

A l’assaut de l’Everest ! Taniguchi, merveilleux Taniguchi ! Je ne sais pas comment j’ai fait pour bouffer du manga pendant une bonne partie de mon adolescence, et passer pendant tant d’années à côté de ce dieu du manga ! Heureusement, un ami m’a fait réintégrer le droit chemin en m’offrant les deux premiers tomes du Sommet des dieux.Des dessins à couper le souffle ! (Bon, je n’arrive pas à prendre des photos du manga avec mon appareil et les planches chopées sur le net ne rendent pas hommage au magnifique travail de détail effectué sur les paysages de montagnes). Que vous soyez passionnés d’alpinisme ou non, ce manga vous transporte sur le toit du monde, en Asie centrale. Observez les héros s’équiper pour d’impressionnantes aventures, et pénétrez au Népal. Deux histoires sont imbriquées dans le Sommet des Dieux. La première est la recherche de l’appareil photo d’un certain George Mallory par Fukamachi, un jeune journaliste. Mallory est un jeune britannique parti en 1924 à l’assaut de l’Everest avec son compagnon Andrew Irvine. J’avoue que je n’avais entendu parler de lui avant de lire ce manga mais il aurait atteint le sommet avant ceux qui ont réalisé officiellement cet exploit et dont les noms sont entrés dans l’histoire: Edmund Hillary et Tensing Norgay, en 1953.


                 

Mais Mallory et Irvine n’auraient-ils pas été les premiers à accomplir cette prouesse ? Difficile à dire, car ils n’en sont jamais revenus. Seul l’appareil photo de Mallory pourrait résoudre ce mystère. Pour Fukamachi, la piste du Kodak est donc d’une importance capitale. Dans sa quête, il rencontre Habu (deuxième histoire imbriquée) un alpiniste taciturne mais passionné, qui n’a qu’une seule idée : atteindre le sommet de l’Everest par un chemin qui n’a jamais été réussi. Vous comprendrez sans peine que si cette voie n’a pas été plus explorée, c’est qu’elle est dangereuse. Qu’à cela ne tienne. Habu aime le danger. Il ira, par la face Nord, sans oxygène, et en hiver en plus, histoire de corser un peu le défi (sinon c’est pas drôle). Vous l’aurez compris, le héros est un taré. Et bougon avec ça ! Mais malgré son côté antipathique, il est très attachant et on le suit avec joie dans son entreprise. Bref, le sommet des Dieux est un petit bijou. Les dessins de Taniguchi sont à mourir tant ils sont beaux. Amis de la montagne, ce manga est pour vous ! (https://sansfarine.wordpress.com/2014/01/05/le-sommet-des-dieux-de-jiro-taniguchi/)

Roger

Roger Moore joue le rôle d'Ivanhoé dans Ivanhoé (Ivanhoe) qui est une série télévisée britannique en noir et blanc de 39 épisodes de 25 minutes, créée par Peter Rogers d'après le roman éponyme de Walter Scott et diffusée entre le 5 janvier 1958 et le 4 janvier 1959 sur le réseau ITV. En France, la série a été diffusée à partir du 11 avril 1959 sur l'unique chaîne, à l'époque, la RTF.De 1962 à 1969, Roger Moore joue dans Le Saint, ce qui a assuré sa célébrité internationale. De 1971 à 1972, il joue le rôle de Brett Sinclair, un lord dandy et milliardaire dans la série télévisée Amicalement vôtre avec comme co-vedette Tony Curtis, dont la carrière connaît un nouveau souffle. Moore perçoit un cachet d'un million de dollars pour l'ensemble du tournage de la série, ce qui en fait, à cette époque, l'acteur de télévision le mieux payé au monde. Les premiers épisodes de la série sortiront même au cinéma dans plusieurs pays d'Europe, remontés sous la forme d'un film de 90 minutes intitulé Mission: Monte Carlo. Cette série de succès lui permet d'asseoir sa crédibilité auprès des producteurs qui décident de le choisir pour reprendre le rôle de James Bond au cinéma, à sept reprises, remplaçant ainsi Sean Connery. En 1973, il joue dans Vivre et laisser mourir, en 1974, dans L'Homme au pistolet d'or où il est opposé à Scaramanga, joué par Christopher Lee. En 1977, il joue dans L'Espion qui m'aimait, en 1979, dans Moonraker, en 1981, dans Rien que pour vos yeux, en 1983, Octopussy et en 1985 dans Dangereusement vôtre où il est opposé à Zorin, un psychopathe joué par Christopher Walken.(Wiki)
     

                     
    
Le film de commando est un genre qui a connu ses heures de gloire dans les années 60-70. Les Canons de Navarone en 1961 ou Les Douze salopards en 1967, certainement les deux fleurons les plus connus du genre, ont donné lieu à toute une série de films dans la même veine, rarement des chefs-d’œuvre, mais souvent de solides divertissements. Et s'il existe un genre codifié, c’est bien celui-là, car à quelques exceptions près, on pourrait résumer tous les films du genre par ces quelques qualificatifs : un groupe d’hommes avec un grand H plein de testostérone part à l’assaut d’une forteresse imprenable tenue par des ennemis sans foi ni loi, non sans avoir préalablement suivi un entraînement de choc et une préparation minutieuse de l’opération… la femme ayant bien peu sa place dans ces films. Bref, parmi les artisans du genre citons Brian G. Hutton et son magnifique Quand les aigles attaquent, Henry Hathaway et son sympathique Le Cinquième commando, Jack Lee-Thompson et son brillant Les Canons de Navarone, Robert Aldrich et son mythique Les Douze salopards… sans oublier Andrew V. McLaglen. Ce réalisateur, brillant par son incapacité à fournir de bons films pour les uns, et bon faiseur de divertissements sans prétention pour les autres, a beaucoup œuvré pour le western (mais ceci est une autre histoire) et pour le film dit de "commando". Il y eut de jolies réussites avec La Brigade du diable et Les Oies sauvages, et un film totalement anodin avec Le Commando de sa Majesté. Où classer Les Loups de haute mer dans tout cela ? En premier lieu, il est bon de préciser que ce film, contrairement aux autres, ne se déroule absolument pas sur fond de guerre territoriale ou mondiale. En fait, le récit, comme explicité en haut de cette page, est celui d’un simple détournement terroriste de stations pétrolière maritimes, et bien évidemment seul Roger Moore et son super commando d’élite peuvent faire quelque chose !


                              

Sur le papier, bien que très peu original, le scénario fait penser à une sorte de Die Hard sans Bruce Willis, mais où tout flamberait et exploserait dans un déluge d’action. Et bien pas du tout... D’autant que beaucoup d’éléments patinent dans cette histoire de "mecs".Tout d'abord, une chose frappe dès les premières minutes du film : la mise en scène. On sent Andrew V. McLaglen complètement avachi derrière sa caméra, préparant un énième ersatz de thriller en haute mer comme s’il s’en fichait éperdument. Visiblement, ce film, ce n’est pas son problème. En ce sens, il faut également passer en revue la musique trop vaguement inspirée de lointaines compositions guerrières, la superbe photographie qui a finalement dû décider de ne pas figurer dans le film, et un montage bien trop mou.


                

C’est là, notamment, que le bât blesse, car McLaglen se retrouve incapable de fournir du rythme à l’entreprise, où plutôt si, mais très maladroitement, tant les scènes d’action et de suspense se trouvent alourdies par une réalisation des plus inefficace, tandis que les scènes qui mériteraient notre attention sont tronquées : en effet, les séquences d’entraînement (pas très convaincantes au demeurant) sont passées à la trappe, les préparations de l’opération sont ignorées, et le final voyant apparaître les hommes de Ffolkes manque de sérieux, voire même semble mal agrégé à l’ensemble. Un peu comme si McLaglen s’était rendu compte qu’il avait oublié tout le reste du commando en se concentrant uniquement sur Roger Moore. Le suspense final, bien qu’assez présent et fonctionnant plutôt bien, est plombé une fois de plus par cette "non-mise en scène". Dommage, car à défaut de fournir quelque chose de nouveau, le final aurait pu (dû) se contenter d’être tout simplement efficace. En bref, rien ne fonctionne de manière attendue et tout concourt à donner l’impression de regarder un téléfilm du dimanche après-midi comme l’on peut en voir de manière pléthorique sur M6. Les effets spéciaux, eux, ne donnent même pas l’impression d’être ratés, car ils sont pour ainsi dire absents eux aussi, tout comme le budget d’ailleurs, et inutile de préciser que cela apparaît furieusement à l’écran : trop peu de plans larges sur les décors en haute mer, toujours les même plans quand on aperçoit les stations pétrolières, trop peu de scènes de plongée sous-marines (un comble pour un film présentant un commando aquatique)...(Dvdclassik)



                   

                         
Le Commando de Sa Majesté (The Sea Wolves) est un bon film d'aventure américano-britannique réalisé par Andrew V. McLaglen, écrit par Reginald Rose (l'auteur des scénarios de L'Homme de l'Ouest (Man of the West), film américain d'Anthony Mann et des Oies sauvages (The Wild Geese), film américain d'Andrew V. McLaglen), d'après le roman Boarding Party de James Leasor sur un générique signé Maurice Binder et une musique composée par Roy Budd... Un très bon divertissement (a l'ancienne) qui met en scéne la Mission Suicide du commando Britannique (des membres de la Calcutta Light Horse) composés d'ancien soldats de sa Majesté parmi lesquels le Colonel H. W. « Bill » Grice (joué par lez toujours élégant David Niven), Jack Cartwright (joué par le toujours excellent Trevor Howard) et Major « Yogi » Crossley (joué par le toujours très cool Patrick Macnee)... Lesquels doivent, sous les ordres du Colonel Lewis Pugh (joué par un Gregory Peck... en roue libre) et du beau Capitaine Gavin Stewart (joué par un Roger Moore toujours égal a lui même) lequel va être séduit par une belle espionne Allemande (jouée par la très belle Barbara Kellerman)... Leur Mission : détruire un navire allemand de transmissions dans le port de Goa qui est en territoire neutre portugais... L'histoire est tirée de faits réels, l'opération Boarding Party réalisée par le SOE. (Special Operations Executive « Direction des opérations spéciales ») créé le 19-22 juillet 1940 par Winston Churchill et dissous le 30 juin 1946... Servi par un très bon casting (en roue libre et ou je rajoute les acteurs Kenneth Griffith, Patrick Allen, Jack Watson et Percy Herbert) et une mise en scéne assez honnête, Andrew McLaglen, fils de l'acteur Irlandais Victor McLaglen, a grandi sur les plateaux de cinéma où très jeune il fut amené à fréquenter John Wayne et John Ford (il a été assistant sur L'Homme tranquille (1952)... Signe un très bon divertissement tout a fait honorable et sans prétention... sans être pour autant un chef d'oeuvre du genre.... ce long métrage est le dernier bon film du réalisateur artisan.(Eric31)  


           

Belle distribution pour ce bon petit film de guerre, contemporain du plus spectaculaire "Un pont trop loin", mais au scénario plus simple, moins grandiose. Mais, l'histoire tirée d'un fait réel peu connu, est adaptée de façon convaincante.N'ayant pas vu beaucoup de films de guerre, c'est difficile de faire une comparaison. Ce que je peux dire en tout cas, c'est qu'il est plutôt bien fait, réaliste car tiré d'une histoire vraie, avec un casting magnifique et beaucoup d'humour british (un détail original et intéressant pour ce type de films). On passe vraiment un bon moment et il mérite ses 3 étoiles!!Incontestablement l'un des meilleurs films d'action et d'espionnage se déroulant au cours de la seconde guerre mondiale. Dans la lignée des "Canons de Navarone" et des "Douze Salopards". Un casting impressionnant avec cette pléiade d'acteurs géniaux pour une interprétation magistrale. Roger Moore, 52 ans à l'époque du tournage, est au sommet de sa forme et de sa gloire internationale. Gregory Peck, 63 ans, est dur, obscur, et toujours aussi talentueux. A 69 ans, David Niven est toujours aussi convaincant et nous offre probablement son dernier grand film. Patrick Macnee, (l'inoubliable John Steed de la série "Chapeau melon et bottes de cuir")trop rare sur le grand écran, est parfait du haut de ses 58 ans, dans un rôle d'excentrique poseur d'explosifs.


                 

Epaulés par le vieillissant Trevor Howard (66 ans), ces héros improbables, vétérans grisonnants composent à merveille "Le Commando de Sa Majesté" Tourné en extérieur ainsi que dans les célèbres studios des James Bond, avec la même équipe, dont le génial Maurice Binder pour le générique. (Celui à qui l'on doit la séquence du gunbarrel sur les Bond). Et cette bande son mémorable de Matt Monro, "The Precious Moments", un Frank Sinatra so British ! Un film culte à voir ou à revoir.Ce film doit détenir le record d'acteurs du 3ème âge... Voulu, certainement pour le sujet du film qui est une histoire vraie révèlée seulement en 1978... C'est un film plein d'humour malgré la guerre... "Ne dit-on pas que l'on retombe en enfance lorsque l'on prend de l'âge." Quelques Grands acteurs un peu vieillissants... Grégory Peck en tête... David Niven qui se tient très bien pour ses 69 printemps... Roger Moore toujours avec son humour enlevé. Pour moi, c'est un film moyen mais qui se laisse voir. Comme quoi les histoires vraies ne font pas obligatoirement de très bons films. À voir, sans plus, du moins pour les acteurs sur leur sûrement presque dernier film, qui n'est certainement pas le meilleur.

mardi 23 mai 2017

Résistances

Le Vieux Fusil est un film franco-allemand réalisé par Robert Enrico, sorti en salles en 1975.
Inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane en 1944, il triomphe lors de la toute première cérémonie des César du cinéma français en 1976 (meilleur film, meilleur acteur pour Philippe Noiret, meilleure musique pour François de Roubaix). Il est également César des Césars en 1985.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, à Montauban, en 1944, le docteur Julien Dandieu, chirurgien pacifiste et humaniste convaincu, mène une vie bourgeoise avec son épouse Clara et sa fille Florence, née d'une précédente union. Participant à la Résistance française en soignant de façon risquée des maquisards dans son hôpital, il est régulièrement menacé par la Milice. Afin de les mettre à l'abri jusqu'à la fin de la guerre, il envoie Clara et Florence au hameau de la Barberie, château familial situé à proximité d'un petit village de campagne de la région.
Ne pouvant supporter leur absence, Julien décide de les retrouver, les croyant en sécurité. Mais à son arrivée, il découvre que le village est vide. Tous les villageois ont été regroupés dans l'église et assassinés par balle. Son inquiétude envers ses proches va s'accentuer jusqu’à ce qu'il découvre les cadavres de sa fille, tuée par balle, et de Clara, violée - c'est du moins ce qu'il imagine - et brûlée vive au lance-flammes, par une des sections de la SS Panzer Division Das Reich. Celle-ci stationne dans la région avant de se rendre en Normandie en renfort à la suite du Débarquement, traversant le village sur sa route et occupant le château, après avoir massacré de façon sauvage tous les villageois.


           
   
          
Détruit, ivre de douleur et de haine, Julien se reprend peu à peu pour ensuite se venger froidement et méthodiquement en devenant une redoutable et impitoyable « machine à tuer ». Connaissant bien les passages secrets du château, il s'arme du vieux fusil que son père utilisait jadis pour chasser le sanglier. Ainsi, il va exterminer, un par un, tous les membres de la section SS responsables du massacre. Sa chasse à l'homme est ponctuée de retours en arrière retraçant les moments de bonheur vécus avec Clara et sa fille.
Après avoir éliminé la majorité des bourreaux nazis, et ce malgré une blessure au bras, Julien parvient à accomplir seul - il n'hésite pas pour cela à mentir à un groupe de résistants pour retarder leur intervention - sa vengeance jusqu'à son terme, en tuant le chef du groupe au lance-flammes.


                 


Au même moment, les membres de la Résistance débarquent dans le petit village. François, collègue et meilleur ami de Dandieu, qui se trouve également sur les lieux, le retrouve et le ramène en ville en voiture. Sur le chemin du retour, Julien semble nier la tragédie qui vient de se passer.
Le film tire toute son originalité de sa manière de traiter un thème classique de la littérature et du cinéma : la vengeance. C'est l'un des rares films de justice expéditive (Rape and revenge) français, sorti peu de temps après la référence américaine du genre, Un justicier dans la ville. Par le massacre de la division Das Reich, Julien Dandieu ne fait pas que répondre à un instinct animal, mais à un besoin de compréhension et de guérison de sa propre douleur (il est d'ailleurs chirurgien). Il tuera un à un les SS comme il laissera échapper de sa mémoire les instants heureux de sa vie de famille, en remontant à l'origine de cette vie ; ainsi, sa dernière vision est celle de sa rencontre avec Clara : pourquoi a-t-elle voulu de lui ? Parce que la guerre était imminente… Manière de relativiser l'horreur absolue en se prouvant à soi-même l'inanité des rencontres, l'inanité de la guerre, l'inanité de la vie. En ce sens, la musique de François de Roubaix accompagnant la famille faisant une promenade à vélo renforce ce lien étrange entre cet absurde existentiel et ce bonheur humain qui demeure éternellement dans la mémoire.


                                                       


À l'origine, le rôle principal devait être interprété par Lino Ventura, qui avait déjà tourné sous la direction de Robert Enrico à trois reprises (Les Grandes Gueules, Les Aventuriers et Boulevard du rhum), mais ce dernier refusa en raison de la violence du scénario. Le rôle fut finalement confié à Philippe Noiret, qui avait également tourné sous la direction d'Enrico dans Le Secret. Robert Enrico confia également à Stefan Moriamez dans son interview en 2002 qu'il avait pensé à Catherine Deneuve pour le rôle de Clara.(Wiki)



                  


L'armée des ombres

Octobre 1942. " Ingénieur distingué des Ponts et Chaussées, soupçonné de pensée gaulliste, semblant jouir d'une certaine influence", Philippe Gerbier est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l'hôtel Majestic à Paris. Il s'en évade en tuant une sentinelle. A Marseille, il est chargé avec Félix et Le Bison d'exécuter Doinot, qui les a trahis.
Jean-François, un ancien copain de régiment de Félix, entre dans le réseau et réussit sa première mission : livrer un poste émetteur à Mathilde, membre du réseau de Paris. Il en profite pour rendre visite à son frère, Luc Jardie, grand bourgeois rêveur qui en réalité dirige tout le réseau. Gerbier, qui se cache à Lyon sous le nom de Roussel, organise l'embarquement de huit personnes à bord d'un sous-marin pour l'Angleterre ; parmi eux, Luc Jardie. Pendant ce temps, Félix, arrêté par la Gestapo lyonnaise, est torturé. Mathilde, grâce à un astucieux stratagème, réussit à s'introduire, avec Le Bison et Le Masque, dans le Q.G. de la Gestapo. Hélas, il est trop tard : Félix est mourant. Jean-François, qui s'était fait arrêter volontairement pour prévenir Félix, est lui aussi torturé.


         
   
 Gerbier, arrêté au cours d'une rafle, est condamné à mort. Mathilde réussira à le sauver in extremis. Alors qu'il se fait oublier dans une planque, Jardie lui annonce l'arrestation de Mathilde ; elle avait commis la faute de garder sur elle la photo de sa fille, qu'elle adore ; aussi les Allemands en font-ils un moyen de pression. Prétendant reprendre des contacts, Mathilde est relâchée. Jardie démontre qu'il n'y a qu'une seule solution - la tuer - et va même jusqu'à prouver que c'est elle-même qui le demande. Dans une rue proche de l'Étoile, elle s'effondrera sous les balles du Bison. Ni Jardie, ni Gerbier, ni Le Bison, ni Le Masque ne verront la fin de la guerre...

Ancien résistant gaulliste, Melville a porté ce film en lui vingt-cinq ans durant et n'a pu le réaliser qu'à la fin de sa carrière. C'est un regard démythifiant et grave à la fois qu'il porte sur la Résistance et ses hommes de l'ombre. Il montre un quotidien soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher attendre, guetter, fuir, et cela sans mot dire ou presque. Cette forme extrême d'engagement tend au cauchemar. Elle exige de se salir les mains (l'exécution des traîtres) et surtout de se battre constamment avec soi-même, avec ses doutes, sa lâcheté, sa peur.

                  

Filmant ces combattants clandestins comme des fantômes, des morts en sursis, Melville loue leur courage et leur abnégation sans céder au spectaculaire, à l'imagerie héroïque. Si héroïsme il y a, il avance masqué, hanté par la mort. L'Armée des ombres est une épure funèbre et hypnotique dans laquelle les hommes et les femmes, bien qu'unis par des convictions très fortes, sont immanquablement seuls. Au bout du compte, c'est par le bais de cette solitude mélancolique que ces silhouettes souveraines rejoignent le mythe.(http://www.cineclubdecaen.com/realisat/melville/armeedesombres.htm)