.

.

jeudi 13 avril 2017

Sa Majesté des mouches

Prolifique metteur en scène de théâtre, Peter Brook réalise ici son troisième long métrage pour le cinéma après L’Opéra des gueux en 1953 (adaptation d’un opéra de John Gay) et Moderato Cantabile (d’après Marguerite Duras) en 1960. Si son immense carrière théâtrale fait souvent oublier qu’il est aussi réalisateur, il convient de rappeler que Peter Brook a d’abord rêvé de cinéma avant d'arpenter les planches, passion de jeunesse qui l'amène à quitter le domicile parentale à l'âge de seize ans pour travailler dans un studio anglais produisant des films documentaires.Sa Majesté des mouches est au départ produit par Sam Spiegel, figure de proue de la Columbia, encore auréolé du succès de Lawrence d'Arabie et du Pont de la rivière Kwai. Peter Brook lui propose de réaliser l'adaptation du roman de William Golding pour un budget infime au regard de ses prestigieuses productions, n’ayant besoin que d’une plage, d’un petit groupe d’enfants et d'une liberté créatrice totale. Spiegel accepte avec enthousiasme, mais au bout d’une année de palabres, de réunions, de repérages Peter Brook se rend compte que le célèbre producteur essaye de gonfler artificiellement le budget initialement prévu (qui en vient à monter à un million de dollars), incapable qu'il est d'accepter l'idée d’être à l’origine d’un « petit » film. Peter Brook décide de mettre un terme à cette entreprise qui lui échappe complètement et dans laquelle il ne reconnaît plus son projet d'origine, paye une fortune son droit à la liberté (environ 150000 dollars) et recommence le projet avec l'aide d'un jeune producteur indépendant. Il met deux ans à trouver de nouveaux financements (un total de 300000 dollars, la moitié partant donc pour Sam Spiegel), auditionne près de trois mille enfants et se rend à Porto Rico pour tourner le film avec un chef opérateur novice, Tom Hollyman, venu de la photographie, et une équipe technique composée essentiellement d’amateurs.

   

Le temps de tournage très réduit (les vacances d’été des enfants acteurs) pousse Brook à faire appel à un deuxième caméraman (son ami Gerry Feil qui suit le projet depuis l’origine) afin de couvrir chaque séquence. Tandis que Brook travaille précisément chaque cadre avec Tom Hollyman, Feil a juste pour instruction de filmer comme il le peut ce qui se passe sous sa caméra. Au montage, qui se déroule à Paris en compagnie du fidèle Gerry Feil, Brook se rend compte qu’il choisit en grande majorité les prises de ce dernier. A la minutieuse préparation des cadres et du mouvement des acteurs, il préfère la liberté de regard de Feil. Cependant, Brook a préparé le terrain à cette découverte tardive : pendant le tournage, il demande à ses jeunes acteurs d’improviser et tourne ainsi près de soixante heures de film. La présence d'une seconde caméra ne trouve pas sa seule justification dans les raisons pratiques invoquées mais bien dans le projet artistique du cinéaste. Cette méthode de travail montre la façon dont Brook souhaite (et ce, dès le début de sa carrière) s’éloigner du cinéma de studio traditionnel et trouve son inspiration dans le cinéma direct qui prend son essor dans les années 60. Sa Majesté des mouches possède ainsi la force d’un document brut pris sur le vif.Pourtant, le film ne joue pas sur une rythmique éprouvante. Au contraire, Brook prend le temps d’installer ses personnages, crée par petites touches un climat malsain qui ne cesse de croître et finit par submerger le film.





Son ambition n'est pas de réaliser un film d'aventure, malgré un sujet qui aurait pu être l'occasion de multiplier les difficultés rencontrées par les rescapés pour survivre. Son sujet, ce sont les rapports de force qui s'instaurent entre les enfants, le basculement de la civilisation à la sauvagerie. Pour nous faire ressentir en profondeur le chemin parcouru par ses personnages, il détaille dans un premier temps de façon très réaliste, sans affect, le quotidien de ses personnages, la façon dont ils essayent de mettre en place une organisation sociale imitant celle qu'ils ont connu, la manière dont ils trouvent leurs marques et tentent de dominer ce monde qui leur est inconnu. Puis Brook glisse des grains de sables dans les rouages, montre comment l'illusion de société se désagrège face aux pulsions qui peuvent enfin s'exprimer, libérées des contraintes sociales et morales.Deux séquences centrales, à la lisière du fantastique et de l’horreur, viennent contredire l’aspect réaliste jusqu'ici instauré. Deux scènes qui donnent à cette histoire d’enfants livrés à eux même sur une île déserte la dimension parabolique et universelle qui est celle du roman de William Golding. La première de ces séquences est la mise à mort d’un cochon. Si la chasse est expliquée par le simple fait que les enfants doivent se nourrir, la fureur qu’ils déchaînent alors contre l’animal annonce la violence que bientôt ils déverseront sur certains d’entre eux. Après la mise à mort et le partage du repas, ils plantent la tête du cochon sauvage sur un pieu, offrande faite à un dieu qu’ils ont cru voir sur le sommet de la montagne.( http://www.dvdclassik.com/critique/sa-majeste-des-mouches-brook)






Tout d'abord, il faut rappeler que W. Golding n'a pas volé son prix Nobel et que Lord of the flies restera comme une des œuvres maitresses de la littérature du siècle dernier. Ne nous y trompons pas, on est à mi-chemin entre Jelinek et Kipling (tous deux Prix Nobel). Jelinek pour sa sombre vision de la race humaine, Kipling pour l'exotisme. Bon le film. Il est de bon ton de dire que la version de Peter Brook 1963) est la seule admissible. C'est faux. Celle-ci a évidemment le grand défaut d'avoir été réalisé par un Américain mais il n'y a aucun compromis hollywoodien. Pas de rédemption à la fin. Bon il y a de la couleur et les images sont meilleures, est-ce une raison pour dénigrer? Beau sans être esthétisant. Quelques rares libertés avec le livre qui ne nuisent pas, bien au contraire. Les acteurs sont exceptionnels mais c'est souvent le cas des enfants. On est loin de l'habituelle histoire à l'américaine qui montre comment des enfants, derrière un aspect angélique, peuvent êtres des êtres pervers et méchants pour des raisons magiques ou de désordre mental. Ici, on est dans le sociologique et non dans la psycho pathologie.


   

C'est un film coup de poing. A voir. De même que la version de Peter Brook.Je ne connais pas la 1ère version de ce film, je ne pourrai donc pas comparer. Simplement, pour avoir lu ce chef d'oeuvre de la littérature contemporaine, je peux simplement dire que je suis très déçu par cette adaptation. On sent d'entrée de jeu, le manque de moyens financiers alloué pour ce long métrage. L'interprètation des jeunes acteurs est somme toute d'assez bonne facture, mais le reste, TOUT le reste, est diablement pauvre. Avec un tel roman pour trame, je trouve que le réalisateur ne s'attarde pas assez sur le panel de sentiments qu'éprouve le groupe tout au long du film. On passe d'un état dit civilisé à l'état sauvage en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Avec une demi heure de plus, on aurait pu explorer plus longuement l'évolution psychologique des différents protagonistes et retrouver un peu de l'essence même du roman. De plus, les décors, bien qu'il ne s'agisse que d'une île, ne sont pas vraiment mis en valeur à mon sens. Une réelle déception alors que ce livre, avec une adaptation digne de ce nom, pourrait accoucher d'un film monumental.Si tout n'est pas à jeter dans cette adaptation de l'œuvre de William Golding, elle est tout de même moins forte que la version de Peter Brook, faute à un casting peu pertinent et à un personnage principal lissé à l'extrême.(Allociné)

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?lnh0dsasl1
    http://uptobox.com/bcnwam0anyix

    RépondreSupprimer