.

.

mercredi 12 avril 2017

Maurice dénonce ...

Après L’eau à la bouche et Le cœur battant, deux charmantes comédies libertines, Jacques Doniol-Valcroze réalise un film noir beaucoup plus ambitieux : La dénonciation. Auparavant Doniol-Valcroze était connu comme cofondateur des Cahiers du cinéma. La dénonciation est un très grand film, le meilleur de Jacques Doniol-Valcroze – et l’un des plus marquants de la Nouvelle Vague. La dénonciation se révèle aussi d’un remarquable mélange des genres : polar noir, drame psychologique, voire film politique. Avec Le petit soldat de Godard, ce film est le seul, par exemple, à évoquer l’OAS. Parfaitement construit, il assure une saisissante montée dramatique. Le ton est grave : pourquoi un homme torturé pendant l’Occupation ne peut se résoudre à dénoncer les auteurs d’un crime dont il est le témoin ? Y aurait-il des innocences troublantes pouvant conduire à attitudes suicidaires ? Telles sont les questions posées par ce film passionnant autour de l’enquête sur un crime mystérieux. Le montage enchaîne subtilement les scènes où passé et présent, nuit et jour se confondent. Ainsi les scènes d’autrefois, quand Michel Jussieu était confronté à la Gestapo et à la Milice, font écho aux situations où il se retrouve face à ses persécuteurs d’aujourd’hui, mais aussi au commissaire qui sait – sans savoir que Jussieu sait tout… La photographie, tout en nuances de noir et de blanc, et le soin apporté au cadrage participent étroitement à la qualité et à l’intensité psychologique de ce film. De même que la musique de Georges Delerue, tantôt légère tantôt grave, tantôt classique tantôt jazz. Certes Maurice Ronet (Michel Jussieu) porte le film sur ses épaules, mais il est en très bonne compagnie.


                 

Ce comédien chaleureux et sincère était déjà au sommet de sa gloire en 1962. En quelques années, il avait enchaîné les succès, avec notamment Celui qui doit mourir de Jules Dassin, Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle et Plein soleil de René Clément. Les scènes les plus saisissantes sont ici celles où Maurice Ronet se retrouve confronté à lui-même dans le tréfonds de ses tourments intérieurs. Il est entouré (dans le rôle de son épouse Elsa) de Françoise Brion, à l’époque mariée à Doniol-Valcroze. La caméra du réalisateur se fait d’ailleurs un peu complaisante, à grand renfort de « beaux plans », envers la comédienne, comme si on voulait nous convaincre que Françoise Brion était belle et talentueuse. Nous le savions. Mais la comédienne est très convaincante dans les scènes les plus dramatiques de la fin du film. Maurice Ronet retrouve aussi une belle complicité avec l’excellente et émouvante Nicole Berger (Eléonore, la présentatrice du cabaret), qui comme lui est dépassée par ce qui lui arrive. 


                

Maurice Ronet et Nicole Berger ont une sensibilité proche qu’ils avaient déjà exprimée ensemble quelques années auparavant dans Celui qui doit mourir et au théâtre dans Roméo et Juliette. Tous les seconds rôles sont parfaitement tenus. On retrouve ainsi dans des personnages inquiétants et cyniques : Sacha Pitoëff, le commissaire chargé de l’enquête, et son adjoint, Michael Lonsdale. Troublantes aussi sont les scènes de confrontations entre Jean-Claude Darnal, dans le rôle du milicien, et Maurice Ronet. Jean-Claude Darnal, chanteur-auteur-compositeur connu dans les années 1960, est absolument parfait dans la peau d’un « pauvre salaud ». Pourquoi n’a-t-il joué que dans ce film ? Quant à Laurent Terzieff, il apporte une présence légère et sensible à la voix off. Il n’est que temps de réhabiliter La dénonciation – film sacrifié en d’autres temps, notamment lors de sa sortie à la sauvette en plein été 1962.(http://www.avoir-alire.com/la-denonciation-la-critique-d-un-film-meconnu-de-la-nouvelle-vague)


               

Le film est sorti en salle le 21 avril 1982 à Saint Léonard de Noblat (87) et Limoges (87) puis dans les autres salles mais n'a pas connu un vif succès.Voilà un film qui aurait mérité un plus gros travail sur le scénario car l' idée de base était bonne. En plus le casting réuni mérite le détour. On retrouve une ambiance des films des années 70 ce qui n'était pas forcément en sa faveur à sa sortie mais qui aujourd'hui n'est pas plus mal. Enfin il faut noter la bande son très originale. Un film qui laisse un gros goût d'inachevé dommage.Un matin rouge : En 1943, monsieur Fresse, l'instituteur d'un village, et sa fille Annette est abattus par les nazis en pleine cour de récréation. Ils ont forcément été dénoncés par un habitant de la commune. Léonard et cinq de ses amis font le serment de les venger. Trente-huit ans ont passé. Seul Léonard habite encore au village, dont il est devenu le maire. Il invite ses copains d'enfance pour un week-end. Une fois réunis, dans la bourgade où la fête bat son plein, Léonard leur révèle qu'il sait maintenant, grâce à sa fonction de notaire, qui a dénoncé l'instituteur. Il s'agit de Vincent, âgé à l'époque de 17 ans. Tiendront-ils la promesse qu'ils s'étaient faits alors ?...(http://www.allocine.fr/film/fichefilm-58433/critiques/spectateurs/)

1 commentaire:

  1. https://1fichier.com/?ih4l6qmrw3
    http://www.multiup.eu/e425bb21d3ed75ae354b22e247e785d9

    RépondreSupprimer