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mercredi 5 avril 2017

Massacre sur la colline

On le sait depuis Délivrance et Massacre à la Tronçonneuse, les virées à la campagne, ce n’est pas forcément une bonne idée ! Et La Colline a des Yeux s’inscrit naturellement dans ce genre typiquement américain, le survival, dont le principe est on ne peut plus simple : lâcher quelques beaux représentants de civilisation WASP en pleine nature, les confronter aux oubliés du système et les regarder se débrouiller. Après une exploitation en salles chaotique, La Colline a des Yeux est devenu un classique de vidéo-club à l’aube des années 80. Sa réédition dans une collection de prestige est une bonne occasion de se pencher à nouveau sur une oeuvre on ne peut plus culte, à la lumière de la carrière d’un cinéaste qui semble actuellement coincé dans l’impasse du post-modernisme. La majeure partie de l’œuvre de Wes Craven est en effet tournée vers une réflexion sur la violence au sein de la société dite civilisée, et tout particulièrement sur la façon dont celle-ci prétend combattre le crime : souvent avec les mêmes armes. Les points communs sont nombreux entre les parents vengeurs de La Dernière Maison sur la Gauche, l’assemblée de familles juges et bourreaux donnant naissance à Freddy Krueger dans Les Griffes de la Nuit et les vacanciers de La Colline a des Yeux. Craven nous présente donc deux unités familiales, moins dissemblables que l’on pourrait croire. D’une part, la famille de dégénérés vivant dans les collines : la façon dont le grand-père décrit la naissance de Jupiter laisse entendre qu’il a été frappé d’une malédiction, ce qui semble être le seul élément fantastique du film. Alors que par exemple, la dégénérescence de la famille de bouchers de Massacre à la Tronçonneuse est le résultat d’une mise à l’écart économique de toute une classe sociale, la naissance de cette tribu cannibale a des résonances mythiques - la référence aux Titans est claire, et ce n’est pas par hasard que les hommes portent des noms de planètes.


   

En même temps, la description de la famille renvoie aux origines profondes de l’Amérique : les parures qu’ils arborent évoquent les décorations indiennes, tandis que le cannibalisme comme mode de vie fait irrésistiblement songer aux récits des survivants des montagnes enneigées du Colorado. D’autre part, les voyageurs : famille américaine typique, visiblement assez conservatrice - importance de la prière, père retraité des forces de police -, le tout respirant la normalité apparente. Revoir La Colline a des Yeux aujourd’hui, c’est aussi revenir sur le parcours artistique d’un homme venu au cinéma fantastique par hasard : comment, avant de réfléchir avec plus ou moins de bonheur sur les mécanismes du genre, il se contentait de contribuer à en écrire l’histoire.


  

Il est en effet difficile d’oublier le ‘Baby's fat. You fat... fat and juicy’ de Mars, et surtout l’agression à l’intérieur de la caravane : la caméra mobile permet de faire ressentir au spectateur toute l’étroitesse du lieu, communiquant un sentiment de claustrophobie conduisant à l’hystérie. La Colline a des Yeux n’a néanmoins pas la force et la puissance suggestive de Massacre à la Tronçonneuse, son aîné et modèle implicite, et la séquence du festin cannibale autour du feu reste moins évocatrice que le regard de Marilyn Burns à l’intérieur du garde-manger. Le film de Wes Craven a sans doute moins bien supporté la passage du temps, il n’en reste pas moins un précieux témoignage de ce que le cinéma d’horreur américain pouvait nous offrir dans les années 70. (http://www.dvdclassik.com/critique/la-colline-a-des-yeux-craven)




Voici venue la publication sur Cinéma Choc de la chronique du meilleur film de Wes Craven : La Colline a des Yeux. Ce film a vraiment une longue histoire ! Il a fait l'objet d'une suite en 1985 par Craven himself, puis a fait l'objet d'un remake par Alexandre Aja en 2006. L'année suivante, c'est un remake de la suite ! On espère qu'un jour, sortira la suite du remake de la suite, ainsi que le préquel du remake de la suite du spin-off de la suite de l'original ! Enfin bon, ce n'est pas encore d'actualité. Quant au remake, il réussit à sauver les meubles (étonnant de la part du réalisateur de Piranhas 3D)... Trêve de bavardages cinéphilo-historique, rentrons dans les tripes du sujet ! Pour commencer, LA COLLINE A DES YEUX EST UN PUTAIN DE FILM !!! Impossible de dire le contraire, c'est le film que Massacre à la Tronçonneuse (version 1974) aurait dû être ! Ce n'est pas ce choc, cette sensation physique qui transforme le gore en oeuvre d'art, qui fusionne le western et le film d'horreur crasseux (ce que fera Tobe Hooper, rassurez-vous, mais dix ans après dans l'excellent Massacre à la Tronçonneuse 2), pour obtenir un résultat qui déchire, vous étripe les neurones, vous arrache les yeux et vous piétine le bide ! C'est un film qui marque, qui laisse avec un goût de cendre (ou de sable) dans la bouche. C'est aussi un film dont on se souvient pour son "grand méchant" : Jupiter, patriarche monstrueux qui donne autant à gueuler qu'à réflechir ! La force du film de Craven, heureusement, ne tient pas uniquement dans son extrême violence. La grande qualité de l'opus de Craven est en effet de manier, grâce au film d'horreur, une réflexion sur la société. Ancien professeur de philosophie, Craven ne nous transporte pas dans la "Caverne" de Platon, mais devant un portrait au vitriol (un peu exagéré quand même) des américains des seventies ! La photo ci-dessus représente un de ces largués de la société.


   

Et tous les cannibales ressemblent à des gens complètement fous, certes tout à fait dangereux, mais aussi rejetés par la société américaine. Ce sont des types pas intégrés, "out". Est-ce que Craven veut nous dire qu'en n'intégrant pas certaines personnes, on en fait des gens dangereux ? Chacun a son interprétation... A mes yeux, c'est d'ailleurs aussi une façon de voir de quelle façon les hommes traitent la violence. A travers La Colline A Des Yeux, Wes Craven nous montre des gens touchés par une violence extrême qui renvoient la balle à l'envoyeur. Glorification de l'auto-défense ? La dernière image est un des plans final qui m'a le plus marqué en 16 ans de cinéphilie : un Carter qui brandit une pierre au-dessus d'un des cannibales, pour lui fracasser la tronche, alors qu'il est déjà mort. Image d'une société qui s'acharne sur les plus démunis (les cannibales vivent dans le désert) ? Ha ha...(http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/11/28/32974473.html)



« Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux sont tous deux des films qui pourraient être rangés dans le sous genre « coins reculés » de l’horreur, où des citadins se retrouvent face à une violence primitive qu’ils doivent combattre. Que ce soit la famille cinglée de Massacre à la tronçonneuse ou les mutants vivants dans la colline. J’adore ces deux films, c’est vraiment une forme de récit traditionnelle dans l’horreur qui revient souvent et je voulais cette structure comme la base de mon histoire. J’ai inclus dans mon scénario un vieil homme inquiétant qui indique la direction aux personnages, comme dans La Colline a des yeux, et toutes sortes de clichés connus mais suffisamment familiers et efficaces pour figurer dans une sorte de Massacre à la tronçonneuse sauce british » (Charlie Steeds)

1 commentaire:

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