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mercredi 12 avril 2017

Le secret du dossier Odessa

Dans les années 1960, le film d’espionnage mêlé d’aventures connaît un certain regain d’intérêt. La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock, une œuvre séminale à bien des égards, et bien entendu les premiers films de James Bond remportent un succès foudroyant dans les salles de cinéma. Les Britanniques étant pour beaucoup dans le renouveau du genre (aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni), c’est donc d’abord vers l’Angleterre que vont converger les regards des cinéphiles amateurs d’espionnage et de politique-fiction. De Ipcress - Danger immédiat (Sidney J. Furie, 1965) ou Un cerveau d’un million de dollars (Ken Russell, 1967) jusqu’aux productions américaines telles que Les Trois jours du Condor (Sydney Pollack, 1975), ces films d’espionnage se basent sur des schémas narratifs et visuels qui leur sont propres : les héros envoyés en mission, rapidement dépassés par les événements, finissent le plus souvent par se perdre plutôt que trouver ce qu’ils étaient venus chercher. Le Secret du rapport Quiller répond plutôt habilement aux caractéristiques d’un genre qui voit fréquemment le protagoniste de l’histoire être le jouet de forces qui se déchaînent autour de sa personne, et repartir avec plus de questions qu’au début de son enquête. D’autant que nous avons à faire ici à un scénario écrit par Harold Pinter, célèbre pour son goût du mystère et de l’absurde, ainsi que pour les rapports de domination. Le dramaturge anglais, auteur du fameux The Servant réalisé par Joseph Losey, adapte le premier livre de l’écrivain Adam Hall, auteur d’une vingtaine de romans d’espionnage dont une majorité met en scène l’agent britannique Quiller. L’histoire et les thèmes développés dans The Quiller Memorandum forment un matériau idéal pour Pinter. Celui-ci, en effet, aime à développer des intrigues basiques, dans lesquelles le mystère et le danger s’installent progressivement aux dépens de toute explication psychologique appuyée ou justification rationnelle des événements.



   


L’agent Quiller déambule à Berlin et se perd dans les arcanes d’une ville dissimulant bien des secrets inavoués et détenus par des personnages tous plus énigmatiques les uns que les autres. Bien qu’étant un professionnel expérimenté, notre héros devient la victime de réseaux d’influence antagonistes, et c’est avec une certaine ironie qu’on l’observe se démener tant bien que mal pour reprendre en main sa destinée. Le ton de la satire est donné par les supérieurs hiérarchiques de Quiller : à Londres, un George Sanders toujours savoureux conjugue flegme et machiavélisme ; à Berlin, Alec Guiness campe, lui, un chef des opérations fielleux et caustique. Plutôt figures symboliques que véritables personnages (la distribution internationale du film y est aussi pour beaucoup), la faune bigarrée qui peuple le film compose un théâtre de marionnettes dont Quiller devra démêler les fils sinueux pour mener à bien sa mission. Mais le résultat de son enquête importe moins que la compréhension lucide de ce jeu pervers des apparences.



   


La désillusion progressive qui s’empare progressivement du héros est magnifiquement illustrée par le séduisant thème musical de John Barry, véritable ponctuation sonore entre romantisme et mélancolie, qui accompagne Quiller dans son parcours introspectif.Cependant, on pourrait dire que Le Secret du rapport Quiller a le défaut de ses qualités. En effet, le film se traîne quelque peu en longueur et son motif répétitif peut décontenancer plus d’un spectateur. Le mystère fait autour de l’histoire et des personnages, comme la récurrence volontaire des lieux et des situations, donnent l’impression que la narration tourne en rond. A l’instar du protagoniste principal, interprété par un George Segal que l’on pourra juger un peu fade mais conforme à l’idée qu’on peut se faire d’un bureaucrate ordinaire, le récit a souvent tendance à faire du surplace. On atteint peut-être ainsi la limite de cet exercice.C’est un reproche que l’on ne fera pas à la réalisation de l’anglais Michael Anderson, cette dernière étant plus qu’honorable. Malgré quelques facilités (comme ces gros plans de la superbe Senta Berger éclairés subitement en lumière diffuse en dehors de tout continuité photographique), la réalisation utilise habilement le format cinémascope et les décors urbains propices au sentiment diffus de danger, et sait ménager quelques beaux moments de suspense (même si l’on reste très loin de la maîtrise d’un Alfred Hitchcock). Le technicien émérite qu’est Michael Anderson, réalisateur de divertissements forts sympathiques comme Cargaison dangereuse, Le Tour du monde en 80 jours, Opération Crossbow ou L’Âge de cristal, met son talent d’artisan au service d’un film plutôt malin qui, sans être inoubliable, apporte son lot de plaisir cinématographique.(http://www.dvdclassik.com/critique/le-secret-du-rapport-quiller-anderson)


                             
 

Pour qu'un film soit un grand film il faut qu'il comporte des parties ''documentaires'', celui ci répond à ce principe car si les faits sont à la fois réels et fictifs ils montrent parfaitement le mécanisme des groupes qui dirigent certains pays par les contraintes, les menaces et les exécutions et ceci sur une longue durée. Apporter des connaissances et des expériences ne suffit cependant pas pour parler de chef d'oeuvre cinématographique fut il seulement de genre. Or, le dossier odessa est un film magnifique, du grand cinéma qui, s'il sortait aujourd'hui, aurait publicité aidant, un succès considérable car il est dans l'air du temps avec la montée des nationalismes européens. Il n'a pris aucune ride du coté de la mise en scène qui peut même par moments servir d'exemple. Il est accompagné en plus d'une bande son sachant se faire discrète. Jon Voight est épatant, ne se mettant jamais en valeur pour mieux s'identifier au personnage principal. Le récit est mené de main de maitre et sa clarté est exemplaire, tous les participants sont impeccablement identifiés dont le Mossad. Il est rare qu'une tension physique gagne les spectateurs au bout de 20 minutes pour ne plus jamais les quitter, l'explication finale qui mériterait de longues discussions sur ses motivations psychologiques est presque impossible à découvrir malgré la mise en scène qui ne triche jamais. Le dossier odessa est un film à voir et à montrer, ceux ou celles qui ne l'apprécieraient pas n'aimeraient ni l'histoire ni l'art cinématographique.Un constat terrifiant sur la trop bonne intégration cachée du parasite nazi dans la Société après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, "Le Dossier Odessa", très librement inspiré d'une histoire vraie, a une intrigue intéressante qui fait fortement regretter une mise en scène un peu terne, qui n'arrive pas totalement à exploiter le potentiel tension du scénario.


          

Mais on a un sujet qui se suffit à lui-même, Jon Voight est lui aussi suffisamment talentueux pour porter sur ses épaules tout le film, on s'identifie facilement à son personnage malgré quelques réactions complètement connes (le coup de téléphone à la gare par exemple !!!), et on a même le droit à un rebondissement de dernière minute ; donc l'intérêt que procure l'ensemble ne s’estompe jamais vraiment du début jusqu'à la fin. Réalisé en 1974, ce solide film de Ronald Neame nécessita des enquêtes et d'une documentation minutieuse, reposant uniquement sur des données historiques! O.D.E.S.S.A, six initiales qui, en allemand signifient: "Organisation des anciens membres des formations S.S". Cette milice hitlérienne à laquelle appartenait un certain Roschmann (incarné ici par Maximilian Schell), le "boucher" du camp de concentration de Riga! En journaliste intrépide qui traque d'anciens nazis, Jon Voight se montre excellent! Une action rondement menée, soutenue par une mise en scène efficace et jamais ennuyeuse, permet de passer un bon moment!




Et ce malgré une histoire qui ravive toujours de douloureux souvenirs où pour des raisons évidentes, il a fallu changer le nom de certains personnages, et celui de certains lieux! A noter la présence de Maria Schell (soeur de Maximilian) dont le rôle importe peu ici...J'ai vu un film... qui m'a intrigué juste sur un titre, et une époque... Et j'ai été embarqué dans une aventure vraiment incroyable, où l'on ne distingue pas la fiction de la réalité... On y apprend beaucoup de cette période de pleine croissance et de grand doute sur la société allemande, bouleversée par son Histoire... On suit les péripéties de ce jeune journaliste avec une grande curiosité. Les moments qu'il traverse, les événements auxquels il est confronté sont incroyables. Je recommande ce film... même si parfois, il y a qq flottements dans la réalisation.Enquête haletante autour du mythique réseau Odessa, réseau qui permettait à d’anciens SS de se créer une nouvelle identité et d’infiltré des postes dans l’administration et l’industrie Allemande d’après guerre. La mise en scène et nerveuse et réserve son lot de surprise, John Voigt trouve là un de ses meilleurs rôles.(Allociné)

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